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Gilets jaunes : la CGT de Martinez reste complètement à côté des ronds-points
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://www.marianne.net/societe/martinez-continue-tenir-la-cgt-bonne-distance-des-gilets-jaunes
Pressé par sa base militante de construire une "convergence" avec les gilets jaunes, Philippe Martinez s'enferre dans la construction d'une protestation parallèle, organisant ce vendredi 14 décembre une manifestation de la CGT la veille de "l'acte 5" du mouvement des ronds-points.
Comment se fait-il que le principal syndicat contestataire ne se trouve pas aux côtés des gilets jaunes dans les manifestations ? Plutôt que se joindre au mouvement des ronds-points en participant à son acte 5 ce samedi 15 décembre, la CGT conserve encore une distance prudente à son endroit, et a préféré organiser une manifestation indépendante la veille. "C'est leur décision de manifester demain. Nous on va manifester aujourd'hui", a ainsi tranché le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, invité ce vendredi de BFMTV. Alors que se joue une crise inédite, le leader syndical explique que la Confédération générale du travail manifeste "comme d'habitude".
Le leader syndical appelle toutefois à faire "grève partout", semblant vouloir construire une mobilisation parallèle et ce, au grand dam d'une partie de sa base militante qui souhaite mêler gilets jaunes et gilets rouges. En interne, de nombreuses voix s'élèvent pour que la centrale, timorée pour l'heure, s'implique davantage dans le mouvement populaire. Jeudi, dans une lettre ouverte publiée par Libération, des cadres de la CGT conjuraient la direction d'appuyer sur l'accélérateur : "Nous devons investir la mobilisation en cours et chercher des convergences, pas seulement dans le discours mais en l’organisant réellement, pressaient-ils. C’est entièrement et dès maintenant que nous devons être aux côtés des gilets jaunes, en prenant en compte la dynamique réelle du mouvement."
MANIFESTATIONS DE LA CGT À PART
Philippe Martinez, lui, avance toujours avec une prudence de sioux. Plutôt que de manifester avec les gilets jaunes, il envisage plutôt un appel à la grève : "Si c'est possible, oui, il faut en passer par là". Tout juste reconnaît-il le "besoin de convergence" entre les deux luttes.
La veille, des militants de la CGT se désolaient, dans Libération, des décisions prises à la tête du syndicat. "On continue de faire des journées isolées et des manifs planplan", regrettait Gaëtan Gracia, employé chez un sous-traitant aéronautique de Haute-Garonne. Son camarade Florent Coste, secrétaire CGT à l’usine Latécoère, ne "s'explique pas les hésitations de la direction", qui "l’agacent profondément". "La partition qu’on s’apprête à jouer, elle ne cesse d’échouer", s'alarme-t-il.
NE PAS "NÉGOCIER À LA PLACE DES GILETS JAUNES"
Pourtant, comme sa base, Philippe Martinez estime que les militants en fluo partagent les mêmes combats que sa centrale : "La très grande majorité des gilets jaunes partage nos points de vue, même s'ils ne nous connaissent pas, et qu'ils sont parfois défiants vis-à-vis des syndicats. Moi quand je vois sur les barrages 'hausse du Smic', 'rétablissement de l'ISF', 'plus de justice fiscale'… C'est des tracts de la CGT, ça." Le patron du syndicat contestataire se désole de voir son organisation rejetée par une partie des gilets jaunes, face auxquels il ne peut que constater son impuissance : "Moi j'ai entendu le leader d'un rond-point, si je puis dire, dire 'moi les rouges je leur tire dessus'. On n'est pas maso non plus".
Dans leur lettre ouverte, les militants de la CGT estiment qu'une union est possible, "non pas dans l’objectif d’aller négocier à la place des gilets jaunes", ce qui disqualifierait leur centrale, mais "comme un premier pas dans la construction d’un rapport de force". Pas encore de quoi dissiper les réticences du peuple jaune, qui associe de son côté les partenaires sociaux au "vieux monde".




