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Italie : Après l’assemblée de "Potere al popolo" (Pouvoir au peuple)
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article42724
Un article sur la réunion nationale du 17 décembre 2017, à Rome, en vue de présenter une liste pour les élections législatives du printemps 2018. On peut lire en ligne le manifeste de « Popolo al potere ».
Potere al popolo : il y avait encore plus de monde, cette fois. Plus que les 800 qui étaient venus au Théâtre Italia il y a vingt-neuf jours. Plus de mille, cette fois, qui remplissaient L’ambra Jovinelli après avoir tenu environ quatre-vingts assemblées locales dont les images, agrandies, défilaient sur un écran géant, derrière la tribune. Sur les gradins, on pouvait aussi voir les banderoles en plusieurs langues de la manifestation de la veille.
Potere al popolo est devenu, entre temps, le nom de la liste. Il y a un logo, maintenant, essentiel, avec ses demi-lunes rouges et cette étoile de guingois et rouge comme si elle avait été dessinée sur un mur, très vite, pendant une journée de lutte. Le Programme et l’affiche circulent déjà sur le Net. Le programme est crédible, radical, radicalement réformiste mais il réussit à remettre en tête des mots qui semblaient désuets et qui ont été prononcés par de nombreux orateurs : révolution, passion et même peuple dans son acception de monde des humbles, des exclus, des exploités, sans l’ambiguïté du grillisme ni de toutes les sortes de populismes. Pour les candidats, cela sera dit à la fin, c’est au niveau local que seront composées les listes avant le rush final de la recherche des signatures. En attendant, y compris pour briser la conjuration du silence de la presse bien pensante, la liste fera déjà une apparition le 26 décembre : une distribution de tracts devant les centres commerciaux ouverts.
L’assemblée de Rome visait à donner de l’élan aux militants et activistes venus d’un peu partout, beaucoup d’entre eux étant restés en ville après la manifestation Diritti per tutti (des droits pour tous). Et c’est ce qui s’est passé. Il fallait officialiser les résultats d’un travail de constitution et de socialisation qui, en quatre semaines, a changé le paysage à gauche après l’euthanasie du parcours, par ailleurs peu exaltant et ambigu, depuis le début, du Brancaccio, pour que puisse naître la liste Grasso « gonflée » par Repubblica et manifesto, comme un soi-disant antidote au Pd.
En examinant attentivement ce théâtre on s’aperçoit « qu’il y a de la méthode dans cette folie », pour reprendre les paroles d’Eleanora Forenza, l’eurodéputée Prc/ Altra Europa. Il s’agit en somme d’une cérémonie dont l’importance est le passage de témoin par des générations d’une gauche qui a connu des victoires et des défaites, aux nouvelles générations. C’est Haidi Giuliani, la maman de Carlo mais aussi une ex-députée du Prc au temps du second Prodi, qui a ouvert la réunion, suivie par l’adhésion passionnée de Nicoletta Dosio, représentante historique du mouvement No Tav qui intervient après les saluts des invités internationaux (Moreneo, de Podemos, Amard, de France Insoumise et Maite Mola de Izquierda Unida). « Cela ne ressemble pas vraiment à une assemblée électorale », observe la professeure de grec à la retraite venue de la Valle qui continue à résister. De nombreuses voix, avant et après, expliqueront que cette histoire ne s’achèvera pas avec les élections, que ce qui fait irruption sera de longue durée de façon à ne pas laisser la gauche entre les mains des auteurs du massacre social des ces vingt dernières années et à rompre avec la période du néolibéralisme qui « a enseigné au peuple à se détester lui-même » : Giorgio Cremaschi, d’Eurostop, Mauricio Acerbo, secrétaire du Prc, l’homologue du Pci, Mauricio Alboresi, Franco Turigliatto de Sinistra Anticapitalista.
« Nous sommes en train de faire ce qui est juste – a dit Turigliatto – c’était nécessaire du point de vue social et du point de vue politique : il aurait été dramatique que la supposée reconstruction de la gauche vienne de personnages comme D’Alema et Bersani qui sont précisément notre problème. Ce sont ceux qui ont créé les conditions de la défaite du mouvement des travailleurs et qui l’ont accompagnée, ceux qui ont imposé le jobs act, aboli l’article 18. La manifestation d’hier a démontré que l’on peut reconstruire l’unité des exploités et de ce qui est le nouveau prolétariat migrant. L’enjeu est l’unité au-delà des frontières. L’enjeu est de dire ça suffit avec les délégations, seules les luttes des classes subalternes peuvent obtenir des résultats. Nous voulons construire un nouveau mouvement de masse qui soit l’acteur du changement. La construction de l’unité est aussi la construction de l’unité entre les générations. Le problème c’est que c’est la mise en valeur du capital qui domine et qu’il ne faut attendre aucun nouvel âge d’or ; nous devons réactiver la « vieille » lutte de classe parce que nos vies doivent valoir mieux que leurs profits. »
A la tribune, encore une fois, deux femmes de je so’pazz, le centre social napolitain qu’a occupé l’ex-Opg et qui, après l’euthanasie du Brancaccio, a rempli et élargi l’espace que le Mdp, Si e Possibile auraient voulu occuper entièrement et réduire au silence.
Alternent au micro, à égale dignité, les voix des luttes, les témoignages des regroupements locaux – de Lampedusa à la Vallée de Suza, de la Thyssenkrupp à Almaviva - et les visages les plus connus des organisations politiques. On entendra l’écrivain Christian Raimo, qui mène une enquête sur les étudiants et la politique et le parterre sera enflammé par Francesca Fornario, auteure satirique populaire qui, désormais, fréquente régulièrement Potere al Popolo. Elle connaît beaucoup de femmes qui « ont été amoureuses de Giovanni mais qui, ensuite, ont épousé Giovanni ». Maintenant, le temps est venu de ne pas épouser Giovanni, d’être « là où le cœur bat ».
« Nous avons tous ensemble accepté le défi – commente pour finir je so’ pazzo – et nous le relèverons ensemble, jusqu’au bout. Parce que même s’il est vrai que nous n’avons pas d’argent et que nous n’avons pas de noms célèbres, que, pour le moment, on ne parle pas de nous dans les journaux et que la télévision nous ignore, nous avons quelque chose d’unique. Nous avons la certitude de pouvoir compter sur chacun de nous, parce que nous ne remplissons pas les théâtres, les cercles et les rues avec des bus payés d’avance et des personnages connus. Chacun de nous, et déjà nous sommes des milliers, est libre de tout intérêt et de toute peur. Nous affronterons cette bataille avec les armes qui sont les nôtres et que nos ennemis ne peuvent pas neutraliser. Maison par maison, université par université, sur les lieux de travail, dans les luttes et dans toutes les provinces nous continuerons à porter les idées pour lesquelles nous nous battons. Et elles sont simples, au-delà des termes techniques des programmes sans fin, et ce sont celles qui nous unissent tous : travailler sans être exploités, ne pas être obligés d’émigrer et vivre dans des territoires qui soient ni exploités ni abîmés. Parce qu’il s’agit d’une folie qui a commencé avec ces élections mais qui ne s’arrêtera pas un jour de mars avec un résultat en pourcentage ; ils comprendront vraiment que nous sommes tellement fous que nous continuerons jusqu’à la victoire ».
Sinistra Anticapitalista




