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Entre le gouvernement et l’Insee passe d’armes à propos du pouvoir d’achat
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, « conteste formellement l'étude de l'Insee » publiée mardi. Dans celle-ci, l'Insee estimait que les mesures fiscales du budget 2018 « augmenteraient les prélèvements obligatoires sur les ménages d'environ 4,5 milliards d'euros ».
C'est la polémique économique du jour. Le gouvernement n'est pas content des calculs faits par l'Insee dans sa note de conjoncture publiée mardi et a tenu à le faire savoir. Les économistes de l'Insee estiment qu'en 2018, les hausses et les baisses d'impôts et de taxes prévues par le budget 2018 « augmenteraient les prélèvements obligatoires sur les ménages d'environ 4,5 milliards d'euros, ce qui ôterait - 0,3 point à l'évolution du pouvoir d'achat ». La réponse ne s'est pas fait attendre. Lors du compte rendu du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a « contesté formellement l'étude de l'Insee pour une raison très simple : le raisonnement est fait à consommation équivalente, or la fiscalité indirecte notamment sur le tabac et sur le diesel a pour vocation de changer les comportements ».
Les règles de la comptabilité nationale
L'argument du gouvernement est tout à fait recevable : l'Insee n'a pas intégré dans ses calculs d'évolution de la consommation. L'institut le reconnaît d'ailleurs dans un communiqué publié dans la foulée des déclarations de Benjamin Griveaux.
Dans sa note de conjoncture, l'Insee se place dans une optique ayant ses règles propres, celles de la comptabilité nationale. Or, estimer l'impact des mesures fiscales prises par un gouvernement sur le pouvoir d'achat des ménages d'une année sur l'autre suppose de raisonner à consommation constante, sans quoi la comparaison entre 2018 et 2017 n'est pas valable. Ensuite, la maladresse de l'Insee est d'avoir utilisé le terme « prélèvements obligatoires » car dans les faits, les économistes n'ont pas cherché à estimer l'impact des mesures fiscales sur les recettes de l'Etat.
Les nouvelles dépenses pas prises en compte
Enfin, l'étude de l'Insee ne porte que sur l'évolution des taxes et impôts, pas sur les mesures redonnant du pouvoir d'achat aux ménages via une augmentation des dépenses. L'institut statistique donne l'exemple de la compensation de la hausse de CSG pour les fonctionnaires. Celle-ci prendra la forme de hausses de salaire brut, « et qui participent au revenu des ménages sans figurer, par définition, parmi les mesures en prélèvements obligatoires ». Ainsi, quand Benjamin Griveaux déclare que « la note de l'Insee ne prend pas en considération l'augmentation de la prime d'activité de 20 euros par mois dès le mois d'octobre, la revalorisation du mode de garde de 30 % dès le mois d'octobre, l'augmentation du minimum vieillesse dès le mois d'avril », il a raison. Le problème, c'est que l'Insee et le gouvernement ne parlent pas de la même chose.




