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Battue par son compagnon, elle est expulsée à cause du bruit

féminisme

Brève publiée le 14 août 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://www.nouvelobs.com/societe/20180813.OBS0831/battue-par-son-compagnon-elle-est-expulsee-a-cause-du-bruit.html

Lors des scènes de violence de son compagnon, la mère de famille de 37 ans appelait à l'aide sans qu'aucun des voisins ne réagisse.

L'histoire paraît invraisemblable et pourtant… Elodie, une mère de famille de 37 ans, doit quitter son appartement HLM de La Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine, avant le 12 septembre. Selon "le Parisien", ses voisins ne supportaient plus ses cris. Saisi par le bailleur social 3F, le tribunal d'instance de Colombes a ordonné l'expulsion d'Elodie et de sa famille. Sauf que les cris de la trentenaire étaient ceux d'une femme battue.

"Je ne comprends pas qu'on m'expulse avec mes deux enfants à cause de bruits", confie la mère de famille qui assure au "Parisien" qu'aucun de ses voisins n'est venu la voir pour lui en parler ou – mieux – pour lui venir en aide ! Pourtant, les violences de son compagnon ont commencé dès 2016, au moment où le couple s'est installé dans la résidence HLM.

Depuis une fracture au poignet, Elodie se faisait constamment rabaisser par le père de ses deux enfants. "Il me faisait toujours des réflexions pour ça, il disait que j'étais fainéante, menteuse", explique-t-elle. "Il m'a pris mon portable. En fait, il voulait me garder que pour lui."

Deux plaintes pour violences

Les petites réflexions se sont ensuite transformées en violence physique. Une nuit, à 4 heures du matin, son compagnon l'insulte et la frappe au visage. "J'ai appelé à l'aide, personne n'est venu", explique Elodie. Elle porte plainte le 30 mars et revient une seconde fois, un mois plus tard, au commissariat pour des faits similaires. Le père est alors placé en garde à vue et n'est depuis plus revenu au domicile familial.

L'histoire aurait pu s'arrêter là mais le 18 mai, le tribunal convoque le couple à la demande de 3F.

"Nous avons eu de nombreuses plaintes de locataires pour le bruit et des menaces proférées par monsieur contre les résidents et la gardienne", explique le bailleur au "Parisien", qui réclame la résiliation du bail et l'expulsion des locataires.

"Comme monsieur et madame sont tous les deux titulaires du bail, la résiliation s'applique à eux deux."

Le 29 juin, le tribunal d'instance de Colombes donne raison à 3F : Elodie devra partir. "La plainte déposée pour violence conjugale par madame ne fait que corroborer les troubles", écrit même le juge.

La mère de famille a fait appel de la décision. "Le juge décrit une situation de véritable souffrance mais n'en tire aucune conséquence", proteste maître Migueline Rosset, l'avocate d'Elodie .

"Il aurait pu agir avec humanité et renvoyer l'affaire le temps de vérifier que monsieur était effectivement parti du logement pour refuser alors d'expulser."

De son côté, le bailleur social reconnaît qu'Elodie était victime de violences conjugales et affirme travailler actuellement à une solution de relogement.