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La jeunesse européenne face au risque de pauvreté
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
A l’occasion du Festival des solidarités, du 19 au 21 octobre, à Bruxelles, le Secours populaire, avec l'institut Ipsos, présente un sondage sur la précarité et l'engagement des jeunes européens.
A l’occasion du Festival des solidarités, du 19 au 21 octobre, le Secours populaire français a chargé l’institut Ipsos de réaliser un sondage auprès des jeunes européens afin de mieux comprendre la manière dont ils perçoivent et vivent la précarité au quotidien. Comprendre aussi comment les solidarités s’organisent autour de la question cruciale en ce début du XXIe siècle de l’avenir de l’Europe.
La précarité et ses effets s’installent chez les jeunes européens. Petits jobs, précarité, chômage, privation alimentaire, santé négligée : la nouvelle génération, souvent qualifiée de « sacrifiée » doit fournir d’innombrables efforts pour maintenir un état de survie et redoute la pauvreté. Le Sondage Ipsos-SPF, le confirme : 51 % des jeunes européens ont majoritairement le sentiment que la précarité est en hausse en Europe. Les Français sont 62% à partager ce sentiment. Ils sont 58% à penser que la précarité progresse dans leur pays.
D’importantes disparités sont toutefois notables selon le pays et la conjoncture économique. Les jeunes britanniques sont 68 % à déclarer qu’ils ont le sentiment que la pauvreté a progressé en Grande-Bretagne. Comme le soulignait en mai 2018, le journal The Independent, la combinaison du Brexit et de la politique d’austérité menée depuis dix ans a fait chuté drastiquement le niveau de vie : le revenu des ménages britanniques les plus pauvres s’est effondré en 2017 et selon les projections plus 3 millions d’enfants vivront sous le seuil de pauvreté en 2018-2019 au Royaume-Uni, soit un million de plus qu’en 2010, soit une hausse de pratiquement 50 % en huit ans.
4 jeunes sur 10 ont peur d’être pauvres
Parmi les jeunes interrogés, 40 % estiment qu’ils risquent de connaître la pauvreté dans les prochains mois. Parmi eux, 13 % jugent même le risque « très important ». Les plus inquiets sont les Italiens. Globalement, ce sentiment de fragilité extrême est particulièrement marqué chez les jeunes à la recherche d’un emploi (61%), mais n’épargnent pas les jeunes actifs (42%), notamment quand ils occupent un emploi à temps partiel. Selon l’institut Censis, 5,7 millions de jeunes italiens risquent la pauvreté d’ici 2050.
Se nourrir, se soigner, se déplacer : une galère de chaque jour
Une partie significative des jeunes rencontre déjà des difficultés financières notoires, notamment pour s’alimenter, se soigner ou encore se déplacer. La précarité alimentaire touche de plein fouet les jeunes européens : 42% d’entre eux ont connu au cours de l’année des difficultés financières importantes pour se procurer une alimentation saine et équilibrée. Ces difficultés à se nourrir correctement sont particulièrement soulignées en France 46% et en Grande-Bretagne, 50 %, le pays européen par ailleurs le plus touché par les problèmes de surpoids et d’obésité.

Plus de 4 jeunes sur 10 ont également rencontré des difficultés financières importantes pour accéder à des biens ou des activités culturelles ou de loisirs. Les élèves et les étudiants, souvent à la charge de leurs parents sont un peu moins touchés, sans être pourtant épargnés. Un jeune sur trois a dû mal à se soigner ou à payer son abonnement de transport, surtout pour les jeunes actifs (32%) et les demandeurs d’emploi (31%). Assumer son loyer est aussi source de difficultés financières pour 31% des jeunes. Une proportion d’autant plus notable que beaucoup vivent encore chez leurs parents.
Travailler dur pour étudier
Pour faire face, 82 % des jeunes européens sont dans l’obligation de travailler, que cet emploi prenne la forme d’un temps plein, partiel ou de petits boulots. Les Français sont 55% à avoir un petit boulot. Les étudiants sont eux 72% à devoir bosser pour subvenir à leurs besoins. Là encore, les premières victimes sont les demandeurs d’emploi, mais aussi les jeunes qui travaillent.

Deux jeunes sur trois dépendent de l’aide parentale
Dans un contexte de précarité et d’inégalités sociales, l’entraide familiale demeure un véritable rempart social, un refuge face aux difficultés. Pour subvenir à leurs besoins, 68% des jeunes déclarent demander de l’aide à leurs parents. C’est le cas de 78 % des élèves et étudiants, de 66 % des demandeurs d’emploi, 56% des jeunes actifs. Selon les réponses des sondés, le soutien des proches prend souvent la forme d’un hébergement : un jeune sur deux est logé à titre gratuit. Avec l’inflation du prix du logement dans de nombreux pays de l’Union européenne, et sa part très importante sur les dépenses contraintes au sein d’un ménage, les jeunes peinent à quitter le domicile familial. Quand le logement, l’emploi, la famille sont fragilisés, il est complexe de gagner en autonomie. Le cas de millions de jeunes en Europe.

Une jeunesse éprouvée, mais mobilisée
Alors que les institutions européennes font face à une crise de confiance sans précédent de la part de ses concitoyens, le Vieux-Continent voit impuissant la croissance de la pauvreté et l’impensable montée des mouvements populistes et nationalistes gagnant partout en popularité. Chômage de masse, flexibilité, précarité ont fait des jeunes les victimes d’une crise d’une rare violence. Comme l’exprime le sondage Ipsos-SPF, ils n’échappent nullement aux difficultés. En juin 2018, 16,7 % des jeunes actifs européens étaient sans emploi dans l’Union européenne, soit plus du double de l’ensemble de la population active (7,7%). Pourtant face à ce constat inquiétant, les jeunes gardent remarquablement espoir et se serrent les coudes. La solidarité n’est pas un vain mot. Lors d’une sortie entre amis, ils sont 76% à déclarer avoir déjà payé à un ami moins fortuné une ou plusieurs consommations ou à offrir un ticket d’entrée pour le cinéma… Pour surmonter les difficultés, les 15-25 ans, les digital natives, connectés majoritairement au Web et autres réseaux sociaux, déclarent vouloir davantage de résultats concrets, même minimes. Idéalistes, mais surtout soucieux d’agir efficacement. L’accès au sport et à la culture (41%), la lutte contre les discriminations (33 %) et pour la préservation de l’environnement (39 %) arrivent en tête de leurs préoccupations.
En soutien à la jeunesse, le Secours populaire français et son réseau européen se mobilisent. Le Festival des solidarités qui se tiendra à partir de vendredi 19 octobre, s’inscrit comme un levier de première importance pour proposer des actions concrètes afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités. Mais aussi défendre les valeurs de solidarité, de fraternité et agir afin de développer des actions qui rapprochent les peuples.




