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Mohamed Benamar Zerhouni, "la plume" d’un Bouteflika mourant
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://mondafrique.com/mohamed-benamar-zerhouni-la-plume-dun-bouteflika-mourant/
Un cercle familial étroit qui s’est substitué à un Abdelaziz Bouteflika incapable d’exercer ses fonctions, impose son propre calendrier de la transition démocratique que des millions d’Algériens réclament.

La situation algérienne qui suscite des espoirs immenses présente quelques aspects surréalistes. Au sein de la Présidence algérienne devenu un théâtre d’ombres depuis le retour de Suisse d’un Bouteflika sous assistance médicale permanente, une petite camarilla tente de conserver le pouvoir. C’est un cercle familial étroit qui, ces derniers jours, a rédigé les trois missives attribuées attribuées de façon grossière au chef de l’Etat. La première de ces lettres avait annoncé, le 3 mars, la candidature du chef de l’état; la seconde, trois jours plus tard, avait mis le peuple algérien en garde sur les risques de chaos que feraient courir les mobilisations populaires; enfin, le troisième texte, rendu publique le lundi 11 mars dans la soirée, annonçait le renoncement du chef de l’état à un nouveau mandat, la convocation d’une conférence nationale et l’organisation des futures élections.
On y apprend, au détour d’une phrase, que le président algérien n’aurait jamais songé à se représenter pour un cinquième mandat. Autant dire que des millions d’algériens descendus dans les rues les 1et et 8 mars auraient juste été victimes d’hallucinations. La communication de la Présidence relayée par quelques sites amis mériterait d’être améliorée quelque peu.
Qui a écrit ces missives? Quelle est la légitimité de ses inspirateurs? Qui dirige aujourd’hui le bateau ivre qu’est devenu le gouvernement algérien? Quels conclaves s’attribuent la maitrise du calendrier? Autant de questions qu’il est indispensable de poser si l’on veut éviter les réveils amers.
La vacance du pouvoir
La coupole familiale qui prétend s’imposer en pleine vacance du pouvoir, comprend quatre personnages clés: les deux frères du Président, Nacer et Said Bouteflika, « la plume » du chef de l’Etat, Mohamed Benamar Zerhouni, et enfin le bras armé de ce cercle de fidèles, le général Tartag, coordinateur des services de renseignement resté fidèle à la Présidence.
Le premier de ces usurpateurs, le plus connu, reste Said Bouteflika, longtemps vice roi et homme fort du régime. On la vu, ces dernières années, monopoliser l’accès de la chambre de son frère, qui faisait l’objet de soins permanents, et parler en son nom. C’est lui qui en véritable régent distribuait des gâteries à ses amis oligarques, sans oublier de se servir son propre clan sur des comptes que la famille l possède chez les très hospitaliers émiratis.
Ces derniers jours, Said Bouteflika, gravement malade lui aussi, effectue des voyages fréquents à l’étranger pour se soigner. Le bateau prends l’eau de partout et il est dénoncé comme le premier responsable de la débâcle. Son nom est hué par les manifestants en colère. Pour toutes ces raisons, il n’est plus en mesure de jouer le premier rôle au sein du cercle des fidèles. .
C’est Nacer Bouteflika, secrétaire général du Ministère de la formation et de l’enseignement professionnel, qui est devenu le véritable chef de famille. C’est lui qui veillait sur son frère Abdelaziz à l’hôpital de Genève. Et lui encore qui tente d’assurer la cohésion et l’immunité du clan dans la difficile phase actuelle.
Il leur faut à tout prix imposer rapidement « leur » homme à la tète du gouvernement durant la période annoncée de transition. Il semble que l’ancien ministre des Affaires Etrangères Lamamra, fort bien vu des Français et des Américains, pourrait être leur candidat. A condition que les militaires soient acquis à cette idée, ce qui est loin d’être le cas.
Le clan de Nedroma
Ces dernières semaines, les deux frères Bouteflika se sont rapprochés de Mohamed Benamar Zerhouni, vaguement ministre durant la décennie noire et devenu un discret conseiller à la Présidence. C’est ce fidèle entre les fidèles qui rédige les missives censées exprimer les directives d’un président Bouteflika mourant.
Inconnu du grand public, cet homme de l’ombre présente l’immense qualité d’être originaire d’une commune proche de Tlemcen du nom de Nedroma. Sous le règne de l’actuel Président, un grand nombre de natifs de cette commune, fief des Bouteflika, ont été promus walis, généraux ou ministres. Ces cercles constituent l’ultime garde rapprochée de ce régime finissant.
Le clan Bouteflika peut enfin compter dans sa débacle sur le patron du renseignement, le général Tartag, préposé aux basses oeuvres depuis sa nomination en 1995. Pour combien de temps? L’hostilité que vaut à Tartag le chef d’état major, Gaïd Salah, véritable maitre des horloges sécuritaires, et les dossiers sombres qu’il traine pour avoir été un des initiateurs de la répression des années noires, laissent penser que ses jours à la tète des services secrets algériens sont comptés.




