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Universités : Le mouvement s’installe-t-il?
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https://www.franceinter.fr/societe/universites-le-mouvement-s-installe-t-il
Des affrontements sur le site Tolbiac de l'Université Paris I ont abouti à la mise en garde à vue de 6 personnes.

Le site Tolbiac de l'université Paris I à Paris est occupée depuis le 26 mars 2018 © AFP / CHRISTOPHE SIMON
Six personnes ont été interpellées et placées en garde à vue après des échauffourées devant la faculté parisienne de Tolbiac déclenchées par des jeunes casqués qui ont lancé des projectiles contre des étudiants occupant le site. Il s'agit d'un petit groupe d'extrême-droite aurait tenté de pénétrer dans les locaux de la faculté, occupée depuis quelques jours. Ces échauffourées ont duré moins de 15 minutes et n'ont pas fait de blessé.
Entre 20 et 30 personnes anti-blocage se sont présentées devant le centre Tolbiac-Pierre-Mendès-France, avec des bâtons, des battes de base-ball et des fumigène. "Beaucoup d'étudiants et d'étudiantes ont été choqués par cette situation. L'université condamne très fermement ces actes de violence venus de l'extérieur et regrette la situation au site Pierre-Mendès-France qui dépasse le cadre d'une mobilisation étudiante classique", a dit la présidence de l'université, qui "souhaite un retour à la normale le plus rapidement possible" et se dit "très inquiète".
Depuis le 26 mars, le site de Tolbiac est bloqué par des opposants à la loi sur l'accès à l'enseignement supérieur.
Cette faculté a voté mardi en assemblée générale le "blocage illimité" dans le cadre du mouvement contre la loi sur l'entrée à l'université, accusée par ses opposants d'instaurer un système de sélection. Selon la présidence, ces 300 personnes qui se trouvaient vendredi soir dans la faculté ne seraient cependant pas toutes des étudiants de Paris-1: Mais pour Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d'université, "faire intervenir les forces de l'ordre dans un site où il y a, comme à Tolbiac, une seule entrée, des grilles, risquerait d'envenimer la situation". "Il y a un climat général qu'on sent monter, avec des risques d'affrontement. Notre inquiétude, explique-t-il, c'est que ça se transforme non pas en débat autour de la loi mais en des scènes de violences auxquelles nous ne sommes pas en mesure de répondre", a-t-il poursuivi, précisant cependant que "la majorité des universités sont encore au travail".
Après des mois de faible mobilisation, la contestation contre la loi sur les nouvelles modalités d'accès à la fac a décollé avec le blocage de plusieurs sites universitaires sans déboucher, pour l'instant, sur un mouvement de masse.
Jusqu'à fin mars, la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), portée par la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, n'avait que peu mobilisé. Mais la donne semble avoir changé depuis le violent incident de la nuit du 22 mars à la faculté de droit de Montpellier: l'expulsion, par des hommes cagoulés et armés de bâtons, d'étudiants et de militants qui occupaient un amphithéâtre.
Depuis, le nombre des participants aux AG organisées dans les amphis a nettement augmenté et les blocages ont gagné jusqu'à une dizaine de sites, avec trois universités entièrement bloquées contre une loi accusée d'instaurer un système de "sélection" à la fac.
Toutefois on ne peut pas parler de mouvement de masse, pour l'instant, si on compare au 800 000 étudiants dans la rue en 1986 contre le projet Devaquet et les 300 000 de février 2006 contre le CPE.
Les étudiants iront-ils vers les cheminots ?
Aujourd'hui, une partie des étudiants mobilisés réfléchissent à une coordination avec d'autres mouvements sociaux: les cheminots, mais aussi les postiers ou les ouvriers de Ford-Blanquefort par exemple à Bordeaux, avec pour objectif d'"agréger les mécontentements", note Albert Ogien, directeur de recherches au CNRS.
Le député LFI François Ruffin a proposé mercredi, lors d'un rassemblement auquel participaient des salariés en grève et des étudiants, une grande manifestation nationale le samedi 5 mai.
Si les lycéens sont relativement absents, des professeurs à la fac font, eux, entendre leur voix. Le syndicat Snesup-FSU engage ses sympathisants à ne pas participer aux commission d'examens des dossiers des bacheliers ou à répondre par "oui" à toutes les candidatures déposées par les lycéens.




