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Le Giec annonce une catastrophe... Et elle est très en-dessous de la réalité
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
BILLET. Le dernier rapport sur le réchauffement pourrait laisser croire que les 1,5°C sont encore atteignables. Ce qui est très improbable.
Pas facile pour le grand public de s'y retrouver dans ces histoires de réchauffement climatique ! Combien de degrés notre planète va-t-elle prendre ? 1,5°C ? 2°C ? Et, au fait, à partir de quand le processus va-t-il commencer ? Ce qui est terrible, c’est que le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), rendu ce lundi 8 octobre, va contribuer, malgré lui, à embrouiller encore les esprits.
Pourquoi ? Parce que les experts en climatologie réunis à Incheon (Corée du Sud) ont accepté de répondre à une question posée par les décideurs ("policy makers" dans le jargon onusien) lors de la COP21, à Paris, fin 2015 : que se passerait-il si l’humanité était assez responsable pour ne réchauffer l’atmosphère "que" de 1,5°C d’ici à la fin du siècle, plutôt que de 2°C ?
Le rapport utilise 400 pages et des cascades de chiffres pour souligner que 1,5°C serait préférable à 2°C. Bien sûr, ce sera quand même une catastrophe pour les peuples les plus vulnérables aux aléas climatiques, pour les paysages et pour la biodiversité… Mais une catastrophe un peu moins catastrophique.
Des grenouilles dans une casserole
Avec un peu de mauvais esprit, on a quand même envie de penser que les décideurs de la COP21 ne tomberont pas de leur chaise en apprenant cette nouvelle. Et si... ? Et s'ils n'avaient posé la question que pour avoir une aimable réponse, qui pourrait laisser penser que la situation est grave, mais pas désespérée ?
Ce qu'il faut rappeler, c’est que la réalité de ce que va vivre l'humanité n’aura très probablement RIEN À VOIR avec un réchauffement 1,5°C, ni même à 2°C. Pour le moment, dans la "vraie vie", si l’on tient compte des promesses d’efforts énoncés par tous les Etats lors de la COP21, notre planète va prendre 3°C, peut-être 3,5°C d'ici la fin du siècle. Et rappelons que ce ne sont que des promesses !
Comme l’a dit un jour Al Gore, nous, humains, sommes comme des grenouilles. Si vous jetez une grenouille dans une casserole d'eau bouillante, évidemment, elle se débat et, d’un bond, s’échappe du récipient. Mais si vous la placez dans l’eau tiède, et que cette eau se réchauffe petit à petit, elle finira par cuire sans s’en rendre compte de ce qui lui arrive.
Voilà où en est l’humanité : elle a déjà presque accompli la moitié des 2°C fatidiques (ceux au-delà desquels la situation n’est plus modélisable par les scientifiques), mais elle regarde encore le réchauffement comme une mauvaise nouvelle à venir – un pépin qui va lui tomber dessus comme le ciel sur la tête des Gaulois. Pourtant, le climatologue Jean Jouzel l’affirme dans "l’Obs" : il ne nous reste que trois ans avant de pouvoir encore inverser la courbe. Trois ans, autant dire – sans jeu de mots – que c’est cuit.
Bien sûr, il ne faut surtout pas baisser les bras : un sursaut collectif est encore possible, qui permettra peut-être de viser les 2°C, voire moins. Mais on ne peut pas s’empêcher de penser que le dernier rapport du Giec (et les scientifiques qui y ont contribué n'y sont pour rien) sert d'abord à noyer le poisson. Ou plutôt, la grenouille.




