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Peut-on passer une journée sans croiser les perturbateurs endocriniens ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Une étude publiée mardi par l'UFC-Que choisir pointe une nouvelle fois l’omniprésence de ces molécules dans notre quotidien.
"La protection n'est pas simple puisque les perturbateurs endocriniens sont partout", constatait, en janvier dernier, le docteur Gérald Kierzek sur Europe 1. L’UFC-Que Choisir publie mardi une nouvelle étude confirmant largement cette affirmation. L’association de consommateurs recense désormais "près de 400 produits", dans sa base de données "des cosmétiques contenant un ou plusieurs ingrédients indésirables", dont des perturbateurs endocriniens tels que le BHA , le BHT, le triclosan ou autre butyl- et propyl-parabens. On en trouve également dans la plupart des aliments de grande consommation, dans les produits ménagers, les ustensiles de cuisine et même certains meubles. A chaque fois, ils sont présents dans des doses faibles (et légales). Mais c’est leur forte exposition qui inquiète les associations de consommateurs et les scientifiques (voir encadré).
>> D’où cette question : peut-on passer une journée sans être exposé à des perturbateurs endocriniens ? Éléments de réponse.
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Perturbateurs endocriniens : où les trouve-t-on ?
Dans l’alimentation. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), "l’alimentation contribue à plus de 80 % de l’exposition de la population" aux perturbateurs endocriniens. En effet, comme le montre une classification opérée par le site de la Mutualité familiale, tous les produits non-bio (et donc traités avec des pesticides) contiennent potentiellement de telles substances. En 2010, une vaste étude comparative de l’association Génération future concluait même qu’un consommateur ingurgitait en moyenne 37 perturbateurs endocriniens par jour via l’alimentation. En 2016, la même ONG regrettait que la moitié des différents perturbateurs endocriniens existants soient présents dans l’eau du robinet et les nappes phréatiques, se basant sur un rapport du Commissariat général au développement durable et une étude gouvernementale.
Dans la trousse de toilette. Quant aux cosmétiques, la liste dressée par l'UFC-Que choisir a plus que doublé depuis son lancement en février 2016 : dentifrice, maquillage, vernis, parfums… les perturbateurs endocriniens sont susceptibles de se cacher dans chaque élément de la trousse de toilette (voir les 400 produits épinglés ici). "Eviter de les croiser à 100%, cela paraît tout de même difficile aujourd’hui en France. Il peut y en avoir dans les produits de grande surface comme dans les rayons des pharmacies"¸ commente pour Europe 1 Gaëlle Landry, co-auteure de la dernière étude de l’UFC-Que Choisir.
Et dans tout le reste de la maison. Même si on ne les ingère pas directement, on peut également trouver du bisphénol A ou "des phtalates" dans les emballages et la vaisselle plastique ou encore des "composés perfluorés" dans les ustensiles de cuisines. Ces molécules peuvent migrer vers les aliments et se retrouver dans votre assiette, surtout s’ils sont chauffés. Les meubles, enfin, ne sont pas exemptés.
"Les produits d'ameublement sont constitués de multiples matériaux qui peuvent être décorés ou protégés (voire collés, peints, teints, vernis, cirés, traités contre les départs de feu, les insectes, les champignons, les acariens, NDLR), ils peuvent émettre de multiples substances volatiles ou semi-volatiles auxquelles peut être exposée la population", alertait l’Anses en 2015. Dans une vaste étude sur tous les meubles produits en France, le gendarme français de la santé relevait 31 substances en surveillance "prioritaire" couramment utilisées pour traiter les meubles.
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Comment peut-on les éviter ?
Pour l’alimentation. Un consommateur non prévenu aura donc de très faibles chances d’éviter à 100% les perturbateurs endocriniens. Masi est-ce possible pour un consommateur averti ? Concernant l’alimentation, il n’y a qu’un seul moyen d’en être certain : manger bio. Tous les pesticides sont en effet soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Et "la non utilisation des perturbateurs endocriniens fait partie du cahier des charges de l’agriculture biologique", explique Gaëlle Landry, de l’UFC-Que Choisir. Qui prévient, toutefois : "cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’autres substances néfastes, comme du sodium ou des sulfates, susceptibles de provoquer des irritations".
Pour l’eau, en revanche, cela semble compliqué : même l’eau minérale en bouteille contiendrait des traces de perturbateurs endocriniens, selon l’étude de Génération future citée plus haut. L’association demande donc des études complémentaires pour évaluer la dangerosité de ces traces à forte dose.
Pour les cosmétiques. Pour les cosmétiques, il existe un logo simple qui permet de faire le tri : la mention "sans parabène". Le hic ? Cela réduit considérablement le champ des possibilités d’achats. En outre, "ce logo ne garantit pas l’absence d’autres molécules toxiques, comme la ‘MIT’, qui peut être très allergène", alerte Gaëlle Landry. L’autre solution consiste à s’armer de patience… et à scruter toutes les étiquettes. La règlementation des cosmétiques impose un étiquetage strict, ce qui permet de faire le tri en boycottant toutes les molécules indésirables (voir la liste établie par Que choisir ici). "C’est un travail laborieux et compliqué. Mais il est possible d’écarter les perturbateurs endocriniens sur ces produits. On en trouve des sains même en grande surface !", encourage la rédactrice de l’association de consommateurs.
Pour le reste de la maison. Tous les produits ne jouissent pas de la même qualité d’étiquetage que les cosmétiques. Pour la cuisine, par exemple, il est difficile d’y voir clair. Pour être sûr de ne pas croiser les perturbateurs endocriniens, optez donc pour le verre et les emballages naturels et évitez autant que possible le plastique, surtout si vous réchauffez un plat. Pour les meubles, préférez le bois brut sans vernis, la peinture et les enduits naturels, tout en évitant autant que possible les revêtements plastifiés pour les sols et les murs. Quant au ménage, choisissez la méthode de grand-mère, à base de vinaigre blanc, de bicarbonate de sodium et de savon noir.
Des perturbateurs difficiles à définir… et donc à traquer
Utilisés comme antibactérien, antioxydant ou comme conservateurs, les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés, à forte exposition, de diminuer la fertilité humaine, d’avancer l’âge de la puberté et de la ménopause, d'affecter le système immunitaire et la fonction respiratoire chez l'enfant ou encore de favoriser le diabète. Cela "ressemble à l'hormone, cela va se fixer sur le récepteur de l'hormone et cela bloque la transmission, la régulation et la production", décrivait le docteur Véronique Vasseur, médecin à l’hôpital Saint-Antoine, l’an dernier sur Europe 1. En 2013, l'OMS publiait un rapport faisant état d'une "menace globale".
Problème ? Aucune définition précise ni aucune dose d’exposition maximale n’a été fixée par les autorités sanitaires européennes. Après des années d’hésitation, la commission européenne est parvenue à fixer en janvier dernier des critères regroupant les pesticides mais excluant de nombreuses substances, comme les bisphénoles ou les phtalates. Une définition jugée inacceptable par de nombreux scientifiques et refusée par plusieurs pays, dont la France. Les associations de consommateurs et les scientifiques qui les traquent sont donc pour le moment obligés de se baser sur une liste de molécules définies comme étant "à surveiller".




