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Aux Pays-Bas, Rutte l’emporte face au populiste Wilders
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La formation d’un gouvernement par le premier ministre sortant pourrait toutefois se révéler compliquée, en raison de la fragmentation du paysage politique.
Le premier ministre libéral, Mark Rutte a battu son rival d’extrême droite, Geert Wilders, mercredi 15 mars aux Pays-Bas, lors de législatives scrutées à la loupe en Europe.
Selon des résultats encore provisoires, portant sur 95 % des bureaux de vote, les libéraux étaient crédités, jeudi matin, de 33 sièges sur les 150 de la chambre basse du Parlement, pour 20 au Parti de la liberté du populiste xénophobe, 19 sièges à l’Appel chrétien-démocrate et aux progressistes de D66.
« Après le Brexit et après les élections aux Etats-Unis, les Pays-Bas ont dit stop au populisme de mauvais aloi », a affirmé M. Rutte tout sourire, devant une salle bondée à La Haye.
Le scrutin a été marqué par une participation massive : 77,6 % des 12,9 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes, selon les derniers chiffres publiés.
Mark Rutte en tête. Mark Rutte, le premier ministre sortant, a donc gagné son duel avec le leader populiste Geert Wilders. Son Parti populaire libéral et démocrate (VVD) reste, de loin, le premier du pays. M. Rutte pourra aisément faire oublier les huit sièges perdus par sa formation, qui en conserve 33 sur 41, en se targuant de sa large victoire sur le Parti pour la liberté (PVV) de M. Wilders.

Une défaite pour Geert Wilders. Même s’il gagne cinq sièges (20), Geert Wilders essuie un échec qui lui laissera un goût amer. Il avait été crédité depuis des mois d’un score largement supérieur et se rêvait en premier ministre. Le « printemps populiste » qu’il espérait pour lui-même et pour l’Europe n’a pas démarré aux Pays-Bas. « Rutte n’est pas encore délivré de moi ! », a-t-il lancé, mercredi soir, pour tenter de remotiver ses partisans, en clamant sa « victoire ».
Se positionnant en vue des longues négociations à venir, il a affirmé à la presse locale dans la nuit : « Si cela est possible, j’aimerais cogouverner, mais si cela ne marche pas… nous soutiendrons le gouvernement où cela est nécessaire, sur les questions qui nous sont chères. »
La chute du Parti du travail. L’effondrement annoncé du Parti du travail (PVDA, social-démocrate) s’est réalisé. Avec neuf sièges sur les 38 qu’elle avait conquis en 2012, la formation qui était alliée à M. Rutte au cours des quatre dernières années subit un recul historique. Son soutien à la sévère cure d’austérité menée par le gouvernement, dans le secteur de la santé notamment, a été sanctionné, comme la faiblesse de son actuelle direction.

La percée des écologistes. Le plus grand gagnant de la soirée est, en fait, la formation Groen-Links (GL) du jeune Jesse Klaver, le « Trudeau néerlandais ». Son parti augmente fortement son nombre de sièges, passant de quatre à seize. Il en espérait même un peu plus, sur la base des sondages qui ont, ces derniers jours, fait de GL la deuxième formation du pays. M. Klaver se contentera de diriger le plus fort des partis de gauche. Le SP (équivalent de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon) perd un siège (14).
Fractionnement du paysage. La montée des petits partis se confirme, ce qui accroît le fractionnement du paysage politique. ChristenUnie, un parti social d’inspiration chrétienne réformée (6 sièges, + 1), le Parti des animaux (5, + 3) et 50 Plus, le parti des retraités (4, + 2) progressent tous. Deux partis font leur apparition : le Forum pour la démocratie (conservateur eurosceptique), de l’intellectuel Thierry Baudet, et Denk, fondé par des dissidents d’origine turque du Parti social-démocrate. Ils remportent respectivement deux et trois sièges.
Quelle coalition ? La dernière leçon est qu’il sera manifestement compliqué de former une coalition. Il reste à M. Rutte, qui devrait prendre rapidement la main, à convaincre au moins trois autres partis de s’allier à lui pour atteindre le nombre nécessaire de sièges pour disposer d’une majorité, soit 76. Il pourrait négocier avec les chrétiens-démocrates du CDA (19 sièges, + 6) et les centristes réformateurs de D66 (19 sièges, + 7).
Cela ne suffira toutefois pas : il devra aussi convaincre les écologistes ou les sociaux-démocrates. L’autre hypothèse, assez improbable, serait une alliance de gauche rassemblant six partis, dont les écologistes. La forte participation électorale (77,6 %, + 3 points) n’a décidément pas simplifié les choses pour les dirigeants du pays.




