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Aulnay-sous-Bois: une vidéo montre la violence de l’interpellation de Théo

Violences-Policières

Brève publiée le 5 février 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Nouvel Obs) Des images obtenues par BFMTV, tournées par un riverain, illustrent la scène survenue jeudi soir. Initialement soupçonnés de viol, les quatre policiers sont présentés à un juge pour violences en réunion.

Tout avait pourtant commencé par un simple contrôle d'identité. Les quatre agents s'acharnent contre une silhouette à terre, acculée contre un mur. Les images amateur, obtenues par BFMTV, montrent la violence de la scène qui s'est déroulée jeudi 2 février vers 17h sous les yeux de dizaines d'habitants de la Cité des 3.000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Des traces de sang et des empreintes de doigts sont parfaitement visibles sur le mur, comme le montre le reportage de la chaîne d'info. A la suite de cette interpellation, Théo, souffrant d'une hémorragie anale, a dû être dépêché à l'hôpital et opéré. Il est toujours hospitalisé.

Les quatre policiers, en garde à vue depuis jeudi soir dans les locaux de l'IGPN (police des polices), doivent être présentés ce dimanche à un juge de Bobigny, où une information judiciaire pour violences en réunion a été ouverte. Le parquet, qui a requis leur placement sous contrôle judiciaire, a confié à un juge d'instruction une enquête pour "violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique" à l'encontre des quatre fonctionnaires, soupçonnés au départ de "viol en réunion".

De "viol" en "violences"

La scène de l'interpellation montre un policier "porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses" du jeune homme de 22 ans, après que son "pantalon a glissé tout seul", décrit une source proche de l'enquête à l'AFP... Voici ainsi expliquée en quelques mots la requalification des accusations en "violences volontaires".

Théo, lui, déclare que l'un des policiers lui a volontairement introduit sa matraque dans l'anus. Lors de son hospitalisation jeudi à l'hôpital Robert Ballanger d'Aulnay, un médecin a diagnostiqué "une plaie longitudinale du canal anal" et une "section du muscle sphinctérien", et lui a prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Ce dimanche, le maire LR de la commune, Bruno Beschizza, a dénoncé face à la presse la requalification des accusations de "viol" en "violences".

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a souhaité samedi dans un communiqué "que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires", prévenant que des "sanctions" seraient prises "s'il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n'ont pas été scrupuleusement respectées".

Brefs incidents samedi soir

Samedi soir, vers 21h, de brefs incidents ont éclaté dans la Cité des 3.000 où une voiture a été brûlée et une tentative d'incendie constatée sur un bus. Des abribus ont également été cassés, et le quartier plongé dans l'obscurité après le sabotage de l'éclairage public. Une compagnie de CRS a été appelée en renfort dans le quartier, selon une source policière. Le calme est revenu deux heures plus tard.

"C'est un vrai choc, comme on en a jamais connu à Aulnay.Théo est un citoyen français engagé dans la vie de son quartier, c'est une famille exemplaire", déclare à l'AFP Hadama Traoré, qui a grandi aux 3.000 et vient de fonder un mouvement citoyen, "La révolution est en marche".

Pour le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, qui a rendu visite samedi à la famille du jeune homme, "dévastée", "rien ne justifie qu'un jeune homme de 22 ans sans histoire soit ainsi violenté". "Je ne pense pas que ça se serait déroulé de la même manière si on avait été place de l'Opéra à Paris", dit-il. Pour l'élu, cette affaire repose "une question lancinante : celle des motifs et des techniques d'interpellation".

Début janvier, six mois de prison avec sursis avaient été requis dans une autre affaire contre un policier municipal de Drancy (Seine-Saint-Denis), accusé d'avoir violenté avec sa matraque un homme de 27 ans lors d'une interpellation mouvementée en 2015. Le certificat médical établi cette nuit-là avait attesté d'une "pénétration". Le tribunal doit rendre sa décision le 20 février.

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