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L’Insee révise fortement à la baisse la croissance du 4e trimestre

économie

Brève publiée le 19 décembre 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

L'Insee révise fortement à la baisse la croissance du 4e trimestre : 0,2% au lieu de 0,4% prévu en octobre.

INSEE

Dans un contexte international qui reste incertain et marqué par les tensions protectionnistes, l’activité économique dans la zone euro montre des signes d’essoufflement. Elle croîtrait d’environ 0,3 % par trimestre d’ici la mi-2019.

Au quatrième trimestre 2018, l’économie française ne progresserait que de 0,2 %. Puis elle se redresserait en début d’année 2019 (+0,4 % de croissance au premier trimestre puis +0,3 % au deuxième), portée par la demande intérieure et notamment la consommation des ménages.

En moyenne annuelle, l’acquis de croissance pour la France en 2019 serait de +1,0 % à mi-année (après +1,5 % prévu pour l’ensemble de l’année 2018). L’acquis de croissance du pouvoir d’achat (mesuré au niveau global) serait de +2,0 % à la mi-2019 (après +1,4 % sur l’ensemble de l’année 2018).

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3681952

Le Monde

Qui se souvient de décembre 2017 ? Un climat des affaires au beau fixe, des créations d’emplois par milliers, des ménages confiants… A l’époque, la croissance taquinait les 2 %. La nouvelle année promettait d’être radieuse.

Patatras ! Ce qui s’annonçait comme un léger coup de mou en début d’année a viré au ralentissement généralisé. Le recul du pouvoir d’achat au premier trimestre, conjugué à un environnement international moins porteur, a affecté l’activité. Les grèves puis l’explosion de colère de l’automne ont fait le reste.

Au quatrième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) français ne progresserait plus que d’environ 0,2 %, selon la note publiée, mardi 18 décembre, par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). C’est deux fois moins que ce qui était attendu.

Les comptables nationaux ont dans la foulée revu à la baisse leurs prévisions d’ensemble : sur l’année, la croissance de l’activité ne devrait pas dépasser 1,5 %. Une estimation conforme à celle livrée, jeudi 13 décembre, par la Banque de France, et qui porte l’acquis de croissance à 1 % pour la mi-2019.

Un quatrième trimestre heurté

On se souviendra longtemps de décembre 2018. La suppression complète des cotisations salariales et la première tranche de baisse de la taxe d’habitation, censées redonner de l’air aux ménages et relancer la consommation, n’ont pas eu l’effet escompté. Loin s’en faut. En décuplant l’incidence de la hausse des taxes sur les carburants, le renchérissement des cours du pétrole a libéré une vague de mécontentement rarement observée en France.

S’il est trop tôt, encore, pour en mesurer les effets, l’Insee, qui a terminé ses calculs le 13 décembre, estime que « le mouvement des “gilets jaunes” pourrait ôter 0,1 point à la croissance du PIB au quatrième trimestre ».

A titre de comparaison, les grèves massives de 1995 avaient coûté 0,2 point. Cette fois, les événements ont surtout affecté les commerces et la consommation. Certaines dépenses pourront être reportées, mais des secteurs comme l’hébergement-restauration, les loisirs et les transports, devraient enregistrer des pertes sèches. Le tourisme également.

La confiance des ménages est très entamée

Difficile de savoir si les quelque 10 milliards d’euros de mesures annoncées par le président de la République Emmanuel Macron permettront de compenser ce manque à gagner.

Le gonflement de la prime d’activité, l’annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les retraites de moins de 2 000 euros et la défiscalisation doublée de l’exonération de charges sociales des heures supplémentaires auront indubitablement un effet bénéfique sur le pouvoir d’achat. « C’est pile-poil ce qu’il faut pour faire de la relance immédiate à court terme », note Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.

Seulement, il n’est pas dit que les gains stimuleront la consommation et donc l’activité à la hauteur des sommes engagées. La confiance des ménages est très entamée. « Cela risque de se traduire par une explosion du taux d’épargne, tandis que les dépenses resteront stables », selon Mme Baudchon.

L’impact effectif des mesures est d’autant plus difficile à anticiper que ces dernières se déploieront au même moment que le prélèvement à la source. La vue des bulletins de paie amputés de l’impôt pourrait provoquer un choc psychologique et de nouveaux remous. « Il y a de grosses incertitudes sur l’ampleur du rebond », reconnaît Julien Pouget, responsable du département conjoncture à l’Insee.

Taux de chômage stable

Comment ces mesures seront-elles financées ? Les entreprises, grandes et petites, seront vraisemblablement mises à contribution. L’Insee n’a pas pu intégrer cette hypothèse dans ses prévisions, mais souligne toutefois que le climat des affaires a pâti, ces derniers mois du ralentissement de l’activité et des troubles sociaux.

Alors que le moral des chefs d’entreprises semblait se stabiliser en novembre, les blocages et les manifestations ont fait plonger les courbes. L’indice composite établi par le cabinet IHS Markit pour mesurer l’activité a chuté de 5 points, passant à 49,3 contre 54,2, son niveau le plus bas depuis trente mois.

Pas étonnant, dans ce contexte, que l’emploi marchand ait marqué le pas. Trois fois moins de postes ont été créés en 2018 qu’en 2017 (107 000 contre 341 000). Environ 64 000 sont attendus au premier semestre 2019, notamment dans les services, mais ce ne sera pas assez pour attaquer sérieusement le taux de chômage. Stable à 9,1 % de la population active en décembre 2018, celui-ci devrait toujours avoisiner les 9 % au printemps 2019.

« Le problème structurel du pouvoir d’achat est lié au fait que l’économie française n’est pas suffisamment créatrice d’emplois, observe Sylvain Broyer, économiste en chef chez S&P Global Ratings. En Allemagne, le montant du “panier de la ménagère” moyen est d’environ 18 800 euros par an, contre 17 600 euros en France. L’écart n’est pas lié au prix mais au salaire et à l’emploi. »

Un peu d’espoir

En dépit de ces difficultés, « les conditions de la reprise restent intactes en France et dans la zone euro, nuance l’économiste. Les taux d’utilisation des capacités de production restent très supérieurs à la moyenne ; l’investissement des entreprises est en hausse pour le neuvième trimestre d’affilée et les taux d’intérêt restent faibles. »

Les entreprises vont, en outre, bénéficier de la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en réduction pérenne de cotisations patronales. Leur taux de marges augmenterait de 1,5 point, pour s’élever à 33,5 % début 2019 et ainsi retrouver des niveaux d’avant la crise. Ce qui pourrait profiter à l’emploi.

La dynamique globale de l’activité dépendra enfin de l’environnement international. La France, toute tiraillée qu’elle est, n’est pas la seule économie de la zone euro à connaître un ralentissement. « Le rattrapage consécutif aux récessions passées est en train de s’estomper », note l’Insee. En d’autres termes, il faut s’attendre à un affaiblissement durable de la croissance des principaux pays du Vieux Continent. « Gilets jaunes » ou non.