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SNCF: l’AG de Paris Nord déborde les bureaucraties syndicales ! Grève à partir du 13 avril !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Libération) Au sein de la gare du Nord, et malgré les instructions nationales, l'assemblée générale intersyndicale des cheminots a voté, ce lundi, le principe de la grève reconductible à partir du 13 avril.
Chaque matin de grève à la gare du Nord, à Paris, on reconnaît les mêmes visages. Peu avant 11 heures, Eric installe les enceintes pour l’assemblée générale. Monique ajuste son discours pendant que Karim, Farid et d’autres militants SUD-Rail échangent avec ceux de la CGT autour d’un café. Ils sont rejoints par des membres de FO débarqués au dernier moment en cortège. Les étudiants de Tolbiac ou Paris-VIII sont présents aussi à chaque fois pour témoigner de leur soutien, chaleureusement accueillis par les cheminots favorables à la «convergence».
Ce lundi matin, au quatrième jour de grève, ils sont nombreux à être présents : «Autour de 200, comme au premier jour», estime Monique à vue d’œil. En plus des têtes connues, de nouvelles sont venues gonfler les rangs, mobilisées par Monique, Eric et d’autres militants jeudi dernier. «On est 18 à avoir fait grève hors calendrier jeudi, on a fait le tour des secteurs pour discuter avec nos collègues», explique l’agente commerciale. Rapidement, elle scrute l’assemblée : «Tout le monde est là, il n’y a pas d’absent.»
«Ultra déterminé»
«Ça fait vachement plaisir de voir autant de monde. Mercredi dernier, tout le monde baissait la tête. Il faut que Macron voit que dans chaque regard aujourd’hui, il y a quelqu’un d’ultra déterminé», plaide l’un d’eux. Depuis la première assemblée générale à la gare du Nord, le 3 avril, un mot revient à chaque fois avec un peu plus d’insistance : «Reconductible.» Et déjà, lors de la précédente AG de dimanche, le calendrier de grève intermittente (deux jours de grève, trois jours travaillés) avait fait débat. Ce lundi matin, après les récentes déclarations d’Edouard Philippe, de Nicolas Hulot et d’Elisabeth Borne, les cheminots n’ont plus que ce mot à la bouche.
«Ils se moquent de nous, il faut y aller une bonne fois pour toutes. Il faut le plier le Macron», lance un des cheminots. Anasse, militant SUD-Rail favorable à la grève reconductible depuis le début de la mobilisation, abonde : «Je vois tous les visages aujourd’hui. Et je sais que demain on sera tous au boulot, et on reviendra vendredi, et on se dira que ça sert à rien de venir samedi parce que c’est le week-end, et on fera des bonds comme ça. Au Bourget et à Austerlitz, ils ont voté le principe d’une grève reconductible tous les jours, il faut qu’on y aille aussi.» Y compris à la CGT, à l’origine du calendrier intermittent, on commence à douter de sa pertinence. L’un des militants : «Je suis CGT, mais je suis pour la reconductible. Pour moi, il faut y aller maintenant, on ne peut pas attendre des semaines comme ça».
Remplacer le «souvenir de 1995»
Pour clore les débats, Monique soumet plusieurs possibilités au vote de l’assemblée. «Qui veut reconduire demain ?» interroge-t-elle. 49 mains se lèvent. «Qui est pour adopter le principe d’une reconduction tous les jours à partir du vendredi 13 ?» 134 mains se lèvent, y compris parmi les militants de la CGT. Avant même la fin du décompte des voix, les cheminots présents se mettent à chanter «ça va péter, ça va péter». Ils le savent, ce qu’ils viennent d’adopter est important : en dépit du calendrier national, l’assemblée générale intersyndicale de gare du Nord votera (ou non), tous les jours, la grève pour le lendemain. «La plus grande gare d’Europe qui fait la grève tous les jours, c’est un symbole. Les autres gares nous suivront. Faire la grève, ça permet de venir en AG, de préparer des actions, plaide Anasse, aiguilleur au Bourget, centre rattaché à la gare du Nord. C’est quelque chose de positif, on met un autre mot d’ordre dans la tête des cheminots. On ne regarde pas au fond de nos poches si on a assez d’argent pour faire grève, on y va. Je n’ai jamais cru que la mobilisation viendrait d’une instruction de SUD-Rail ou de la CGT donnée sur BFM TV, mais des assemblées générales.» Anthony, agent au sein des équipes mobiles de ligne : «Financièrement, on ne vit pas dans le luxe, on ne va pas se cacher. Mais on sait qu’il faut faire ce sacrifice. Il n’est jamais évident de faire grève, mais on sait que ça peut payer.»
Après l’AG, comme au premier jour de grève, les cheminots de gare du Nord défilent dans l’enceinte, avant de s’engouffrer dans le métro. Les militants doivent se rendre au rassemblement sur le parvis des Invalides. Ils en profitent pour clamer dans les rames de la ligne 8 : «Ils sont chauds les cheminots.» Ils chantent, tapent contre les portes et appellent la RATP à les rejoindre. Les agents de la régie leur répondent «tenez bon» en serrant le poing. Face au regard interrogatif de certains touristes, l’un des cheminots s’improvise traducteur : «It is soon the grève générale.» «Bientôt, on ne se souviendra plus de la mobilisation de 1995, mais on parlera de celle de 2018», prophétise plus sérieusement l’un d’eux. A l’AG de la gare Saint-Lazare aussi, le principe de la grève reconductible, tous les jours à partir du 13, a été adopté.




