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Liens
Une formation RH à Dauphine pour les dirigeants de la CGT
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L'année 2019 commence comme 2018 s'est terminée, en jaune et dans l'impuissance silencieuse de notre syndicat, qui apparaît de plus en plus comme "à côté de la plaque". Et 2019, ça va être l'année du Congrès Confédéral, l'occasion de poser des questions de fond sur le syndicalisme. De s'interroger sur la conception que l'on a de la lutte des classes à la direction confédérale et dans les structures de la CGT.
A ce propos, un lecteur nous a transmis le lien vers un article du nouveau site de la CGT qui nous avait échappé.
A savoir une vidéo à l’occasion de la signature d’un partenariat entre la CGT et l’université Paris-Dauphine…
Vidéo particulièrement « gratinée » que nous avons sauvegardée en bas d'article – il faut dire que le passage d’une version à l’autre du site de la confédération fait disparaître à chaque fois nombre de documents, dont les plus trash ! Il n'y a pas de hasard...
Or donc, on voit sur cette vidéo Martinez et un responsable de l’Université se gargariser de la signature par la CGT d’une convention autour d’un « Master Négociations et Relations Sociales » dans l’université la plus prestigieuse de l’impérialisme français en matière de gestion et de commerce. Dauphine, c’est tout un symbole ! On y apprend que la CGT va participer à l’équipe pédagogique et aux jurys, que les sessions de formation sont « paritaires » moitié syndicalistes et moitié DRH (!) et que les stagiaires suivent ce cursus pour apprendre à mieux négocier ensemble par la suite… On rêve !
On y découvre en passant l’inénarrable Michèle Chay, "dirigeante CGT" pourtant débarquée de la direction de la FD du Commerce en 2014 et recasée commeconseillère confédérale au CESE, revendiquer un diplôme officiel de la bourgeoisie au titre de l’activité syndicale… (et elle a fait ses preuves à la FD du commerce, gazage de congressistes à la clé en 2011 !).
Et bé, le combat syndicaliste de classe, c’est pas gagné !
On comprend bien qu’un syndicat se préoccupe de l’avenir de ses militants face à la répression, face au patronat et à un Etat dont le sens n’est que la préservation et l’amélioration des positions de l’impérialisme français dans la guerre économique mondialisée. Et ça se pose d’abord pour tous les militants d’entreprise, celles et ceux qui perdent leur mandat, qui subissent l’exploitation au quotidien, qui encaissent la répression patronale. C’est à cela qu’il faudrait s’intéresser, passer son énergie.
Mais participer à une formation où de fait l’antagonisme de classe disparaît derrière la négociation à égalité avec les employeurs (c’est bien de cela qu’il s’agit, le sens même du "paritarisme" !!!) c’est bien montrer la conception que l’on a de la société et du travail dans l’orientation de la CGT. Celle que l’on a dans les formations syndicales Niveau 1 depuis novembre 2017, celle qu’on va nous servir au 52ème congrès. Résumée en trois phrases :
- Le travail n’est pas une exploitation, mais une aliénation, et on peut le transformer pour qu’il devienne enrichissant.
- La concurrence n’existe pas
- Le capitalisme, c’est juste des mauvais choix de gestion
A partir de là, on débouche évidemment sur la formation RH des dirigeants de la CGT à Dauphine, car c’est de cela qu’il s’agit.
Cette affaire n’est pas nouvelle. En 2011 déjà, nous écrivions un article (« Les DRH félicitent l’UGICT ! ») autour d’un prix remis par une association de DRH à un livre de deux responsables CGT. Et on ne compte plus les fayotages de la revue Options (la revue de l’UGICT) avec les fonctions RH.
On est dans l’aboutissement naturel du réformisme syndical décrit ci-dessus : à partir du moment où le capitalisme n’est affaire que de mauvais choix de gestion, formons donc de « bons » gestionnaires pour faire les « bons choix » et corriger cela… Avec l’approbation d’une formation officielle de l’Etat (un Master à Dauphine, quand même…) considéré comme impartial et neutre – lol !
A la veille du congrès confédéral qui commence à agiter les chaumières (on en reparlera) il faut quand même que les militants les plus honnêtes acceptent de regarder la réalité en face et sortent la tête du sable. Les orientations confédérales glissent toujours plus dans le syndicalisme réformiste du capitalisme à visage humain. Les cadres se forment, le contenu des formations officielles évolue, les directions changent, les textes bougent. Et pas dans le bon sens.
A l’intérieur de notre syndicat, c’est bel et bien classe contre classe que cela se joue, au-delà des beaux discours et de la fraternité réelle qui existe dans nos rangs.
Il reste une vraie combattivité dans certains secteurs, et c’est sur cela qu’il faut s’appuyer. Ce qu’il faut maintenant, c’est lui redonner un sens de classe, l’orienter vers l’abolition du capitalisme, contre l’orientation réformiste dans nos rangs.




