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Perturbateurs endocriniens: L’UE à l’écoute des industriels de la chimie
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
« Toute substance active utilisée dans les pesticides identifiée comme perturbateur endocrinien pour les personnes ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché. » Après des années de tergiversations, les membres du comité technique de l’Union européenne veulent nous faire croire à une victoire. Et pourtant…
Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques capables d’agir sur le système hormonal et de provoquer des dysfonctionnements comme l’obésité ou l’infertilité, des malformations congénitales ou des retards de développement. Ils se nichent dans les pesticides, mais aussi dans des produits de la vie quotidienne, comme les cosmétiques, les produits alimentaires, voire même les jouets.
Retour sur un échec pour la santé et l’environnement
Pour réussir à les identifier, des études les classent en trois catégories selon le risque : « suspecté », « présumé » ou « avéré ». Or le texte adopté mardi 4 juillet par l’UE n’a retenu dans sa définition que les produits pour lesquels le risque est « présumé » ou « avéré ». Exit donc les produits simplement « suspectés ».
En outre, pour certaines substances, comme les pesticides, seul un effet sur des insectes a été constaté et non sur d’autres animaux. Donc, sous la pression des puissants fabricants de pesticides (Bayer et BASF), l’Allemagne a introduit une clause excluant de la réglementation les perturbateurs endocriniens où le risque n’a été constaté que pour les insectes.
Le texte est contraire au principe de précaution
Pour les scientifiques et les ONG (dont la Fondation Hulot !), le texte est trop laxiste et contredit le principe de précaution. « Les critères votés aujourd’hui (...) requièrent un niveau tellement élevé de preuve (de la toxicité des substances chimiques) qu’ils ne protègeront ni les humains ni la nature », a ainsi déclaré Genon K. Jensen, représentant de EDC-Free Europe (coalition de plus de 70 organisations).
« Nous regrettons que la Commission n’ait pas écouté la grande inquiétude du Danemark, de la Suède et d’autres, soulignant que les critères proposés exigent, pour pouvoir identifier un perturbateur endocrinien, un niveau de preuve jamais exigé jusqu’à présent pour d’autres substances problématiques comme les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques » précise de son côté la ministre suédoise de l’Environnement.
L’UE accouche d’une souris, Hulot applaudit !
La France, qui avait jugé insuffisant le même texte en mai dernier, a finalement voté pour, abandonnant la Suède, le Danemark et six autres États, dans le combat mené depuis des années contre les critères proposés par l’UE. Revirement spectaculaire !
Le ministre Hulot prétend qu’il pourra toujours interdire unilatéralement certaines substances sur le territoire par des mesures « complémentaires ». Lesquelles ? Comment ? Mystère ! Si Hulot l’enfumeur est en marche arrière, le NPA ira de l’avant dans les luttes pour défendre nos vies et notre environnement.
Commission nationale écologie




