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Le harcèlement sexuel est une pratique généralisée dans les parlements européens
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

« Les parlements européens affichent des niveaux alarmants d’abus et de violence sexuels », affirment dans une étude conjointe rendue publique ce mardi, l’Union interparlementaire et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Selon l’enquête menée par ces deux organisations internationales, 85% des femmes parlementaires ont été victimes de harcèlement au sein des parlements.
C’est une nouvelle contribution fracassante au mouvement Me Too qu’apportent aujourd’hui les deux principales instances internationales qui regroupent les parlements du monde entier : l’Union interparlementaire ( UIP ), l’organisation mondiale des parlements des Etats souverains et la plus ancienne des institutions internationales puisqu’elle a été crée en 1889 - et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ( APCE ), qui réunit des députés de 47 pays européens, bien au delà de la seule Union européenne, puisque des pays comme la Russie, la Suisse, la Turquie ou encore la Norvège, en font partie.
Ces deux organismes ont enquêté de manière approfondie auprès de femmes de 45 pays européens, deux tiers d’entre elles étant des parlementaires, et un tiers faisant partie du personnel parlementaire. D’où il ressort que le harcèlement sexuel dans les milieux politiques, loin d’être limité à quelques cas qui ont fait scandale au cours des dernières années, est une pratique régulière et permanente, qui fait en quelque sorte partie des moeurs parlementaires. L’étude n’y va pas par quatre chemins, parlant de « généralisation du harcèlement à l’encontre des femmes dans les parlements. »
Les rapporteurs confient que « les chiffres qui en ressortent sont beaucoup plus alarmants qu’on ne le pensait, » et selon eux, aucun pays européen n’est à l’abri du harcèlement sexuel dans les milieux parlementaires.
Menaces de mort et de viols
Parmi les femmes interrogées, près de la moitié ( 47% ) ont dit avoir reçu des menaces de mort, de viol ou de violence corporelle, plus des 2/3 ont été la cible de commentaires sexistes concernant leur apparence physique, et un quart d’entre elles ont dit avoir subi des violences sexuelles.
Des violences qui touchent particulièrement les femmes jeunes. Ainsi plus des ¾ ( 76% ) des femmes parlementaires de moins de 40 ans ont subi « des traitements dégradants et des injures, » relayées notamment par les réseaux sociaux, et près de 4 femmes sur 10 ont été victimes de harcèlement sexuel, venant « soit de leurs opposants politiques, soit des collègues de leur propre parti, soit des citoyens ordinaires, » indique le rapport.
Mais les élues ne sont pas les seules à être touchées par ce harcèlement sexuel qui frappe aussi de plein fouet le personnel parlementaire féminin en Europe. Plus de 40% des femmes fonctionnaires parlementaires on expliqué avoir subi des « actes de violence sexuelle » dans le cadre de leur travail, soit deux fois plus que les femmes parlementaires elles-mêmes, signe, selon l’étude, de la vulnérabilité de ces femmes salariées dans le milieu parlementaire ainsi que du pouvoir que s’arrogent les hommes dans ce milieu. « Dans 69% des cas, les auteurs ( de ces actes de violence sexuelle ) étaient des parlementaires masculins, » dénonce le rapport.
L’une des personnes interrogée témoigne : « un parlementaire harcelait une assistante. Lors d’un voyage d’affaires, il a essayé de s’introduire de force dans sa chambre. Il lui envoyait des messages à connotation sexuelle et menaçait de la renvoyer si elle ne cédait pas à ses avances. Elle a eu beau le dénoncer, mais c’est elle qui a dû démissionner, alors que lui gardait son emploi. Et en plus, il est toujours parlementaire. »
Rompre la loi du silence
Selon l’étude menée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et l’UIP, peu de femmes s’élèvent contre ces violences sexuelles. Seulement un peu plus d’une parlementaire sur 5 ayant subi ces agressions l’a signalé. Quant aux membres du personnel parlementaire, pas plus de 6% des victimes se manifestent, sans doute parce qu’il n’existe aucune instance au sein des parlements à laquelle les cas de harcèlement ou de violence sexuelle pourraient être confiés.
« Hélas, cette étude reflète une triste réalité. MeToo n’épargne pas le monde politique », a réagi la présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Liliane Maury Pasquier, ajoutant que « tant que l’inégalité entre les femmes et les hommes persiste, aucune femme n’est à l’abri de la violence et du harcèlement. » Pour la présidente de l’Union interparlementaire, Gabriela Cuevas, l’étude révèle que « le problème du harcèlement sexuel dans les parlements est encore plus grave que ce que nous pensions. »
Le rapport préconise la mise en place, dans les parlements, d’un mécanisme confidentiel de dépôt de plainte et d’enquête, ainsi que le recours à la Convention d’Istanbul, un instrument juridique qui permet de poursuivre en justice les auteurs de violences sexuelles, mais aussi de prévenir et de protéger les victimes.
Il y a un an, le Parlement européen avait également débattu des moyens à mettre en place pour lutter contre le harcèlement sexuel suite à plusieurs affaires de harcèlement au sein du parlement, révélées par la presse. A l’issue de quoi, deux comités consultatifs spéciaux ont été mis en place, l’un pour la prévention, l’autre traitant des plaintes déposées contre les députés.




