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CGT : Thibault choisit Nadine Prigent mais est mis en minorité
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Bernard Thibault a proposé vendredi Nadine Prigent pour lui succéder à la tête de la CGT en 2013, mais ce choix se heurte aux cadres favorables à Eric Aubin, le spécialiste des retraites de la centrale. Par conséquent, cette option n'a pas été validée par la Commission exécutive confédérale (20 voix pour, 21 voix contre et 5 abstentions). Il appartient désormais au Comité confédéral national (CCN), le parlement de la CGT, de se prononcer lors de sa prochaine réunion des 30 et 31 mai prochains. Une réunion qui s'annonce tendue. De nombreux observateurs estiment même que la bataille pourrait durer jusqu'à au congrès de Toulouse en mars 2013.
Négociatrice pour la CGT au sein de l'intersyndicale et issue du secteur public (Fédération de la santé), Mme Prigent est critiquée en interne par certains cadres qui la jugent trop 'rigide'. Le voeu du secrétaire général est qu'à son départ une femme prenne la tête du premier syndicat français: 'Ce choix serait important symboliquement et politiquement dans un pays où la moitié de la main-d'oeuvre est féminine, où les femmes subissent la discrimination professionnelle', insiste-t-il. Le nom d'une autre membre de la direction, Agnès Naton, directrice du bimensuel 'la Nouvelle vie ouvrière', avait également circulé.
Mais, les patrons de nombreuses fédérations, notamment des plus importantes -cheminots, service public -ont soutenu M. Aubin, 49 ans, issu du privé et numéro un de la Fédération de la construction, qu'ils jugent plus ouvert. Ils privilégient un leader venant du privé pour favoriser l'implantation de la CGT dans ce secteur qui regroupe l'essentiel du salariat français.
Les divergences se cristallisent finalement sur les personnalités et non sur des lignes politiques, Eric Aubin, comme Nadine Prigent et Agnès Naton, sont dans la ligne d'ouverture défendue depuis 13 ans par le secrétaire général.
Une succession douloureuse
C'est en janvier dernier que M. Thibault a annoncé sa décision de ne pas briguer, lors du prochain congrès à Toulouse en mars 2013, un nouveau mandat à la tête de la confédération, qu'il dirige depuis treize ans. Sa succession s'est d'emblée révélée douloureuse: aucune personnalité incontestée n'a émergé pour prendre la relève et une crise interne secoue la centrale depuis plusieurs mois.
M. Thibault devait initialement annoncer sa proposition le 17 avril, mais il l'a reportée pour consulter les dirigeants des fédérations et des unions départementales et les convaincre de son choix. Il a tenu au cours du mois de mai neuf réunions interrégionales.
Cette crise tombe mal et rend la CGT moins audible au moment où le nouveau gouvernement de gauche relance le dialogue social. En tournée en province pour régler sa succession, M. Thibault était ainsi absent des rencontres avec les nouveaux ministres -Travail, Santé, Redressement productif -qui recevaient à tour de bras cette semaine les leaders des organisations syndicales. Il a eu toutefois un contact téléphonique avec le ministre du Travail, Michel Sapin.
Mardi après midi, Bernard Thibault sera reçu à Matignon, comme ses autres collègues syndicalistes, pour de premiers entretiens bilatéraux avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.




