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Corbyn s’ouvre à un second référendum sur le Brexit
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le leader du Labour se montre prêt à céder à la pression de sa base, réunie en congrès à Liverpool, pour réclamer un nouveau vote.
C'est peut-être un tournant sur la route chaotique du Brexit. Jusqu'à présent fermement opposé à cette idée, Jeremy Corbyn se montre désormais ouvert à un nouveau référendum. Le leader travailliste semble prêt à céder à la pression de la base du Labour, réuni en congrès depuis dimanche jusqu'à mercredi à Liverpool.
Selon un sondage YouGov, 86 % des membres du parti de gauche britannique sont favorables à une nouvelle consultation populaire et 93 % d'entre eux voteraient dans ce cas pour rester dans l'UE
Selon un sondage YouGov publié ce week-end, 86 % des membres du parti de gauche britannique sont favorables à une nouvelle consultation populaire et 93 % d'entre eux voteraient dans ce cas pour rester dans l'Union européenne. Plusieurs dizaines de députés travaillistes soutiennent la campagne pour un «people's vote», défendue par les libéraux démocrates centristes. Parmi eux, Chuka Umunna, élu de Londres, a «un vague sentiment que Jeremy Corbyn va sortir cette surprise de son chapeau lors de son discours et engager le parti à soutenir un vote populaire d'une façon ou d'une autre».
Une centaine de fédérations locales travaillistes réclament aussi que cette question soit débattue à Liverpool. Ce devrait être le cas mardi. «J'adhérerai à ce qui ressortira du congrès», a lâché à contrecœur Corbyn dans une interview au Sunday Mirror, tout en rappelant qu'il «n'appelle pas à un second référendum» - pour l'instant. Son numéro deux, Tom Watson, est plus clair: «Si le parti décide que le peuple doit avoir le dernier mot sur un accord, nous devons respecter le choix de nos membres et nous le soutiendrons.»
Fondamentalement eurosceptique, Jeremy Corbyn avait mollement fait campagne lors du référendum de juin 2016. Le Labour s'est rangé au résultat. Une façon d'éviter de s'aliéner le tiers des électeurs du Labour qui ont voté pour quitter l'Europe. Du coup, Corbyn s'efforce d'éviter le sujet autant que possible.
Mais à six mois de la sortie de l'UE, face aux soubresauts des négociations sous la houlette de Theresa May, le voici rattrapé par sa base. Plusieurs syndicats, soutiens essentiels du Labour, dont la confédération TUC (Trades Union Congress), et des poids lourds du parti comme le maire de Londres, Sadiq Khan, appellent à un second référendum. Le fiasco de May au sommet européen de Salzbourg la semaine dernière précipite ce sentiment que, si les politiques n'y arrivent pas, autant remettre la question entre les mains du peuple. Une telle promesse pourrait de plus rapporter 1,5 million d'électeurs supplémentaires au Labour, en cas d'élections.
Élections anticipées
Tactiquement, Jeremy Corbyn ne fait pas mystère de sa préférence pour une tentative de faire tomber Theresa May au Parlement qui entraînerait de nouvelles élections. Curieusement, Downing Street réfléchirait aussi à la tenue d'élections anticipées pour «sauver le Brexit» et la première ministre au passage, selon le Sunday Times. Un coup de poker risqué, après la débâcle pour les tories du scrutin anticipé de juin 2017. Travaillistes et conservateurs sont au coude-à-coude dans les sondages. Theresa May exclut pour sa part catégoriquement un second référendum et appelle la direction du Labour à ne pas le soutenir.




