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Vols annulés : Air France en surchauffe
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://www.anti-k.org/2018/07/31/vols-annules-air-france-en-surchauffe/
(Le Parisien) Faute d’effectifs et d’avions, la compagnie a annulé 240 vols depuis le début de l’été. Du jamais-vu. Ce manque à gagner, cumulé à la grève, va plomber les résultats semestriels.
Apocalyptique ! Voilà comment les salariés d’Air France décrivent l’organisation des vols de la compagnie depuis le début de l’été. Les syndicats ont fait leurs calculs : « Entre le 15 juin et la fin juillet, ce sont plus de 240 vols qui ont été annulés exclusivement à cause de problèmes d’organisation », assure François Di Mino, délégué syndical FO sur le hub de l’aéroport de Roissy (Seine-et-Marne).
« Même si la période estivale est toujours très tendue, c’est du jamais-vu. Un jour c’est un vol qui ne décolle pas faute de pilote, un autre ce sont les hôtesses et les stewards qui manquent à l’appel. Parfois, c’est carrément un avion qui fait défaut. »
Ainsi, toujours selon le syndicat, il n’y a pas un jour de l’été sans annulation. « Le 15 juillet, il y a eu 6 vols annulés, le 21 juillet 21 vols, le 27 juillet 10 vols, énumère pêle-mêle François Di Mino. Et le pire, la plupart du temps ce sont des vols long-courriers ».
Les voyageurs sont excédés
Au sol, les salariés doivent gérer ces centaines de passagers sans avion : « Certains d’entre nous sont au bord du burn-out, alarme Catherine Odinot, délégué FO sur le hub. Il faut trouver des places sur d’autres vols. Mais en cette période, tout est plein. Parfois, nos passagers décollent trois jours plus tard. C’est indigne d’une compagnie comme Air France. »
Résultat, certains voyageurs s’énervent : « Nous sommes insultés, parfois menacés verbalement et même physiquement, regrette François Di Mino. Nous avons dû appeler la PAF (NDLR : Police aux frontières). Des plaintes ont même été déposées par des salariés qui ont été agressés par des voyageurs. »
Même son de cloche du côté des pilotes : « C’est la désorganisation à tous les étages de l’entreprise », dénonce Guillaume Pollard, le président d’Alter, un syndicat de pilotes. « Il n’y a plus de chef à la tête d’Air France et ça se voit », renchérit Yannick Floc’h, vice-président du SNPL, le principal syndicat de pilotes de la compagnie.
Une présidente par intérim
Depuis le début du mois de mai et la démission de Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France KLM, c’est Anne-Marie Couderc, qui assure l’intérim, en attendant la nomination d’un nouveau PDG qui se fait attendre.
« Après plusieurs plans de départs volontaires, nous sommes aujourd’hui en sous-effectif, poursuit Yannick Floc’h. La direction n’a pas anticipé. Conséquences, alors que nos avions sont pleins, que l’activité est en pleine croissance, on va avoir des résultats semestriels en baisse parce que nous n’avons pas les effectifs et les avions nécessaires. C’est du gâchis. » Et le responsable syndical du SNPL de raconter : « En début d’année, la direction a retiré de la flotte trois avions A 340 pour finalement en louer un à Air Belgium pour faire face au surplus d’activité. C’est aberrant. »
Pour FO, preuve de ce manque d’effectif, la direction a diffusé une note interne pour appeler les services administratifs à donner un coup de main à leurs collègues du hub. « Gilles Gateau, directeur des ressources humaines d’Air France, est venu lui-même accueillir les passagers, la semaine dernière », confie François Di Mino, dont le syndicat a déposé un préavis de grève du 28 juillet au 12 août pour dénoncer les conditions de travail.
«Une situation exceptionnelle», selon la compagnie
Une version contestée par la direction d’Air France qui rappelle que la mobilisation des services administratifs pour faire face au surplus d’activité pendant l’été a toujours existé : « Et les membres du comité exécutif donnent l’exemple », indique l’entreprise. Et si la direction ne conteste pas les annulations de vols, elle les relativise : « Il y a mille vols long-courriers par jour chez Air France. 97,7 % ont été assurés en juin et juillet. »
Enfin, si la compagnie reconnaît qu’il y a plus de vols annulés qu’à l’accoutumée, une « situation exceptionnelle », elle renvoie les syndicats à leurs responsabilités : « C’est à cause des quinze jours de grèves pour les augmentations de salaires, explique la direction. Elle a désorganisé la production, notamment la formation des pilotes, qui a pris plus de quinze jours de retard. À cela s’ajoute la grève de la maintenance des avions depuis décembre. Mais la situation s’améliore ».




