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SNCF: offensive de Pépy
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
C'est dans la logique des choses ; pour faire passer sa réforme, le gouvernement avait promis que rien ne changereait pour les cheminots en place : ils conserveraient leur statut, et tout irait bien pour eux.
Bien entendu, une fois le statut détruit pour les nouveaux entrants, Pépy explique qu'on ne peut pas avoir une entreprise à deux vitesses, et donc que le statut doit être "aménagé".
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Le patron du groupe public détaille dans une interview aux « Echos » son projet de nouveau pacte social pour le groupe public. Il entend notamment aménager le statut des cheminots.
A quoi ressemblera le pacte social de la SNCF post-réforme ferroviaire ? Dans une interview aux « Echos », Guillaume Pepy dévoile ses projets : « Il ne peut y avoir de SNCF à deux vitesses, avec les statutaires, d'un côté, et les nouveaux salariés, de l'autre », prévient-il.
Où en êtes-vous dans la mise en pratique de la réforme ferroviaire votée au printemps ?
Nous faisons feu de tout bois. Au 1erjanvier 2020, il faut un nouveau groupe, largement transformé et prêt à fonctionner. Pour la SNCF, ce sera une seconde naissance, comparable à la création de l'entreprise en 1937. Cela réussira grâce à la mobilisation du management et des salariés. Nous le faisons en approfondissant la stratégie actuelle, et avec une double obsession. D'abord, délivrer la promesse faite aux clients pendant la réforme : plus de trains, et des transports de meilleure qualité. Avec un focus particulier sur nos fondamentaux, que sont la sécurité, la régularité et l'information voyageurs. Dans le même temps, il faut être prêt à affronter la concurrence . Dans quinze mois, les premières décisions d'appels d'offres vont tomber. Il faut absolument accélérer notre préparation, même si beaucoup a déjà été fait.
Après la grève historiquement longue de ce printemps, les salariés sont-ils prêts à vous suivre ?
Ils veulent aller de l'avant. Nombre d'entre eux conservent une opinion négative de la réforme , mais maintenant, un nouveau chapitre s'ouvre. Les cheminots veulent des réponses sur leur avenir. Sur ce point, le sujet des compétences est crucial : d'ici à 2026, de 10 à 15 % des 140.000 postes actuels vont disparaître du fait de la digitalisation. D'autres vont naître de la croissance du trafic et des innovations industrielles. Et 35 % des postes vont voir leur contenu changer radicalement. Pour une entreprise industrielle, c'est un choc sans précédent. Les salariés se posent des questions sur le maintien de leur employabilité. Nous leur apporterons des réponses précises.
Que prévoyez-vous ?
Nous allons conduire un programme sans précédent de développement des compétences de près de 1 milliard d'euros. Et nous allons favoriser la mobilité, géographique et professionnelle, à l'intérieur mais aussi à l'extérieur du groupe, pour ceux qui voudront poursuivre un autre projet. Par ailleurs, il ne peut y avoir de SNCF à deux vitesses, avec les statutaires, d'un côté, et les nouveaux salariés, de l'autre. Le nouveau pacte social concernera donc tous les cheminots. Il sera différent d'aujourd'hui, mais pas moins attractif, car sinon, nous aurions un problème de fidélisation et les meilleurs partiraient. Pour cela, nous allons payer plus cher les jeunes qui débutent leur carrière, et des dispositions du statut vont bouger. L'automaticité de la progression professionnelle ne disparaîtra pas, mais elle devra être renégociée avec les partenaires sociaux, afin que les salariés d'aujourd'hui comme ceux de demain soient traités avec équité.
Vous allez donc demander des efforts aux salariés sous statut ?
Oui, car une entreprise à deux vitesses, c'est ingérable. Le futur dispositif sera motivant et attractif pour tous. Et les garanties fondamentales du statut, sur l'emploi, le droit syndical ou encore le régime de retraite, seront préservées, même si la véritable garantie de l'emploi des cheminots repose sur les compétences.




