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Croissance : quel scénario pour 2017 ?

économie

Brève publiée le 3 janvier 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.latribune.fr/economie/france/croissance-quel-scenario-pour-2017-628026.html

Pour l'instant, le gouvernement table toujours sur une progression de 1,5% du PIB l'année prochaine. Les économistes sont un peu moins optimistes, même si quelques éléments positifs doivent être retenus.

En 2016, le PIB tricolore devrait augmenter de 1,2% selon l'Insee. Comme en 2015. Évoquer une reprise est donc osé. Si cette prévision devait se réaliser, elle serait inférieure de 0,2 point à celle du ministère des Finances. Pourtant, l'économie française profite d'un environnement plutôt porteur, stimulé par des conditions d'emprunts très attractives qu'offre la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne (BCE), le niveau relativement faible des cours de la majeure partie des matières premières, et du bas niveau de l'euro face au dollar. Proche de la parité, le cours actuel renchérit certes le coût de la facture énergétique mais il offre des un gain de compétitivité-prix pour les entreprises qui exportent hors de la zone euro. Or, on le sait, la France compte trop peu d'entreprises exportatrices - environ 120.000, soit trois fois moins qu'en Allemagne - pour que son économie tire pleinement partie de cette situation.

Les économistes sont moins optimistes que Bercy

Que nous réserve l'exercice 2017 ? Pour l'instant, le gouvernement vise toujours une croissance de 1,5% de l'activité cette année. Le gouvernement est-il trop audacieux ? Devra-t-il, comme en 2016, réviser sa prévision de croissance ? Rappelons que Michel Sapin, le ministre des Finances visait initialement une hausse de 1,5% du PIB l'année dernière et que cette estimation avait été jugée trop prudente, avant que le trou d'air observé au deuxième trimestre mette cette prévision à mal. Entre avril et juin, marqué par la stabilité de la consommation des ménages et un repli de 0,4% de l'investissement des entreprises, le PIB avait reculé de 0,1%, surprenant le gouvernement et les commentateurs.

Graph croissance optimisme

Un graphique de notre partenaire Statista

Les économistes sont plus inquiets que le gouvernement. Le consensus table sur une hausse de 1,2% du PIB. Certains économistes sont encore moins optimistes. C'est le cas de Marc Touati, chez ACDEFI, qui estime à seulement 1% la progression annuelle du PIB. Alexandre Mirlicourtois chez Xerfi est à peine plus enthousiaste et table sur une croissance de 1,1%.

"Difficile de voir ce qui pourrait provoquer un choc positif de croissance ces prochains mois en France. Le reste du monde ne nous aidera pas et, à court terme, les enquêtes de conjoncture auprès des entreprises, malgré leur amélioration récente, ne laissent aucun espoir d'une accélération décisive de l'activité dans les prochains mois. Mais, peut-on s'attendre à ce que la conjoncture interne s'accélère brutalement à la veille des élections présidentielles ? C'est très peu probable. Il faut donc s'attendre à un début d'année compliqué, avec une consommation atone, pénalisée par un pouvoir d'achat en berne et un investissement sans ressort", précise-t-il, anticipant une absence de reprise franche de l'investissement, une consommation marquée par le retour de l'inflation et un commerce extérieur toujours en panne.

Le commerce extérieur reste en panne

"La baisse de l'euro est favorable aux exportateurs - elle rend les produits français plus compétitifs", explique l'économiste qui refuse de surestimer les effets, l'essentiel du déficit français n'étant pas vis-à-vis des pays hors zone euro mais bien avec les pays de la zone euro et ce, depuis plus de quinze ans. "Bien entendu, au sein même de la zone euro, les produits français deviennent plus compétitifs par rapport aux produits américains ou en provenance de la zone dollar dont les prix augmentent. Mais l'impact reste faible, d'autant plus que l'industrie française s'est encore atrophiée avec la crise et est devenue de trop petite en taille pour totalement profiter d'une baisse du change. De surcroît, sur la partie non-substituable des importations - comme le pétrole -, la facture va s'alourdir, ponctionnant ainsi une partie du pouvoir d'achat et affaiblissant la demande. In fine, les gains à espérer de la baisse de l'euro sont limités", poursuit Alexandre Mirlicourtois.

S'il reste prudent et table sur une hausse de seulement 1,2% du PIB en 2017, Philippe Waechter, chez Natixis AM, voit quelques raisons d'envisager un autre scénario.

"La plupart des enquêtes de conjoncture françaises et européennes sont bien orientées. Comme à la fin des années 90, on pourrait assister à une reprise spécifiquement européenne", estime l'économiste. L'indice PMI manufacturier de la France est à un sommet inédit depuis mai 2011. Celui de l'Eurozone témoigne également de la reprise dans ce secteur. "La forte croissance de la production enregistrée en décembre permet au secteur manufacturier de la zone euro d'aborder l'année 2017 sur des bases solides", a commenté Chris Williamson, chef économist à IHS Markit.

Les conséquences des élections

"Par rapport à 2016, aucune rupture favorable, ou même défavorable n'est envisageable, particulièrement au premier semestre ", avance Nicolas Bouzou chez Asteres. Et ensuite ? Le résultat des élections présidentielles et législatives peuvent-elles influencer la conjoncture économique ? Tout dépendra bien évidemment du vainqueur et du programme qu'il mettra en place, sachant que toutes les mesures ne stimulent pas forcément l'activité. Ainsi, la baisse de 40 milliards d'euros de la pression fiscale sur les entreprises que François Fillon, le candidat des Républicains, promet, tirerait probablement la croissance. Mais la réduction massive de la dépense publique qu'il entend mettre en place en cas de victoire aurait un effet contraire. Une stratégie assez peu éloigné de celle que proposent  les principaux outsiders de la primaire de la gauche, en ligne avec celle poursuivie par l'exécutif depuis 2014. Donc, pour 2017 et après, le doute est de mise.