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Allemagne: un chômeur sanctionné... pour avoir mendié dans la rue
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Un homme au chômage depuis 12 ans a vu ses allocations réduites de moitié, car il faisait la manche.
En Allemagne, entre chômage et mendicité, il faut choisir. Un habitant de la ville de Dortmund se tenant régulièrement dans la rue pour mendier a ainsi vu le montant de ses allocations réduit de 300 euros. Le motif ? La mendicité est considérée comme "une collecte de dons privée" et donc (sans rire) comme un vrai travail, aux yeux de l'administration allemande.
Dans un reportage de France 2, Michael Hansen, au chômage depuis 12 ans raconte avoir besoin de "faire la manche" pour "finir le mois". Car Michael ne touche que 760 euros par mois. Une somme "insuffisante" pour lui et sa femme, explique-t-il. Un jour, alors qu'il faisait la manche, une employée du Jobcenter, le Pôle emploi allemand, le reconnaît. Quelques jours plus tard, Michael reçoit un courrier l'informant que puisqu'il se tient régulièrement dans la rue pour procéder "à une collecte de dons privés", le montant de ses allocations a été réduit de moitié.
La lettre n'a rien d'une mauvaise blague. Car le Jobcenter a motivé cette décision par un calcul aussi cynique que précis : à 10 euros en moyenne par journée de manche, trente jours d'activité par mois lui permettraient de toucher cette somme.
"Ils veulent aussi que j'ai un carnet pour donner des quittances aux gens et que je déclare cette activité", explique Michael dans le reportage.
Des allocations réduites de... 90 euros
Car oui, pourquoi le contribuable allemand verserait le moindre centime à Michael quand il peut très bien se débrouiller tout seul ? Face à une telle ineptie, son avocate, maître Juliane Meuter, a obtenu que les allocations ne soient réduites que... de 90 euros. L'avocate a expliqué que son client ne gagnerait en moyenne que 6 euros par jour, et seulement vingt jours par mois. Ce qui fait 120 euros, moins 30 euros au titre de l’exonération pour les dons, soit 90 euros, détaille "Le Monde".
Une timide victoire face à l'absurdité d'une telle démarche. L'avocate souligne au micro de France 2 le fait que son client n'a "jamais contesté qu'il faisait la manche".
"Il reçoit de l'argent bien sûr mais ce qu'on lui fait, j'appelle cela du harcèlement."
De son côté, l'administration allemande ne fléchit pas. Au contraire, le Jobcenter a une nouvelle fois exigé de Michael Hansen un décompte exact de ses "revenus" ainsi qu'une projection pour les douze prochains mois. Enfin, comble de l'élégance, il a également été invité à se rendre au bureau du commerce afin de déterminer si son activité relevait du "travail indépendant". Car s’il continue de faire la manche, Michael risque de perdre toutes ses allocations. Esprit de Noël, es-tu là ?




