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Des centaines de migrants forcent le mur de Ceuta
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Environ 500 migrants venus d'Afrique subsaharienne ont pénétré vendredi dans l'enclave espagnole de Ceuta, au Maroc, en franchissant une clôture haute de six mètres.
Des centaines de migrants extrêmement déterminés ont forcé vendredi au petit matin la haute barrière de sécurité entourant l'enclave espagnole de Ceuta au Maroc. Cet assaut massif est l'un des plus importants depuis dix. Il intervient alors qu'un différend oppose le Maroc à l'Union européenne sur l'interprétation d'un accord de libre-échange sur les produits agricoles et de la pêche. Le Maroc avait fait part de son mécontentement et menacé à demi-mot de relâcher le contrôle de ses frontières.
Selon les chiffres des autorités espagnoles, 498 migrants sur quelque 700 ayant tenté leur chance sont parvenus à pénétrer dans l'enclave de Ceuta. Ils se trouvent désormais dans un centre de rétention.
De leur côté, les autorités marocaines évaluent à 250 les Subsahariens qui ont essayé de passer en Espagne, et précisent que 110 d'entre eux ont été interpellés. Des images tournées par le service de télévision du journal local Faro de Ceuta, montraient des grappes de dizaines de migrants errant euphoriques dans les rues de l'enclave située en bordure de la Méditerranée. «I love you mamma, viva Espana», criait un jeune Africain, torse nu et drapé dans un drapeau européen. «Libertad, libertad!» (liberté, liberté), hurlait un autre, un drapeau espagnol rouge et jaune noué autour du cou.
Une clôture de 8 kilomètres de long

L'enclave de Ceuta est entourée depuis le milieu des années 2000 par une double clôture grillagée de huit kilomètres de long et haute de six mètres. La dernière tentative d'entrée collective remonte à la nuit du Nouvel an, quand un millier de migrants, des Subsahariens pour la plupart, avaient essayé de franchir le mur grillagé de six mètres entourant l'enclave, une entreprise périlleuse où certains se blessent souvent. Mais l'attaque s'était soldée par un échec. Lors d'un assaut similaire, le 9 décembre, près de 400 migrants avaient escaladé cette même barrière. Ceuta et Melilla, les enclaves espagnoles au Maroc, sont les deux seules frontières terrestres séparant l'Union européenne de l'Afrique.
Menaces marocaines
Le mouvement de vendredi a éclaté en pleine crise entre le Maroc et l'Union européenne. Dans un arbitrage rendu fin 2016, la Cour de justice européenne a décidé que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée par Rabat, n'était pas concerné par l'accord agricole entre l'UE et le royaume marocain, son statut n'ayant pas été arrêté par la communauté internationale. Depuis lors, des associations qui soutiennent le Front Polisario, qui réclame l'indépendance du Sahara occidental, contestent des opérations commerciales entre le Maroc et des pays européens, concernant des produits venus du Sahara.

Le ministère marocain de l'Agriculture avait prévenu le 6 février que l'Europe s'exposait à un «véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d'un effort soutenu, a réussi à gérer et à contenir».
«Il faut maintenant que les choses soient claires, sincères, sur l'avenir que nous voulons développer entre le Maroc et l'UE», avait déclaré début février à l'AFP le ministre de l'Agriculture et de la pêche marocain, Aziz Akhannouch.
«Nous avons un contrat commercial de libre-échange, un partenariat gagnant-gagnant (...). Malheureusement, il y a des zones d'incertitude», avait déploré M. Akhannouch.
Interrogé mercredi par l'AFP sur les relations de Madrid avec le Maroc et la dépendance de l'Espagne sur les questions migratoires, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a assuré que les relations entre les deux royaumes étaient excellentes.
«Le Maroc ne nous a jamais fait de chantage, jamais», a-t-il déclaré. «Nous avons une relation magnifique... dans la lutte contre les mafias (...), contre le terrorisme», «nous collaborons dans de nombreux domaines», avait-il insisté.




