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Les conséquences dramatiques de l’euro sur l’industrie française
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Martine Orange a écrit un article remarquable sur la politique industrielle française : "Politique industrielle: l’impuissance de l’Etat théorisée depuis trente ans" :
Cet extrait suivant est intéressant, car il montre les méfaits de l'euro. Une monnaie unique pour un ensemble de pays hétérogènes est toujours au bénéfice des pays les plus forts au détriment des pays les plus faibles (qui ne peuvent plus déprécier leur monnaie pour rester compétitif). Depuis 1992 (politique du franc fort qui prépare la mise en place de l'euro), la désindustrialisation s'est accélérée.
"Dans cet environnement hostile à l’industrie, il faut enfin parler d’un facteur décisif, que les responsables politiques se gardent bien de nommer tant ils sont dans le déni : la monnaie. Un outil productif est basé sur les échanges, sur la valeur de sa monnaie et des avantages compétitifs que cela lui apporte.
Toute l’industrie française s’est reconstruite après la guerre par rapport à la valeur du franc face au dollar. Et c’est à partir de ce mètre-étalon que les choix industriels, que les arbitrages se sont faits pendant des décennies. Les dévaluations du franc aidant à retrouver régulièrement un décalage de compétitivité perdu.
Tout a changé avec la construction de l’Europe, et le projet de l’euro. Dès 1992, le gouverneur de la banque de France, Jean-Claude Trichet, soutenu par tous les responsables politiques, a choisi d’adopter une politique du franc fort, en pleine récession. Il fallait envoyer des signes de soutien à l’Allemagne alors en réunification, et coller le franc au mark afin de l’aider, expliqua alors Jean-Claude Trichet.
Cette hausse fulgurante des taux d’intérêts et du franc fort a bouleversé tous les repères, tous les échanges, tous les équilibres économiques internes à l’industrie en quelques mois : 500 000 PME sont allées au tapis dans les dix-huit mois qui ont suivi. En dépit du concept schumpétérien, cette destruction n’a jamais été créatrice. Le tissu industriel qui a disparu à cette période ne s’est jamais reconstitué.
Cet épisode aurait pu amener à quelques réflexions. Aucune leçon n’en a été tirée. Ou bien celles-ci étaient peut-être si perturbantes que tout le monde a préféré les oublier, au moment de la création de l’euro. En s’accrochant toujours à cette politique du franc fort, au nom de la « grandeur » et du « prestige » de la France, les responsables politiques et monétaires ont accepté un taux de conversion vers l’euro défavorable aux échanges commerciaux français, persuadés sans doute, que, grâce à la convergence au sein de la zone euro, toutes ces différences finiraient par disparaître.
Sauf que la convergence n’a jamais eu lieu. Les divergences se sont au contraire exacerbées, en partie en raison de la même politique de l’euro fort du même Jean-Claude Trichet jusqu’en 2011. Aucun mécanisme de compensation n’est venu contrebalancer ces déséquilibres internes à l’euro. Selon les calculs du FMI établis en juillet 2017, l’euro est surévalué de 6,8 % pour la France par rapport à son économie, mais sous-évalué de 18 % pour l’Allemagne."
Les conséquences sur la balance commerciale sont frappantes :
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