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Algérie: des journalistes détenus plusieurs heures après un sit-in "contre la censure"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Une dizaine de journalistes a été arrêtée après un sit-in contre la censure en Algérie. Ils ont été libérés quelques heures plus tard.
Une dizaine de journalistes algériens ont été arrêtés et détenus durant plusieurs heures jeudi après avoir participé à Alger à un rassemblement "contre la censure", à la veille de nouvelles manifestations annoncées contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat.
Une manifestation contre les pressions sur les médias. Leur interpellation a eu lieu en fin de matinée, au début d'un rassemblement d'une centaine de journalistes des médias algériens - écrits et audiovisuels, publics et privés - visant à dénoncer les pressions subies et les restrictions de couverture "imposées par (leur) hiérarchie" du mouvement de contestation actuel. "Libérez nos collègues", ont scandé les manifestants rassemblés sur la "Place de la Liberté de la presse", en centre-ville, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Dans le même temps, les reporters interpellés tambourinaient contre les parois des fourgons de police dans lesquels ils étaient enfermés. Ces véhicules ont ensuite quitté la place avec les journalistes à bord, d'après la même source. "Non à la censure !", "Quatrième pouvoir, pas une presse aux ordres", ont encore clamé les autres manifestants, encerclés par des policiers. De nombreux automobilistes ont klaxonné en solidarité ou criaient "Presse libre !", en passant devant le rassemblement.
La place évacuée, un débat entre protestataires. Environ deux heures après le début du rassemblement, les très nombreux policiers déployés ont fait évacuer calmement la place. Les journalistes se sont alors dirigés vers la Maison de la Presse Tahar Djahout - du nom d'un des premiers journalistes algériens assassinés durant la "décennie noire" (1992-2002) de guerre civile - avant d'être stoppés par un cordon de police et dispersés dans le calme en début d'après-midi.
Durant le rassemblement, des pancartes hostiles à un cinquième mandat ont été brandies, mais cela a suscité un débat au sein des protestataires, certains estimant qu'en tant que journalistes, ils n'avaient pas à prendre position sur le mouvement de contestation en lui-même.
Le Premier ministre met en garde contre un scénario syrien. Tandis que la manifestation se déroulait, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a lui mis en garde contre les conséquences de la contestation actuelle, inédite en deux décennies. "Des manifestants heureux ont offert des roses aux policiers. Mais rappelons-nous ensemble qu'en Syrie, ça a commencé aussi avec des roses", a-t-il déclaré au Parlement, en référence au sanglant conflit syrien, qui a fait plus de 360.000 morts depuis 2011. Des députés ont quitté l'hémicycle en signe de protestation, tandis que d'autres ont applaudi.
L'Algérie connaît depuis près d'une semaine un mouvement massif de contestation contre la perspective d'un 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999.
Un "traitement exceptionnel" dénoncé par les journalistes. Les médias audiovisuels publics algériens et les télévisions privées, propriétés d'hommes d'affaires proches du pouvoir, ont durant plusieurs jours passé sous silence le mouvement de contestation. Des journalistes de la radio nationale algérienne ont affirmé que ce silence avait été imposé par leur hiérarchie. Ils en ont profité pour dénoncer l'absence de neutralité à l'antenne, le "traitement exceptionnel" réservé au camp du président Bouteflika et celui "restrictif de l'opposition". Une journaliste de la radio qui a publiquement démissionné de ses fonctions d'encadrement pour dénoncer cet état de fait a indiqué que son émission avait ensuite été supprimée.
Des médias "muselés". L'organisation Reporters sans Frontières (RSF) a affirmé mercredi que les autorités algériennes mettaient "tout en oeuvre pour museler les médias" voulant couvrir le mouvement de contestation actuel, et a dénoncé des "interpellations, agressions, interdiction de couvrir, confiscation de matériel, pressions sur les médias publics et ralentissement du réseau Internet...". Les journalistes de l'audiovisuel public - radio nationale mardi, puis télévision nationale mercredi - ont tour à tour organisé des rassemblement devant leurs sièges.




