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Compte rendu de la manifestation à Forcalquier

Gilets-jaunes

Brève publiée le 2 décembre 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Par un camarade du NPA 04

L’UD CGT 04, a tenté de mobiliser ses militants pour réagir aux mobilisations de gilets jaunes en relayant l’ appel national à manifester le 1er décembre, avec conférence par téléphone et AGs, avec la prouesse de ne pas dire un mot sur la mobilisation, ni même citer le mot « gilets jaunes ». Le tabou est consubstantiel à toute église. FSU 04 et solidaires ont suivi cette entreprise bien mal positionnée et ambigüe. La difficulté de prendre parti était visible dans le communiqué du FSU 04  montre la difficulté, « … Que ce soit en se joignant aux gilets jaunes sur les multiples lieux de rassemblement (Manosque A51, Peyruis/Les Mées, Peipin, Sisteron Nord….). Ou bien en répondant à l’appel à manifester de CGT/Solidaires, soutenus par la FI. » Voir arriver la FI dans un appel du syndicat est bien curieux, surtout quand il sert à cautionner leurs réticences à l’égard des gilets jaunes et refuser d’emblée la convergence nécessaire du rassemblement syndical départemental avec les GL.

L’absence quasi totale des militantEs connuEs des organisation traditionnelles, depuis le troisième week-end de manifestations - alors que l’occupation des rond-points par les gilets jaunes est permanente - par les porteurs d’« étiquettes » comme les désignent les gilets jaunes, est évidemment désastreuse.

Compte tenu de notre positionnement en pointe en faveur du mouvement des gilets jaunes dès le lancement du mouvement avec un appel aux syndicats de le rejoindre, nous n’avons pas été conviés. Nous considérions que co-signer un texte d’appel à un rassemblement, ici comme ailleurs, manifestement en concurrence avec le mouvement des GL, était une tentative de division des mobilisations, une forme de désolidarisation, bref une très grave faute politique. Nous avons massivement diffusé autour de nous ces positions : : target="_blank">https://www.anti-k.org/2018/11/01/notes-sur-le-17-novembre/ et https://www.anti-k.org/2018/11/25/npa-04-lettre-aux-syndicalistes-pour-la-reunion-des-gilets-jaunes-et-rouges/, atterrés par la cécité de la direction du NPA et ses atermoiements alambiqués. Des sections syndicales ont protesté et menacer de boycotter cette initiative de rassemblement.

Le rassemblement syndical départemental avec quelques poignées de représentants des autres « étiquettes » habituelles a vu arriver de très nombreux syndicalistes, en particulier des femmes du secteur de la santé, en gilets jaunes. Les discours insipides et inaudibles des dirigeants syndicaux ont ajouté au malaise, un appel à rejoindre le rond-point est parti de la foule, il est tenu par une plus grande foule de gilets jaunes, à quelques centaines de mètres. Un mouvement spontané s’est engagé pour quitter le rassemblement et partir en manifestation. Pour la première fois dans le département quelques CGTistes arborant un gilet orange « service d’ordre » se sont postés en tête, sans doute pour « protéger » les manifestantEs de la circulation. Prévenus de leur arrivée, les gilets jaunes étaient partagés entre les plus hostiles refusant les « récupérateurs » et « diviseurs » et les plus goguenards, « où ils étaient ces derniers jours, on les a pas vus… ». Deux déléguéEs GL sont alléEs attendre la petite manifestation sur un viaduc qui séparait les deux camps. Le symbole était fort. Ils ont exigé le retrait des banderoles et des drapeaux avec les logos des organisations, les fameuses « étiquettes ». Avec un argument sur la nécessité de conserver l’unité du mouvement, sa force et le refus de voir arriver aussi d’autre militants badgés du FN, par exemple. Le désarroi était palpable mais c’est sans leurs « étiquettes » et avec les drapeaux et banderoles rangées que ces militants syndicaux et politiques ont foulé pour la première fois la pelouse du rond point, aménagé avec cabanes façon ZAD, avec cuisine, garde-manger, etc. CertainEs irréductibles choisissaient de ne pas traverser la route et après quelques palabres repartaient avec leurs badges, drapeaux et banderoles. Autre symbole fort.

L’ambiance était fort différente au milieu du rond-point, envahi par une foule joyeuse de cette jonction entre mouvements, entre gilets jaunes et rouges, car on y reconnaissait des ex-nuit debout. On échangeait sur la pelouse, d’autres tournaient autour pour filtrer la circulation, les camions, autocars, voitures avec gilets jaunes qui klaxonnaient en signe de solidarité, des victuailles étaient déposées, même les gendarmes sont venu boire le café, ils sont restés très tard en nsuivant les informations. Une ambiance mai 68…

La veille, à l’emblématique rond point de Manosque, une intervention policière pour évacuer ce village de gaulois irréductibles a été abandonnée devant l’irruption d’une manif de 200 lycéens arrivée du centre ville.