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L’opération séduction du FN auprès des financiers
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les responsables économiques du Front national ont rencontré des banquiers d’affaires et des investisseurs, à Bruxelles et à Paris. Ils ont présenté leur programme et tenté de rassurer sur ses conséquences, avec un résultat plutôt mitigé.
Rarement élection française n'aura autant préoccupé le monde de la finance. Les grands gérants internationaux, comme Pimco, l'un des plus grands fonds obligataires au monde, ou BlackRock, font plancher leurs analystes sur les résultats potentiels de la présidentielle. Idem pour les grandes banques d'affaires, JP Morgan, Morgan Stanley, Citigroup, UBS, ou Nomura. L'objectif ? Décrypter les grands enjeux électoraux, au premier chef la probabilité d'une victoire du Front national et son impact économique.
Une question tellement prise au sérieux que certains de ces grands financiers ont rencontré, ces dernières semaines, des représentants du FN. Cette pratique est habituelle pour les grands candidats à une élection présidentielle, mais c'est la première fois que le parti de Marine Le Pen est concerné. D'après l'agence Bloomberg, Bernard Monot, le chef économiste du FN, et Mikael Sala, président du collectif Croissance Bleu Marine, ont notamment rencontré des analystes de Barclays, d'UBS et de BlackRock. La société de gestion a reconnu dans un communiqué qu'« une équipe de stratégistes du BlackRock Investment Institute a rencontré les équipes économiques des principaux candidats pour comprendre leurs propositions en matière de politique économique ».
Selon nos sources, Jean Messiha, coordinateur du projet présidentiel de Marine Le Pen, s'est également exprimé la semaine dernière devant des investisseurs à Paris. Cet énarque d'origine égyptienne, docteur en économie et en disponibilité du ministère de la Défense, est l'un des principaux théoriciens frontistes d'une sortie de l'euro.
Risque politique
Pour le Front national, l'objectif de ces rencontres est clair : apaiser les craintes des marchés, y compris sur les conséquences d'un retour au franc. « Nous leur disons : nous allons honorer la signature de la France, et nous nous engageons à maintenir la stabilité économique, monétaire et financière du pays », a ainsi expliqué Bernard Monot à Bloomberg. Pour bien faire passer le message, ils s'expriment même en anglais, bravant ainsi l'interdiction faite à ses équipes par Marine Le Pen d'utiliser une autre langue que le français.
Avec quels résultats ? Bernard Monot affirme que ses interlocuteurs sont « rassurés », voire « surpris ». Néanmoins, si certains d'entre eux reconnaissent effectivement que le discours économique du FN est plus structuré qu'ils ne l'imaginaient, ce dernier est loin de faire l'unanimité. Un financier est ainsi ressorti « effaré » d'une des rencontres parisiennes.
Surtout, la pression sur la dette française liée aux inquiétudes sur une potentielle victoire de Marine Le Pen est loin d'avoir disparu sur les marchés. Ce que confirment les bureaux d'études des grandes banques. « Le risque politique français va rester une source de préoccupation dans les semaines à venir », note ainsi Barclays. Et Natixis constate « une diffusion progressive du risque France au marché monétaire, au marché des CDS bancaires ».




