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Migrants à Paris: la police aurait empêché la distribution de petits-déjeuners
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Au lendemain d’une nouvelle évacuation du campement de migrants de la Porte de la Chapelle les associations Solidarité migrants Wilson et Utopia 56 n’ont pas pu distribuer de petit-déjeuner samedi matin.
Comme tous les matins, Anne-Marie Bredin, responsable de l’association Solidarité migrants Wilson, se rend, samedi 19 août, au camp de Porte de la Chapelle pour la distribution du petit-déjeuner de dix heures à midi. « Presque 60 personnes sont à nouveau à Porte de la Chapelle alors que l’évacuation a eu lieu vendredi matin » affirme-t-elle. Avec quatre autres bénévoles, ils ont préparé dans un local prêté par la Mairie de Paris du thé, café et victuailles à partager avec les nouveaux arrivants dans le camp.
« Lors de l’installation, cinq ou six CRS nous ont interdit de distribuer. Ils ont pris nos pièces d’identité pour noter nos noms », explique-t-elle. Vendredi, plus de 300 policiers étaient mobilisés pour le démantèlement du camp et les associations Solidarité migrants Wilson et Utopia 56 ont quand même pu donner aux migrants de quoi se nourrir.
Hassan, bénévole qui fait le tour des boulangeries quotidiennement pour approvisionner les collectifs, a été menacé de verbalisation. À l’arrêt sur la chaussée, les forces de l’ordre ont relevé sa plaque d’immatriculation. « Nous sommes révoltés, Paris devient comme Calais, c’est un délit de solidarité, alors que nous ne sommes pas des passeurs. Des personnes ont couru vers nous ce matin pour boire de l’eau. Même lorsque j’ai voulu donner des briques de lait en sortant de nos locaux, on m’a réprimandé » raconte la responsable de Solidarité migrants Wilson.
Une situation que n’explique pas la préfecture de Paris, contactée par Le Monde : « Nous n’avons donné aucune consigne donnant pour ordre d’interdire la distribution des associations. La pertinence de poursuivre la distribution à cet endroit est moindre puisque les migrants de Porte de la Chapelle sont partis mais rien n’empêche les associations de continuer. La seule raison pour laquelle les forces de l’ordre peuvent intervenir est l’occupation indue de l’espace public avec du matériel imposant. »
Malgré les heurts de ce matin, les collectifs d’aide aux migrants restent présents à Porte de la Chapelle. « Je comprends qu’on ne veuille pas attirer plus de monde ici mais nous savons tous très bien qu’il y a déjà des migrants à nouveau dans le camp et qu’il y en aura encore de nouveaux », affirme Anne-Marie Bredin.




