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Gilets jaunes: des journalistes indépendants vont porter plainte pour des violences de la police
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Plus d'une vingtaine de reporters photographes et journalistes indépendants, estimant avoir été pris pour cible par les forces de l'ordre lors de la manifestation des "gilets jaunes", annoncent, dans une lettre de leur avocat transmise à franceinfo, leur intention de déposer une plainte avec constitution de partie civile.

Un journaliste de l'agence A2PRL touché par un lanceur de balle de défense (LBD), des photoreporters de l'agence Hans Luca "pris pour cible par des forces de l'ordre" mais aussi des journalistes qui ont vu leur matériel de protection confisqué par les forces de l'ordre... Au lendemain de l'acte 4, samedi 8 décembre, de la mobilisation des "gilets jaunes", Libération avait compilé les témoignages de plusieurs reporters "visés et blessés par la police" tandis que franceinfo avait témoigné des conditions très difficiles de travail des médias ce jour-là.
Une semaine après les faits, certains ont décidé de ne pas en rester là alors que l'acte 5 des "gilets jaunes" est attendu samedi. Dans une lettre obtenue en exclusivité par franceinfo et envoyée, vendredi 14 décembre, au procureur de la République, au préfet de police de Paris et au ministre de l'Intérieur, 24 photoreporters et journalistes indépendants, représentés par Jérémie Assous, également avocat de Julien Coupat, annoncent leur intention de déposer plainte avec constitution de partie civile pour confiscation de matériel professionnel et de protection ainsi que pour violences avec arme.
"Ils m'ont expliqué qu'ils n'en avaient rien à faire de ma carte de presse"
"Leur travail, qui participe des fondements de l'Etat de droit, a été gêné, empêché, entravé par ceux-là même qui ont pour seule mission le maintien de l'ordre public", écrit maître Assous, dans cette lettre longue de cinq pages. "Les témoignages écrits et les vidéos édifiantes affluent, révèlent les comportements délicteux des fonctionnaires de police, qui se banalisent au fil des derniers événements", poursuit-il.
A ces propos généraux, s'ajoute le détail des situations de chacun des journalistes. Véronique de Viguerie, photoreporter, était par exemple en mission le 8 décembre à Paris pour le Washington Post lorsque les policiers lui ont confisqué son matériel de protection. "J'ai pris une photo et tout de suite les policiers sont venus vers moi et m'ont demandé de fouiller mon sac", raconte-t-elle à franceinfo. D'après son récit, les forces de l'ordre lui ont confisqué ses deux casques de protection estampillés "presse", ses deux masques, mais également "des protections de peintre pour se protéger des gaz lacrymogènes". Véronique de Viguerie dit leur avoir montré sa carte de presse, sans succès : "Ils m'ont expliqué qu'ils n'en avaient rien à faire."
L'Intérieur réagit dans un communiqué
L'IGPN (l'Inspection générale de la police nationale) "est d'ores et déjà saisie d'un grand nombre de plaintes", précise la lettre de Jérémie Assous. "A ces plaintes, s'ajouteront celles de ceux qui ont décidé de me confier la défense de leurs droits avec le soutien de l'UPP (Union des photographes professionnels), du SNJ (Syndicat national des journalistes), de RSF, de la CGT et de FO qui se constitueront parties civiles".
Interpellé justement par le SNJ sur le sujet, le ministère de l'Intérieur avait précisé le 11 décembre dans un communiqué qu'"aucune consigne n'a été adressée aux forces de l'ordre qui aurait eu pour effet de limiter l'exercice de la presse". "Si des journalistes ont eu à souffrir de l'emploi de la force par des unités de police ou de gendarmerie, il invite ceux-ci à déposer plainte au plus vite ou à procéder à un signalement sur la plateforme internet de l'inspection générale de la police nationale prévue à cet effet", rappelait le communiqué. C'est désormais chose faite.




