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Macron a sorti son Berger pour tenter de reprendre la main
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Samedi, jour du début de la mobilisation des « gilets jaunes », Laurent Berger n'a pas traîné pour faire connaître sa position. En effet, le secrétaire général de la CFDT a très vite appelé Emmanuel Macron à « réunir très rapidement » syndicats, patronat et associations « pour construire un pacte social de la conversion écologique ».
Des députés LREM emballés par l’option proposée par Berger...
Mercredi, c’est une dizaine de députés du groupe parlementaire LREM ont fait la demande à Gilles Legendre, président du groupe, de rencontrer Laurent Berger. L’objectif : ouvrir un dialogue avec le syndicat. « On demande à ce qu’il vienne devant le groupe pour qu’il puisse expliquer ce qu’il veut faire », explique l’un des élus à l’initiative de la demande.
Cet appel des députés est représentatif du problème majeur rencontré par le gouvernement face à un mouvement spontané comme celui des « gilets jaunes » : il n’a pas d’interlocuteur avec qui négocier. Une inquiétude partagée par beaucoup. « Je suis inquiet. Il peut y avoir un blocage du pays. Et face à cela, on est inaudibles. On ne pourra plus gouverner tout seul jusqu’à la fin du quinquennat. Il faut des corps intermédiaires ! », confie l’un d’entre eux.
Ce même député assume pleinement la nécessité de faire appel aux centrales syndicales pour canaliser le mouvement et faire accepter les négociations avec le gouvernement. « Même si nous on écrit des solutions, il faut qu’on les fasse porter par d’autres. L’avantage d’une conférence sociale, c’est qu’au moins ça met tous les acteurs autour de la table »
… le gouvernement reste sceptique !
Mais du côté du gouvernement, le scénario d’un grand événement social, remettant en scène les syndicats, n’est pour l’heure pas à l’ordre du jour. « François Hollande a commencé son quinquennat avec un sommet social. Ça s’est terminé avec les “bonnets rouges” et Nuit debout. Et puis, il ne faut pas donner le sentiment que le problème se règle en tête à tête entre l’exécutif et les syndicats. Eux aussi sont visés par le mouvement. Pour eux, cette révolte est un désaveu. Quand ils ont essayé de mobiliser, il n’y avait personne. Là, un seul message sur Facebook a suffi pour mettre 300.000 personnes dans la rue » a ainsi déclaré un ministre. Preuve que la macronie est loin d’être convaincue que le retour à une forme de dialogue avec les corps intermédiaires soit suffisant pour calmer la colère.
Par ailleurs, ce qui inquiéte particulièrement le gouvernement, c’est bien que le monde du travail entre dans la danse. Et à ce titre là, l’option « Super Berger » peut apparaître comme un « big flop ». La réalité, c’est bien que la CFDT est très largement décrédibilisé au sein du mouvement ouvrier, et que les réels interlocuteurs se trouve plutôt du côté de la CGT ou de Force Ouvrière.
Mis à la défensive par le mouvement des gilets jaunes, le gouvernement entend donc maintenir le cap façon « bulldozer ». Une position qui, semble t-il, commence à faire débat au sein de la majorité présidentielle, et qui pourrait s’avérer intenable en cas d’enracinement du mouvement et surtout d’extension au monde du travail. Pour l’heure, Laurent Berger se tient en tout cas prêt à jouer le rôle de chien de garde pour le gouvernement...




