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La Poste-Paris 14 : contre les méthodes de « management » Coup de colère salutaire
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
C'est le comportement choquant du nouveau directeur vis-à-vis d'un collègue encadrant qui a mis le feu aux poudres. Le service de la collecte, situé dans le même immeuble que celui où travaillent les facteurs de l'arrondissement, travaille l'après-midi. Il est constitué d'agents de tri, de transbordement et de chauffeurs qui relèvent le courrier dans les entreprises de plusieurs arrondissements du sud de Paris, de la banlieue avoisinante, ainsi que les boîtes jaunes. Comme partout à La Poste, depuis des années, ils subissent les conséquences des suppressions d'emplois sur leurs conditions de travail et, comme partout à La Poste, depuis quelques mois, suite à plusieurs suicides de postiers sur leur lieu de travail, La Poste communique sur le « grand dialogue » et les décisions de la « commission Kaspar ».
Et c'est en plein « grand dialogue » qu'un encadrant, jugé par la direction locale comme trop proche des agents, a été pris en grippe par le directeur. Cela a fini par se voir, car l'état de santé de ce collègue s'est brutalement détérioré en quelques mois. Du coup, des agents scandalisés ont proposé une réunion où ils se sont retrouvés à plusieurs dizaines. Surpris de se retrouver aussi nombreux, ils ont décidé de se mettre en grève pour dénoncer et mettre fin à ces méthodes dites de « management » et exprimer leur ras-le-bol du sous-effectif permanent.
Suite au préavis de grève déposé par Sud et la CGT, la direction locale, subitement mal à l'aise et essayant de calmer les esprits, a annoncé le recrutement de dix agents (deux en CDI et huit en CDD). Mais c'était trop tard. Le directeur, d'habitude si arrogant, a eu beau changer de ton, dire vouloir discuter de leurs problèmes avec chacun des agents, rien n'y a fait.
Le lundi, 70 % des postiers étaient en grève et une cinquantaine d'entre eux étaient présents au piquet : du jamais vu depuis des années. Les grévistes étaient déterminés à marquer le coup contre les méthodes de la direction. Et quand celle-ci a décidé de faire appel au cours de l'après-midi à une société privée pour faire le travail des grévistes, mal lui en a pris : la grève a continué le lendemain.
Les postiers ont repris mercredi 3 octobre, conscients que dorénavant, face à la direction, il ne faut pas laisser un seul collègue isolé. La réaction collective est le moyen le plus efficace pour la calmer. C'est une leçon précieuse pour l'avenir.
Correspondant LO




