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L’appel à manifester le 17 novembre divise la France insoumise

17novembre France-Insoumise

Brève publiée le 6 novembre 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Monde) Jean-Luc Mélenchon estime que cette " colère " est " juste " et " digne " 

C'est une prise de position qui fait réagir dans les rangs de La France insoumise (LFI). Lors de son meeting à Lille, mardi 30  octobre, Jean-Luc Mélenchon a estimé que la " colère " autour de la hausse du carburant était " juste et digne "" On dit aux gens d'utiliser moins de carburant. (…) Ceux qui utilisent du carburant le font parce qu'ils n'ont pas le choix ! ", a-t-il ainsi affirmé.

Le député des Bouches-du-Rhône a ensuite parlé plus précisément de la mobilisation du 17  novembre. " Ils ont raison de se mettre en colère. Des fachos se sont mis dedans, ce n'est pas bon pour la lutte. Parmi nos amis, certains veulent y aller. Je vais leur dire quoi ? De ne pas y aller ? Ils vont me répondre : “Mais on est fâchés, pas fachos !” D'autres ne veulent pas mettre un pied là où il y a des fachos. Les deux positions se valent en dignité. " Même si, précise-t-il, " les “insoumis” ne vont pas appeler au 17  novembre " pour éviter " toute récupération politique ".

Le même jour, le député LFI de la Somme, François Ruffin, tenait le même discours dans une vidéo. " J'invite nos camarades à comprendre. Il y a un sentiment d'injustice fiscale dans le pays, énonce-t-il. Notre devoir n'est pas de dire : “Ah, il y a des fachos”.(…) Il faut d'abord comprendre avant de juger. "

Cependant, tous les cadres " insoumis " ne partagent pas ces prises de position. Si le constat de " l'injustice fiscale " vis-à-vis des classes moyennes et populaires ne fait pas débat, le fait de participer aux blocages pose problème. D'abord parce que LFI a mis la transition écologique au cœur de son projet (qui prône la fin du diesel). Ensuite, en raison des nombreux appels de l'extrême droite à soutenir le mouvement. La députée LFI de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, a ainsi fait part de son opposition à participer aux " blocages " : " Je ne me vois pas défiler à l'appel de Minute et avec Marine Le Pen ", écrit-elle dans un post Facebook.Plusieurs syndicats (CGT, Solidaires et la CFDT) ont fait savoir qu'ils se désolidarisaient aussi.

Dépasser les clivages

La mobilisation contre la hausse des carburants est en adéquation avec la stratégie de M. Mélenchon, qui veut être le pivot d'une " coalition des colères " dépassant les clivages contre Emmanuel Macron. Mais la théorie du populisme de gauche qui entend " fédérer le peuple " face à " la caste " trouve ici sa limite, aux yeux de certains " insoumis " : comment faire face à l'extrême droite, ennemi déclaré de LFI, qui prétend incarner les mêmes colères ? Comment ne pas faire tomber le populisme de gauche dans la démagogie ?

Pour le politologue Thomas Guénolé, candidat sur la liste LFI aux élections européennes, " il est hors de question de laisser le poujadisme et les néofascistes remplacer la lutte contre l'injustice fiscale ". Il ajoute : " Il ne s'agit pas de courir après les colères mais de les politiser. " L'ancien socialiste Emmanuel Maurel, qui sera colistier de M. Guénolé,abonde : " La gauche ne doit pas mépriser les mobilisations qui ne correspondent pas à l'idée qu'elle se fait des mouvements sociaux traditionnels. "

L'enjeu est de taille pour La France insoumise : parvenir à incarner " la France périphérique ", celle des " invisibles " dont le Rassemblement national a fait son cœur de cible depuis l'accession de Marine Le Pen à sa tête. Quitte à mécontenter en interne.