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Technicolor Rennes : chantage de la direction : travaillez plus, ou c'est les licenciements !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Depuis plusieurs mois, la direction de Technicolor a lancé une offensive contre les salariés du groupe : plan de licenciements à Rennes et Paris, mise en liquidation judiciaire de l'usine d'Angers, et vente annoncée d'une partie du groupe.
La justification donnée par la direction est d'économiser quelques dizaines de millions d'euros, alors que le groupe verse chaque année près de 200 millions d'euros pour les seuls frais financiers d'une dette dont le taux d'intérêt annuel dépasse les 10 %. Et, preuve que le groupe Technicolor rapporte suffisamment d'argent pour aiguiser l'appétit des financiers, la banque JP Morgan s'apprête à prendre le contrôle du groupe à travers une participation à 30 % du capital, pour 158 millions d'euros. JP Morgan est l'une des plus grosses banques d'affaires du monde, qui a réalisé près de 20 milliards de bénéfices l'an dernier. Elle vient de s'illustrer dans des opérations spéculatives sur la place de Londres, opérations qui pourraient lui coûter deux, trois, voire cinq milliards d'euros, et peut-être même plus. Et tout ce petit monde ne trouve pas d'autre solution pour gagner quelques dizaines de millions d'euros de plus que de s'en prendre à la vie des travailleurs.
Depuis plusieurs mois, ceux-ci ont tenté de résister à ces attaques. Face à ces réactions, la direction de Technicolor fait du chantage aux salariés rennais : soit vous acceptez une augmentation du temps de travail de neuf jours, c'est-à-dire neuf jours de travail gratuit par an, soit la direction licenciera 44 d'entre vous.
Accepter des reculs pour sauver des emplois, bien des travailleurs l'ont déjà fait, pour finalement se retrouver acculés, quelques années ou quelques mois plus tard, à se battre contre de nouveaux licenciements, voire la fermeture de l'usine. À Technicolor aussi, chacun a conscience de ces éventualités. Mais beaucoup ne se croient pas capables d'imposer un recul à la direction. Alors, pour éviter le pire, certains, y compris parmi les syndicalistes, se résigneraient à marchander quelques jours de RTT, ou à accepter un blocage des salaires.
Mais la direction n'est prête à aucune concession, même symbolique. Et, pour faire accepter les mesures qu'elle propose, elle organise un référendum le vendredi 1er juin, espérant ainsi, si elle y obtient une majorité, s'assurer la complicité du syndicat CGC pour appliquer ses mesures.
Il n'est pas dit qu'elle puisse y arriver. L'entreprise compte des travailleurs peut-être minoritaires pour le moment, mais déterminés à refuser le chantage de la direction, ayant bien compris que la recherche de propositions de compromis avec elle est une perspective totalement illusoire.
Dans cette période de crise, les patrons en demandent toujours plus dans les entreprises, et accepter des reculs ne pourrait que les y encourager. Plutôt que de se résigner à accepter leurs prétentions, les travailleurs ont la force de les affronter par la lutte collective.
Correspondant LO




