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Comment les gilets jaunes s’auto-régulent pour éviter les débordements

Gilets-jaunes

Brève publiée le 21 novembre 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/20/comment-les-gilets-jaunes-sauto-regulent-pour-eviter-les-debordements_a_23594794/

Pour ne pas perdre la bataille de l'opinion, les penseurs et organisateurs du mouvement tentent de relayer des sortes de chartes de bonne conduite.

Comment organiser et faire perdurer un mouvement social impulsif né sur les réseaux sociaux? C'est toute la question que doivent se poser les leaders auto-proclamés des gilets jaunes alors que la mobilisation contre la hausse des prix du carburant continue et que le gouvernement durcit le ton face aux débordements.

Vrai succès populaire, les blocages nationaux commencés le samedi 17 novembre sont en effet émaillés de nombreux incidents plus ou moins gravesDeux personnes ont trouvé la mort en marge de ces rassemblements. Depuis, les débordements violents racistes ou homophobes se multiplient, au risque de brouiller les messages portés par le plus grand nombre des gilets jaunes modérés.

Alors pour ne pas perdre la bataille de l'opinion, les penseurs et organisateurs du mouvement tentent tant bien que mal de relayer les bonnes pratiques et les appels à la non violence ainsi qu'au respect des citoyens. Face à un gouvernement intransigeant, les gilets jaunes ont en effet bien conscience qu'ils ne peuvent pas perdre le soutien de la majorité des Français, favorable (pour le moment) à la mobilisation.

Facebook, c'est là que ça se passe

D'autant que le gouvernement a décidé d'hausser le ton après trois jours de relative passivité pour contenir le mouvement et ses débordements. Ce mardi 20 novembre, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est montré particulièrement sévère, dénonçant la "dérive totale" des gilets jaunes et pointant un "très très grand nombre de blessés".

Un lourd bilan qui contraint les Français mobilisés à tenter de s'auto-discipliner. Et comme depuis le début de la grogne, c'est sur Facebook que les choses se passent. Hétéroclite à souhait, le mouvement tire sa force - mais également sa faiblesse - des réseaux sociaux. Né spontanément, sans aucun cadre syndical ni politique, le mouvement ne peut compter sur des organisateurs "professionnels" pour baliser les actions ni faire valoir une certaine homogénéité des profils et des idéaux. Ainsi, les pacifistes militent aux côtés des manifestants radicaux.

En revanche, n'importe quel participant peut apporter sa pierre à l'édifice via les innombrables groupes Facebook dédiés à la cause et ainsi toucher une large audience pour promouvoir une vision modérée du mouvement

Ainsi, depuis plusieurs jours, les appels au calme et au respect des citoyens fleurissent sur les pages principales de la mobilisation. Le groupe "nous gilets jaunes", qui regroupe plus de 15.000 citoyens en colère, s'est fait une spécialité de relayer la bonne parole. Dans la publication ci-dessous, l'administrateur de la page dresse une liste de plusieurs commandements. À savoir: "sois aimable, laisse ton concitoyen passer, souris, couvre les caméras des radars de graisse."

D'autres se montrent beaucoup plus virulents à l'égard de leurs camarades. Et les recommandations ne se bornent pas uniquement au caractère pacifique des actions. "Les crétins complètement bourrés dégagez" a par exemple écrit cet internaute sur la page "17 novembre haute-marne", visiblement agacé par les images de gilets jaunes alcoolisés sur les points de blocage.

CAPTURE GROUPE FACEBOOK "17 NOVEMBRE HAUTE-MARNE"

Un gilet jaune particulièrement remonté contre certains de ses camarades

Une nouvelle approche?

Les pages étant ouvertes à tous, elles accueillent aussi bien des messages d'encouragement que des chartes de bonne conduite ou des théories du complot fumeuses. Certains s'y aventurent même pour se plaindre des blocages ou de situations particulières qu'ils ont vécus avec des gilets jaunes. Les plus modérés des manifestants entrent alors en contact avec eux pour s'excuser au nom du mouvement et leur expliquer la nature de la mobilisation.

Un groupe dédié à la promotion des règles de bonne conduite a même vu le jour ce mardi 20 novembre. Baptisé "Leadership Gilets Jaunes", il a notamment pour but de "réduire voire supprimer les violences." "Nous, Français, nous savons faire les choses bien, dans la paix, la bienveillance, et l'intérêt général. Choisissons-le encore!", écrit le créateur de la page.

De nombreux appels au calme qui se conjuguent avec une tentative de transformer le mouvement. Conscients de l'ambivalence de leurs actions - consistant à bloquer et pénaliser tous les citoyens pourtant majoritairement favorables au mouvement - certains gilets jaunes veulent désormais se tourner vers les symboles de l'État et surtout paralyser l'économie.

Un message, dont il est difficile d'en retrouver l'origine, circule d'ailleurs sur de nombreux groupes ou événements dédiés au mouvement. "La méthode utilisée n'est je pense pas la bonne! Arrêtons tout de suite ces blocages qui ne bloque que les citoyens désirant aller travailler. La côte de popularité ne fait que descendre il suffit de voir les commentaires des gens sur Facebook et aux radios", explique, en partie, le texte recopié de pages en pages.

Ainsi, de nombreux messages fleurissent pour inciter les citoyens en colère à bloquer les centres de collecte d'impôts, les préfectures ou les péages pour rendre la route gratuite aux usagers. Certains appellent même à un boycott national du Black Friday. Une façon de ne pas pénaliser d'avantage ces Français qui partagent leur indignation sans toutefois se mobiliser. Reste désormais à savoir quels échos trouveront ces nouvelles consignes sur le terrain, alors que la mobilisation semble plus éclatée que jamais.