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    Soutien aux gilets jaunes: la France insoumise ne veut pas "se pincer le nez" devant la colère populaire

    Gilets-jaunes

    Brève publiée le 12 novembre 2018

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://www.bfmtv.com/politique/soutien-aux-gilets-jaunes-la-france-insoumise-ne-veut-pas-se-pincer-le-nez-devant-la-colere-populaire-1564807.html

    C'est dit: Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise sont solidaires du mouvement des gilets jaunes et de la journée de protestation du 17 novembre contre la hausse de la taxation sur le carburant. Pour la formation de gauche, il s'agit à la fois de garder le contact avec une opinion animée par une colère vue comme légitime et de bâtir une autre forme d'opposition. 

    Malgré les réserves d'une partie, minoritaire, du mouvement, la France insoumise et ses chefs approuvent la colère d'une large proportion de leurs concitoyens contre la hausse de la taxation sur le carburant et soutiennent la journée de mobilisation du 17 novembre. Certains, comme François Ruffin, ont même annoncé qu'ils y participeraient "à titre personnel".  La chose a pu passer pour contre-intuitive aux yeux de certains observateurs: comment la formation de l'écosocialisme peut-elle se rhabiller d'un gilet jaune? 

    Deux points de vue

    Thomas Guénolé, politologue de formation, à présent candidat insoumis aux élections européennes et coresponsable de l'école de la France insoumise, balaie auprès de BFMTV.com ce lundi l'idée d'une contradiction: "On ne se révolte pas contre la hausse en soi mais contre l’injustice fiscale et l’hypocrisie cynique du gouvernement. On dit qu’il ne faut pas surtaxer les dépenses contraintes mais qu’il faut au contraire une politique de sortie du pétrole".

    Selon ce cadre du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, l'aspect social de l'événement n'a jamais fait débat au sein de la France insoumise:

    "Dès le départ, nous avons estimé qu’augmenter la taxation des dépenses contraintes pèserait lourd dans le budget des plus pauvres, qu’il s’agissait d’une mesure anti-sociale, et que la posture écologiste du gouvernement était un double mensonge: pour l’essentiel, les sommes récoltées n’iront pas financer une politique écologiste et puis, l’écrasante majorité des dépenses en carburant sont contraintes, donc par définition elles ne baisseront pas."

    La gêne s'est en revanche fait sentir aux entournures quand le risque d'une instrumentalisation du mouvement par l'extrême droite a été soulignée en interne. "Il y a eu deux points de vue: certains on dit que puisqu’il y avait des gens d’extrême droite, il était hors de question d’y aller. D’autres, beaucoup plus nombreux, ont dit qu’il était hors de question de laisser l’extrême droite récupérer la chose." Ce dernier courant l'a emporté.

    "Politiser autrement" 

    Pour la France insoumise, l'occasion est belle de diffuser son message tout en conduisant les automobilistes à changer de braquet. Lenny Benbara, proche du populisme de gauche, qui consiste à définir un nouveau clivage entre les élites et l'ensemble des classes moyennes et populaires, et directeur de la publication du site d'information Le Vent se lève, nous livre son analyse: "L’enjeu est de politiser autrement le mouvement, c’est-à-dire de ne pas en faire une simple jacquerie poujadiste anti-impôts mais d’en profiter pour parler d’écologie, aborder l’injustice fiscale."

    Politiser le mouvement, largement plébiscité par la population selon un sondage BVA pour La Tribune, ou se mettre à sa remorque? "Il y a l’idée d’être capable de sentir la société, même s’il ne s’agit pas forcément de la suivre en tout", répond Lenny Benbara. "Il y aurait quelque chose d’absurde à ce qu’une force qui veut unir le peuple et défendre sa cause commence par se pincer le nez devant une colère populaire légitime", appuie Thomas Guénolé. "Nous sommes là pour donner un débouché politique positif à la colère populaire, promouvoir un anti-système constructif", résume ce dernier. 

    Pour Thomas Guénolé, ce processus est la meilleure manière de faire rempart à la montée de l'extrême droite. Lenny Benbara estime même que le 17 novembre la confrontation sociale et politique entre le gouvernement et les manifestants en recouvrira une autre. "C’est une bataille décisive", pose-t-il. "Après les perquisitions, les Insoumis se sont retrouvés mis en danger de perdre leur leadership dans l’opposition à Macron. Le 17 novembre est un terrain de luttes, pas au sens d’une convergence des oppositions mais de lutte entre elles. Il s’agit notamment d’empêcher le Rassemblement national de reprendre la main". 

    "La prochaine étincelle"

    Au-delà d'un simple duel, ou d'une politisation du seul 17 novembre, il faut reconnaître qu'il est peu de cortèges où le parti la France insoumise n'est pas présent. Au risque de laisser l'impression que le mouvement fait feu de tout bois. Thomas Guénolé puise dans la lecture d'un livre publié en 1991 par Jean-Luc Mélenchon, A la conquête du chaos, pour expliquer qu'il ne faut pas y voir une suractivité médiatique, mais une théorie politique. "L’analyse de Jean-Luc Mélenchon c’est que certes, il arrive que le système s’écroule tout seul, comme le décrit le marxisme, mais qu’il est faux de croire qu’il est condamné à s’écrouler sous le poids de ses propres contradictions. Il arrive souvent à rebondir", pointe-t-il, ajoutant que la salut vient parfois d'un événement "improbable et indétectable" ébranlant la machine.

    Il conclut: "C’est pourquoi il faut être comme les scouts, toujours prêts, car on ne sait jamais si la prochaine étincelle ne sera pas la bonne. Par exemple, cette fois-ci, le pays sera peut-être en panne d’essence dans quinze jours. Bien sûr que c’est improbable, mais…."