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Catalogne

Brève publiée le 13 novembre 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://npaherault.blogspot.fr/2017/11/catalunya-infos-en-continu-les-comites.html

Lire ci-dessous :  
Carles Puigdemont cherche à casser l'image qu'il serait jusqu'auboutiste !

La solidarité du NPA à Barcelone samedi dernier 

Sachez d’abord que les consignes des organisateurs de la manifestation-rassemblement, ANC et Omnium, étaient de ne pas « afficher » son appartenance politique, de porter le « llaç groc » (le ruban jaune), symbole de l’exigence de la libération des prisonnier-e-s politiques, et de ne brandir que les drapeaux catalans, dans ses trois versions, catalaniste (bandes rouges et jaunes sans signe particulier), républicaine (étoile bleue), révolutionnaire (étoile rouge). 

Au prime étonnement de voir nos drapeaux rouges du NPA, n’ont pourtant suivi que des « merci », « gràcies » et « gracias » et des « Visca Repùblica catalana »… Personne ne nous a demandé de plier nos oriflammes. Comme personne ne nous a demandé de remballer nos tracts et affichettes, rédigés en français, catalan et castillan (voir les pièces jointes). Au contraire, nombreuses et nombreux furent les manifestant-e-s – à venir nous les réclamer. Cliquer ici  


Carles Puigdemont cherche à casser l'image qu'il serait jusqu'auboutiste ! 
 

On l'avait vu hésiter, jouer la montre, proclamer une indépendance qu'il suspendaitquelques secondes après, appeler à des législatives pour bloquer l'application du 155 et finalement se résoudre à ce qui apparaissait l'inéluctable, proclamer..., non, laisser que le parlement catalan proclame l'indépendance. Et malgré tous ces atermoiements, peut-être à cause de sa rocambolesque sortie vers une sorte d'exil belge qui ne dit pas (encore) son nom, le voilà affublé contradictoirement du qualificatif de couard abandonnant  son Govern à la vindicte judiciaire espagnole et de celui d'extrémiste indépendantiste, la "senyera estelada" entre les dents. 

Ignorant la première attaque car trop caricaturalement insultante, le voilà qui s 'attelle à désactiver la deuxième. Il s'est pour cela livré à une longue entrevue avec un journaliste du Soir belge auquel il a déclaré sans ambages, adoptant délibérément la posture de l'antihéros fièrement campé sur des convictions à large spectre de mobilité, qu'"une autre solution que l'indépendance est possible" ! 

Il a insisté que son passé plaidait dans le sens de cette déclaration : il a toujours été partisan de trouver un accord et, en conséquence, il se dit "toujours disposé à accepter la réalité d'une autre relation (que l'indépendance) avec l'Espagne". Il précise "(Une autre solution) est toujours possible. J'ai travaillé 30 ans à obtenir une autre insertion de Catalunya dans l'Espagne", en en profitant pour accuser l'ancien président du gouvernement, membre du PP, José María Aznar et son successeur, par dessus un intervalle de gouvernement socialiste, Mariano Rajoy, d'avoir bloqué les avancées vers cette nouvelle "insertion".

Le tournant régressif, "l'origine de tout", avait été, a-t-il insisté, "l’invalidation en 2010 du statut d’autonomie qui avait été adopté par les parlements catalan et espagnol ! Vous savez combien de députés indépendantistes il y avait à ce moment-là au parlement catalan ? 14 sur 135 ! Ils sont devenus 72. Le responsable de la poussée indépendantiste, c’est d’abord le Parti populaire. » Lire ici et ici

Remarques (Antoine)

Cette entrevue confirme ce qu'écrit Josep Maria Antentas : "L’explication des limites montrées par le gouvernement catalan à l’heure de vérité doit être cherchée dans sa nature, sa composition de classe et sa culture politique. Le PDeCAT [Parti Démocrate européen CATALAN, le parti de l’ex President Carles Puigdemont] est un parti néolibéral qui s’est vu poussé dans la voie de l’indépendantisme parce qu’il n’avait pas d’alternative. Beaucoup de ses cadres sont devenus indépendantistes et d’autres, comme Puigdemont, l’ont toujours été. Mais c’est un parti de l’ordre et dont la base sociale est conservatrice, goûtant peu les ruptures et les changements brusques, par nature pragmatique et gradualiste, lié au monde économique (bien que ses liens avec le grand capital se soient ressentis de sa dérive indépendantiste) et vulnérable aux pressions, méfiant vis-à-vis de la mobilisation populaire." (Catalogne : projet de République ou République imaginaire ?)

Tout ce qu'a fait et dit Carles Puigdemont le montre en effet plus porté par les événements que porteur d'orientations claires, toutes tactiques que l'on voudra, mais tendues vers l'objectif fixé. Il ne s'agit pas ici de crier à la trahison, on peut même créditer le personnage d'avoir accepté, en quelque sorte, contre lui-même, d'être le médium vers une indépendance qui s'orientait inéluctablement vers un affrontement radical avec l'Etat espagnol répugnant à son modérantisme de fond, c'est-à-dire de droite.

Il tient, en somme, un rôle qui n'est pas exactement fait pour lui et qui l'a obligé à s'exiler et l'expose à être, tôt ou tard, condamné à de lourdes peines d'emprisonnements. Et l'on peut comprendre que des milliers, voire des millions, de Catalan-es lui portent un grand respect, comme cela s'est confirmé à la manifestation de samedi à Barcelone : l'un des slogans parmi les plus repris était en effet "Puigdemont, notre Président" !

Il n'en reste pas moins que, du point de vue, de la définition stratégique du mouvement, la plus grande sévérité est de mise à l'encontre de sa personne mais surtout de l'ensemble de la direction majoritaire du "processus" : comme d'ailleurs l'a reconnu une "consellera" (ministre du Govern) de l'ERC (Clara Posantí, relayée ensuite par le porte-parole de son parti. Lire ici), il y a déjà le problème de la véritable impréparation, par le Govern, dans l'organisation dudit processus. Impréparation visible dès l'après-référendum et le grève générale/grève de pays qui l'ont suivi. Aucune logique d'occupation de la rue n'a en effet affirmée, laissant ainsi place nette à la droite, au gouvernement, à Ciudadanos et au PSOE, et même à l'extrême droite, leur permettantde faire la démonstration que la rue était à eux. Ce n'est que tardivement, le 21 octobre, qu'une manifestation pour la libération des Jordis a commencé à regagner le terrain perdu, sans qu'il ne soit jamais vraiment possible de le rattraper...jusqu'à samedi dernier, enfin ! Mais avec plus de questions que de réponses pour aller plus loin...

La véritable question n'est donc pas, ou pas seulement ni essentiellement, Puigdemontqui, pour parler abruptement, a donné le plus qu'il pouvait donner pour l'indépendance.La question est celle de la gauche, de ses divisions, elles-mêmes liées à des différences stratégiques et à une difficulté à dégager une voie vers l'indépendance se donnant les moyens de sa radicalité. Il ne s'agit pas là non plus, évidemment, de cibler méchamment la CUP par exemple, sans qui, rien de ce qui a été fait pour faire avancer le "processus" n'aurait été possible (nous serions plus sévère envers Catalunya en Comú ou, encore plus pour un Podemos, épurateur de son Podem, confirmant comme jamais sa totale indisponibilité à travailler pour la rupture et l'alternative au système, au régime. Lire ci-dessous).

Sans plus entrer dans le débat nécessaire et éminemment difficile à mener au coeur des événements, nous dirons seulement que la gauche d'alternative, autour de la CUP oud'Anticapitalistes et quelques autres, n'a rien à gagner à faire de Puigdemont le bouc émissaire de ce qui relève essentiellement de la combinaison des limites politiques propres de ladite gauche et de la non-disponibilité des secteurs majoritaires de la population catalane, dans l'instant, à aller trop au-delà de ce qu'un Puigdemont leur dessine comme étant le possible ! Etant entendu qu'il s'agit là d'un état des lieux pouvant évoluer très vite, peut-être être bouleversé par l'émergence de possibles inattendus et exigeant que l'on soit prêt à les exploiter. Sans attendre que Puigdemont suive !

La bataille des chiffres sur la manifestation de Barcelone : de 1 million à 1 million et demi et non 750 000 ! 


 Vidéo (désolé pour la pub) en cliquant ici

Tous les médias ont relayé (nous aussi ne disposant pas de plus d'information) que ce sont 750 000 personnes qui avaient défilé pour la libération des prisonniers politiques et pour la république indépendante de Catalogne. Une étude sérieuse situe le chiffre sur un tout autre ordre de grandeur. Voici ce qu'en dit notre camarade Pierre G de Toulouse, présent à cette manifestation avec une délégation du NPA.
 

Les chiffres, à Barcelone comme à Paris, sont toujours sujets à controverse politique. Ça n’a pas raté cette fois-ci encore. Les grandes agences de presse internationale se sont empressées, dès 18 heures, d’annoncer 750 000 participants, le décompte officiel de la Guarda Urbana, alors qu’un bon tiers des manifestants faisaient toujours du surplace dans les rues adjacentes à celle de la Marina avant de pouvoir remonter jusqu’au podium central au carrefour de Salvador d’Espriu, soit 3,3 kilomètres d’une Marina pleine à craquer.

Pour se faire une idée la plus proche possible de la réalité de la mobilisation, lire l’article d’Antoni Morell, journaliste de VilaWeb, qui a procédé à une « étude fondée sur la surface occupée par la grande manifestation pour la libération des prisonniers politiques » (https://www.vilaweb.cat/noticies/fent-els-numeros-de-dissabte-en-qualsevol-cas-mes-dun-milio-llarg-de-manifestants/). Il en conclut, pour une surface d’environ 1 250 000 m2, que ce sont 1 million à 1 500 000 personnes qui se sont rassemblées samedi à Barcelone, selon que l’on compte 4, 5 ou 6 manifestants au mètre carré.

La polémique sur les chiffres n’est pas neutre. L’ANC et Omnium ayant annoncé, avant la manifestation, que leur objectif était d’atteindre, voire de dépasser celui du million de la Diada du 11 septembre de cette année, il n’est évidemment pas indifférent de savoir s’il a été atteint. 

Pour nous autres, la vingtaine d’« anticapitalistes de France », venu-e-s de Toulouse, Perpignan, Montpellier, Avignon, Marseille et Paris, nous pouvons témoigner que c’est Antoni Morell qui est dans le vrai et pas la Guarda Urbana et les médias espagnolistes qui l’ont relayée.