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Appel à la grève ce lundi dans les écoles, collèges et lycées
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Des écoles maternelles aux lycées, tous les syndicats représentant l'ensemble des personnels de l'Education nationale appellent à la grève ce lundi 12 novembre. Une première depuis 2011 en réaction au budget de l'Education nationale qui prévoit la suppression de plusieurs milliers de postes malgré la poussée démographique dans le secondaire et les besoins criants de soutiens pédagogiques.
Alors que le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer n'a eu de cesse de mettre en avant les créations de postes dans le primaire, présenté comme la priorité de la politique éducative du gouvernement, le budget 2019, dont le volet Éducation nationale sera discuté en plénière mardi à l'Assemblée nationale, prévoit d'en supprimer 2650 dans les collèges et lycées publics, 550 dans le privé et 400 dans l'administration.
A l'inverse, quelque 1800 postes seront créés au primaire. Pour autant, le Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, appelle lui aussi à la grève et s'agace d'"une pseudo-priorité" donnée au primaire, affirmant que les postes créés sont loin de couvrir les besoins nés du dédoublement des classes de CP et CE1 en zone d'éducation prioritaire.
Front commun contre les suppressions de postes
Alors que le budget de l'Education nationale sera en forte augmentation l'année prochaine, Jean-Michel Blanquer évacue la question des postes: "le sujet n'est pas d'avoir 1800 postes de plus ou de moins, mais ce que nous faisons avec".
Les syndicats des fédérations FSU, CFDT et Unsa, dans le primaire (écoles maternelles et élémentaires) et le secondaire (collèges et lycées) appellent donc à la grève, dans le public et le privé, pour réclamer l'annulation de ces suppressions de postes. Les syndicats Éducation nationale d'autres fédérations (CGT, Sud, FO) ont eux aussi lancé un appel à la grève, contre les suppressions de postes mais aussi contre la réforme de l'enseignement professionnel, la réforme du lycée et plus largement contre "la casse du statut général de la fonction publique". Enfin, le syndicat Snalc s'est associé, lui, aux deux plateformes.
"Ce sont deux appels distincts mais au final, tous les syndicats appellent à la grève", avec comme dénominateur commun l'opposition à la suppression de postes dans l'Éducation nationale, résume à l'AFP Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT.
Selon Stéphane Crochet, à la tête du SE-Unsa, c'est bien la première fois depuis 2011 qu'un appel à la grève sur une thématique éducation rassemble toutes les organisations syndicales, de la maternelle au lycée, dans le public et dans le privé. En 2011, les enseignants s'étaient mobilisés contre une réforme des carrières et de l'évaluation des professeurs, mesure qui avait ensuite été supprimée après la victoire de François Hollande à la présidentielle.
Inquiétudes face à la poussée démographique
Le nombre des suppressions de postes peut paraître faible par rapport à la totalité des agents de l'Éducation nationale (environ un million), mais les syndicats s'attendent à ce qu'elles soient suivies d'autres réductions d'effectifs. Emmanuel Macron a indiqué vouloir supprimer 50.000 postes dans la fonction publique d'État d'ici 2022. L'Éducation nationale, qui représente la moitié des effectifs de cette branche de la fonction publique, risque d'être largement mise à contribution, souligne Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat dans le secondaire.
D'autant que l'Education nationale n'est pas épargnée par la baisse du nombre d'emplois aidés. Environ 130.000 parcours emploi compétences (PEC, nouvelle version des contrats aidés) ont été budgétés pour 2019, dont 30.000 pour l'Éducation nationale, contre 200.000 en 2018.
Surtout, les personnels "ne comprennent pas" les réductions d'effectifs dans le secondaire, au regard de la poussée démographique attendue en collège et lycée, souligne Catherine Nave-Bekhti. L'agence des statistiques du ministère de l'Éducation, la Depp, prévoit une hausse de 40.000 élèves à chaque rentrée entre 2019 et 2021.
Et ces suppressions annoncées passent d'autant moins après le mouvement #PasDeVague suscité par le braquage, avec une arme factice, d'une enseignante par un lycéen, au sein d'un établissement de Créteil en octobre, ajoute Frédérique Rolet. Les témoignages d'enseignants, publiés sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #PasDeVague, vont dans le sens d'un renforcement des équipes pédagogiques (enseignants, conseillers principaux d'éducation, mais aussi psychologues, médecins, infirmiers de l'Éducation nationale), et non d'un affaiblissement, avance-t-elle.




