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Les conservatoires parisiens en symptôme du socialisme infécond

culture

Brève publiée le 4 juillet 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Mediapart) La nécrose du PS, sur laquelle a prospéré M. Macron, s’illustre à Paris dans la gestion des conservatoires. Au lieu de viser l’élitisme pour tous, on y prône l’exigence pour personne. Retour sur une erreur lourde de sens, qui se propage.

Les conservatoires parisiens se sont ornés d’affiches annonçant « les résultats du tirage au sort ». Tombola pimpante et festive propre à une fin d’année scolaire ? Non : sélection d’heureux élus, ou plutôt de petits matricules aptes à recevoir l’enseignement artistique dispensé dans de tels établissements de la capitale. Confrontée aux lois de l’offre et de la demande, la Ville lumière admet se trouver dans la panade, en usant du flou bureaucratique idoine, au chapitre 2 d’un projet de règlement pour la rentrée que Mediapart s’est procuré (lire sous l’onglet Prolonger) « L’admission des élèves débutants s’effectue en fonction des places disponibles. Les modalités d’admission sont définies par le conseil de Paris. »

Menacé par la relève macronienne qui s’organise pour 2020, obnubilé par l’endettement au point de ne plus sembler développer qu’une vision comptable des choses, le pouvoir municipal socialiste parisien pourrit par la tête : la culture. Sa gestion des conservatoires en offre l’illustration la plus métaphorique. « Au début du siècle et donc de l’ère Delanoë, estime le syndicaliste (FO) Bertrand Vincent, il y avait encore ce qui fait désormais défaut : discernement, allant et volonté politique. Voilà ce que s’efforçait d’incarner l’adjoint à la culture de l’époque, Christophe Girard, en dépit des griefs que pouvait susciter ce personnage venu du monde de l’entreprise du luxe. Il existait et faisait exister. Aujourd’hui, c’est le règne des abonnés absents... »

Dans le viseur de ce syndicaliste comme d’une écrasante majorité silencieuse – parce que réduite au silence – des personnels œuvrant dans le champ culturel parisien : Bruno Julliard. Premier adjoint d’Anne Hidalgo, ce professionnel de la politique, passé du syndicalisme étudiant (Unef-Id) aux arcanes du PS, ne manifeste guère d’appétence pour la culture – alors qu’il s’est arrogé un tel apanage, auquel s’ajoute « la nuit » qui paraît le mobiliser davantage. L’édile va-t-il jusqu’à régler des comptes avec un passé de cancre humilié au conservatoire du Puy-en-Velay (sa mère fut maire – PS – de la ville) ? Ses contempteurs persiflent à ce propos mais l’intéressé n’a jamais pu permettre à Mediapart de l’interroger, sur ce sujet comme sur tant d’autres. Faut-il pour autant renoncer à déverrouiller ce que le pouvoir parisien verrouille ?

Bacchanale devant la statue de Pan, vers 1631-1632, Nicolas Poussin (Londres, National Gallery). Bacchanale devant la statue de Pan, vers 1631-1632, Nicolas Poussin (Londres, National Gallery).

Une professeure de formation musicale vend ainsi la mèche : « Paris n’est certes pas la pire situation qui soit, en comparaison de la terreur et de la médiocrité que font régner certains élus des Hauts-de-Seine ou de l’Essonne, mais nous avons tout de même affaire à des politiques avides de résultats immédiats, tangibles, susceptibles de rapporter des voix. Pour eux, le conservatoire doit mener à une fête de la musique perpétuelle, avec des enfants aux anges donc sans contraintes, des parents-électeurs tapant dans leurs mains au rythme d’un orchestre né spontanément d’une ferveur collective transcendant le moindre effort individuel. Ces pauvres politiques, déconnectés de tout – de la vraie vie comme des pratiques culturelles –, se persuadent qu’en distribuant des subventions de-ci de-là, ils feront émerger des expériences proches du modèle vénézuélien (l’école El Sistema et l’orchestre Simon-Bolivar). »

Voulant croire à une sorte d’enseignement musical instinctif, impulsif, irréfléchi et primesautier au point d’ignorer le sage précepte chanté par Georges Brassens (« Mais sans technique un don n’est rien qu’une sale manie »), les apprentis sorciers de la ville de Paris ont versé dans les ornières de la démagogie. En prétendant démocratiser, ouvrir, diversifier. Une professeure de violon préfère en rire qu’en pleurer : « Pour le conservatoire du Xe arrondissement, déclaré pilote, un OMD (orchestre et mouvements dansés) a ainsi été monté de toutes pièces. La Ville, opaque comme ce n’est pas permis, assure que cela ne revient globalement pas plus cher qu’un enseignement traditionnel : évidemment, les calculettes n’ont pris en compte que les heures de cours dispensées, sans inclure l’achat des instruments ni leur entretien. Tout cet effort superficiel aboutit à un résultat plus que mitigé. Alors que les élèves savent de moins en moins déchiffrer une partition, une enseignante a distribué une missive en forme de cri d’alarme quant à une telle chute du niveau, qui se fait déjà cruellement sentir. Mais rien n’y fait : nous ne sommes que de petites consciences corporatistes étriquées émargeant à 1 500 € par mois, aux yeux de nos démiurges éclairant le Peuple parisien et rétribués au moins 5 000 € pour le prix de leur génie incontestable ! »

La phraséologie du projet de « Règlement des études musicales » pour la rentrée (à lire, donc, sous l’onglet Prolonger) se gargarise à tire-larigot : découvrir, improviser, sensibiliser à l’écoute, s’épanouir dès le premier « apprentissage de la musique par une pratique instrumentale collective (AMPIC) », autoévaluation, s’approprier sensoriellement, se réapproprier collectivement, etc. Dans un coin et en fin d’énumération, comme à regret, on trouve : « Apprendre à lire une partition musicale ». Mais la novlangue pseudo-pédagogique considère la dictée comme « moyen de révéler ce qu’un élève entend intérieurement ». Et ajoute, en guise de philosophie musicale : « Certaines compétences ne se traduisent pas nécessairement en acquisitions de connaissances techniques : elles peuvent traduire plutôt une attitude, un comportement artistique à encourager. » Le tout devant être validé, selon le puissant idiolecte en usage, « dans le cadre du contrôle continu sur la base de l’assiduité, de l’investissement et de la participation de l’élève ».

La voix de son maître... La voix de son maître...

Traduisons et résumons le règlement qui s’annonce. Premièrement, les examens (sauf en fin de cycle, c’est-à-dire au bout de quatre années d’études) sont supprimés au profit d’un sympathique contrôle continu. Commentaire du conseiller aux études d’un conservatoire parisien : « Nous aurons l’obligation de garder certains élèves tirés au sort mais imperméables à la musique, sans avoir la possibilité d’intégrer des éléments prometteurs auxquels la malchance aura barré la route. » Deuxièmement, les cours collectifs seront de plus en plus imposés, qui permettent de toucher davantage de population donc de pratiquer le saupoudrage électoral. Analyse d’un professeur de piano : « Notre instrument se prête peu à l’enseignement groupé, prend trop de place, donc va devoir débarrasser le plancher. La ville aura beau jeu d’habiller notre éviction d’un discours résolument progressiste : non à la perpétuation d’une éducation bourgeoise enchaînant la jeunesse aux claviers dépassés ! »

Un professeur de formation musicale pointe la trahison qu’induit, selon elle et vue de gauche, une telle gestion calamiteuse de l’enseignement musical : « Sous couvert de mettre fin à la reproduction des élites, nos responsables irresponsables reproduisent les inégalités. Les élèves frustrés de ne rien apprendre et leurs parents furieux qu’on les prenne pour des idiots prêts à gober la moindre imposture désertent nos conservatoires quand ils en ont les moyens financiers. Ils rétribuent alors les mêmes professeurs, enfin sans entraves mais en cours particuliers, ou alors au sein des écoles privées qui pullulent sur le fiasco causé par la direction des affaires culturelles de la ville de Paris. »

Un autre enseignant va plus loin : « Le conservatoire national supérieur est un legs de la Convention pour mettre fin au monopole réactionnaire et catholique de l’enseignement de la musique. Nous sommes en train de revenir à une situation d’Ancien Régime, quand un orchestre naissait ou disparaissait en fonction des goûts d’un prince et de sa cour. Nous en serons bientôt, de Nice à Dunkerque, à devoir guetter tel élu – assiste-t-il ou non au concert, s’endort-il ou vibre-t-il ? –, pour deviner, à partir d’un tel oracle, à quelle sauce sera mangée la transmission des savoirs et des pratiques. C’est le bon plaisir du sommet, qui se drape dans les plis des politiques publiques ! En attendant, au nom d’un combat contre l’élitisme qui confond l’égalité des chances avec l’égalitarisme, souffle nouveau et nivellement par le bas, voici qu’un bon enseignement devient, pour les décideurs, suspect : un bâton dans les roues du progrès toujours en marche, une circonstance aggravante à éradiquer sans mollir... »

Le directeur émet un avis défavorable qui vaut éjection

Une professeure de formation musicale au conservatoire du XVIIe arrondissement vient d’en faire les frais. C’est la goutte d’eau exemplaire qui a fait déborder le vase symptomatique. Sonia K., agrégée de l’université et docteure en musicologie, est détachée depuis neuf ans de l’éducation nationale et reçoit en mars, comme chaque année, un formulaire lui demandant si elle préfère être intégrée à la Ville ou bien continuer à y être détachée. Elle opte, comme d’habitude et en toute confiance, pour la seconde solution. Son ministère d’origine lui adresse même trois jours plus tard la confirmation de son détachement.

21 mai 2017 : le directeur du conservatoire émet un avis défavorable qui vaut éjection. Il ne supporte pas Sonia K., qu’il juge élitiste : elle ne se contente pas d’enseigner les notes de la clef de sol mais pousse un peu loin, au-delà de l’ordre des bémols, jusqu’aux accords parfaits et aux notes sensibles, en passant par les tonalités – qu’est-ce qu’une pièce en fa dièse mineur ? Les élèves, subjugués, en redemandent avec des étoiles dans les yeux. Sonia K. organise gratuitement des cours de remise à niveau pour tous ceux qui ont du mal à suivre. Les parents plébiscitent une telle entreprise de partage culturel et de transmission réussie. La voilà victime de son succès.

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En septembre dernier, pour assécher ses cours, la rendre inutile et la renvoyer, le conservatoire avait organisé l’invisibilité de Sonia K. sur les plannings. Des anciens élèves et leurs parents s'étaient ligués pour battre le rappel et reconstituer in extremis une classe de cursus renforcé sous sa houlette. C’en était trop pour une direction qui surcompense dans l’autoritarisme vétilleux ; à l’instar de tout pouvoir frustrant parce que frustré, privé de latitude donc privateur de liberté.

Fureur et stupéfaction des parents quand ils découvrent une telle épuration. Ils protestent, pétitionnent, se heurtent au mépris de la direction des affaires culturelles de Noël Corbin et aux mensonges du directeur du conservatoire en question, le plus important de la capitale. Ce Godefroy Vujicic, bon violoncelliste mais en l’occurrence excellent désinformateur, affirme à qui veut l’entendre (à la mairie centrale comme à celle d’arrondissement) que Sonia K. s’est mise elle-même dehors en refusant son intégration – alors qu’elle avait donc opté pour son détachement, en vertu du choix qui lui était proposé.

Le directeur réitère ce bobard devant deux parents venus en délégation (nous disposons du verbatim hallucinant de cette rencontre). Il ajoute même une fabulation : Sonia K. aurait snobé ses collègues – elle n’était en fait pas conviée aux réunions et privée de courriels collectifs par ce même directeur accusateur. Celui-ci forge de surcroît une calomnie aberrante en guise de coup de pied de l’âne : l’attitude de l’enseignante exigeante et passionnée aurait été à la limite du racisme – qui veut virer son prof l’accuse de discrimination, en tablant éhontément sur l'effet “pas de fumée sans feu”...

Bertrand Vincent, de FO, s’insurge en faux : le moindre soupçon de racisme aurait donné lieu à un signalement, dont nulle trace ne figure dans le dossier administratif de Sonia K. – qu’il est allé consulter pour constater que l’enseignante est notée 20/20 depuis des années. Le syndicaliste laisse exploser sa colère : « Personne n’est fichu d’endosser la responsabilité de l’éviction d’une pédagogue remarquable, tirant tous ses élèves sans exception vers le haut. Un tel passage à la trappe n’est pas motivé, même si la bureaucratie de la ville laisse entendre qu’il peut être judicieux de remplacer une pointure de catégorie A, une agrégée payée 3 000 €, par une assistante spécialisée d’enseignement artistique, de catégorie B, touchant moitié moins. C’est au contraire un gaspillage total de talent ! Et s’il fallait se pencher sur la gestion de la Direction des affaires culturelles, nous pourrions alors questionner les ventes fâcheuses du patrimoine immobilier de la ville, comme l’hôtel de Coulanges (35-37 rue des Francs-Bourgeois), siège des services de la Dac, tandis que l’hôtel d’Albret (29bis-31 de la même rue des Francs-Bourgeois) continue d’abriter le bureau et le secrétariat du “ maire honoraire” Bertrand Delanoë... Nous avons donc une direction des affaires culturelles qui part en couille, passez-moi l’expression, avec Sonia K. en victime collatérale d’une politique de massification sous prétexte de démocratisation. »

La reconnaisance infinie, 1961, par René Magritte... La reconnaisance infinie, 1961, par René Magritte...

Une garderie agrémentée de musique, où tout ce qui relève de la théorie serait chassé sans ménagement. Voilà ce qui s’instaurerait actuellement dans les conservatoires, du fait d’une régie défaillante des ressources humaines comme des deniers publics, selon nos interlocuteurs souvent navrés par un tel échec. Tous ces musiciens y croyaient pourtant. Ils voulaient apporter leur pierre, créer des passerelles entre le solfège, les techniques instrumentales et les disciplines vocales, voire entre la musique ancienne et l’informatique. Ils entendaient offrir à chacun l’excellence, mais se voient obligés de consentir à tous un miroir aux alouettes. Ils se sentent traités en variables d’ajustement, quand ils ne sont pas désignés à la vindicte publique par un pouvoir parisien prêt à dissoudre le professorat – tout comme Brecht proposait ironiquement de dissoudre le peuple en cas de vote contre le gouvernement...

Personne n’est plus beau qu’un musicien dans l’exercice de son art. Les quelque 2 400 intervenants dans les conservatoires de la capitale, après des études éreintantes et des concours sélectifs, sont allés de déconvenue en déconvenue, lâchés dans le maquis aux frontières de l'illégalité d’une ville de Paris forte de son statut dérogatoire échappant à la fonction publique territoriale : vacataires, contractuels et titulaires, placés sur leur siège éjectable, se retrouvent sous-payés (entre 1 500 et 2 200 € par mois en moyenne). Malgré tout, ils ont la flamme. Ils transmettent dans la ferveur, heureux des progrès manifestés par un garçonnet ou une fillette que rien ni personne ne prédisposaient à tant de vélocité sensible.

Hélas ! le panier de crabes propre à la capitale rend fou. Et tout chef dérangé plongé dans un corps sain finit par le contaminer. Les profs constituent alors de fragiles réseaux d’entraide, en se passant le mot. Ce n’est plus la peine d’espérer dans le conservatoire du Ve, devenu la proie d’une incompétence furieuse qui fait école : « Sauf en cas de population exceptionnelle et homogène, confie une professeure de flûte, des êtres pourtant doués de délicatesse deviennent des collabos. On a ainsi vu des chanteurs jaloux d’une collègue inciter les enfants et leurs parents à rédiger des lettres de dénonciation ! » Les IXe et XVIe arrondissements sont encore des havres, mais résisteront-ils au prochain départ à la retraite de leurs directeur et directrice, tant prédomine à travers Paris, selon des dizaines de témoignages accablants, la volonté occulte de faire place nette, de caser les siens, d’imposer un régime de harcèlement tentaculaire à même de briser toute dissidence ?

Le divers décroît. Le directeur du conservatoire du XIIe arrondissement vient de mettre les pouces : il part enseigner dans le XIIIe, pour échapper à la dépression des pressions. Comment a-t-on pu ainsi métamorphoser, en ce qui devrait être ses temples, l’amour de la musique en mesquinerie chorale digne d’une AG de copropriétaires, dont seules pourraient rendre compte les écritures théâtrales d’un Michel Vinaver, d’un Philippe Minyana, ou d’un Valère Novarina ?

Une professeure de violoncelle livre la morale de l’histoire : « Sonia K. a été virée du XVIIe pour s’être montrée incapable de feindre, au risque de gripper ce système fondé sur la simulation. De mon côté, je continue, par passion, de donner à mes cours le meilleur contenu possible, mais j’efface toute trace extérieure d’une telle exigence, que n’éventent surtout pas mes élèves auprès de la direction. Celle-ci ne me le pardonnerait pas... »

Prolonger

Voici le projet de règlement que finit de peaufiner la Dac (direction des affaires culturelles) de la ville de Paris, pour l'imposer aux conservatoires municipaux à la rentrée de septembre...

Boite Noire

Depuis trois ans que je sollicite Bruno Julliard – il entendait alors dépouiller les bibliothèques de leur rayonnement culturel pourtant essentiel au regard des populations les moins favorisées –, le premier adjoint joue à cache-cache. Non sans perversité. Je lui avais confié mon numéro de téléphone portable dans un ultime courriel : quelle ne fut pas ma surprise, une semaine plus tard, de recevoir un appel d’une communicante de la ville me priant d’assister à une conférence de presse de... Bruno Julliard, sur un tout autre sujet. Était-ce histoire d'afficher que le journaliste ne saurait être un producteur indépendant d’informations, mais le simple relais d’une propagande, sonné en fonction de l’agenda du seul émetteur ? Toujours est-il que Bruno Julliard se terre, imité par Noël Corbin, directeur de la Dac (direction des affaires culturelles), copié par les deux inspecteurs de la musique de la ville et singé par les dix-sept directeurs ou directrices des conservatoires municipaux. Ce petit monde sabote toute polyphonie, pour ensuite accuser le journaliste de n’avoir point respecté le contradictoire dans son article à charge.

Ayant un enfant élève au conservatoire, j’ai pu, de fil en aiguille, tisser des liens de confiance avec des dizaines de musiciens et de fonctionnaires sur les deux rives de la Seine, qui se confient mais toujours dans la peur, redoutant d’être débusqués malgré l’anonymat que je leur garantis. Les SMS pleuvent après chaque entretien : « J’ai des heures supplémentaires, je préfère ne pas les perdre »« Ils sont tellement méchants et redoutables, vous n’imaginez par leur crapulerie »« Rien de ce que j’ai dit ne doit permettre de retrouver mon nom, sinon je peux dire adieu à mon poste, ce sera immédiat », etc.

L'identité de Sonia K. a été entièrement modifiée.