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Pourquoi il faut être matérialiste
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https://www.marianne.net/debattons/billets/pourquoi-il-faut-etre-materialiste
Yvon Quiniou, revient sur son livre, "Apologie du matérialisme", qui vient de paraître aux Belles Lettres, chez Encre marine.
Le matérialisme continue à être sous-estimé tant à l’Université que dans la production intellectuelle à la mode. Il a pourtant bien des raisons à faire valoir en sa faveur. Courant philosophique minoritaire depuis l’Antiquité grecque (malgré Epicure et Démocrite), il émerge au 18ème siècle (voir L’homme-machine de La Mettrie) et il a inspiré ensuite les œuvres de grands penseurs comme Feuerbach sur la religion, Marx sur l’histoire et la société, Nietzsche aussi pour l’origine de nos valeurs et même Freud dont la théorie suppose une conception matérialiste du sujet humain, qui se construit, à travers son milieu familial certes, mais à partir de ses pulsions.
Si l’homme est un produit de l’évolution de la nature, il n’en est qu’une forme, quelle que soit sa spécificité, ses qualités, voire sa grandeur propre, morale incluse.
Mais c’est surtout le progrès des sciences qui devrait l’imposer aux philosophes, contre le préjugé spiritualiste d’un esprit distinct du corps. Car il faut bien voir ce qu’il signifie : le monde dans sa totalité est matière, homme inclus. Cela veut dire d’abord, contre une tendance épistémologique qui voudrait que la réalité physique soit une construction de notre esprit (ce que même le physicien d’Espagnat soutient !), que la nature existe en soi, hors de nous. Et, tout autant, que la pensée humaine est le produit de ses transformations successives telles que Darwin nous les a présentées dans sa théorie de l’évolution, théorie qui fait autorité désormais, même si elle doit être enrichie comme toute théorie scientifique. On voit donc combien le spiritualisme qui refait surface aujourd’hui, par exemple à l’initiative de l’idéologue J. Staune, est faux quand il prétend faire de la matière une réalité spirituelle "annonçant Dieu" et réhabiliter l’existence d’un esprit-substance. Pour résumer : si l’homme est un produit de l’évolution de la nature, il n’en est qu’une forme, quelle que soit sa spécificité, ses qualités, voire sa grandeur propre, morale incluse.
MATÉRIALISME ET PROGRÈS
Mais au-delà de ce motif intellectuel irrécusable qui nous oblige à adhérer au matérialisme, il faut voir aussi qu’il comporte un enjeu idéologique et donc politique. C’est pourquoi au 19ème siècle il était carrément interdit d’enseignement sous Victor Duruy et cela explique que l’Eglise catholique ait mis 150 ans pour reconnaître l’évolutionnisme, en 1996, quitte à le couper de sa conséquence matérialiste ultime : elle continue de maintenir entre la pensée et le corps un "abîme ontologique" ! Thèse que la science biologique elle-même est en train de ruiner petit à petit avec, par exemples les travaux de J.-P. Changeux. Ce refus tient à une résistance strictement idéologique : le spiritualisme a fait longtemps partie de la conception religieuse dominante depuis longtemps, justifiant les pouvoirs en place depuis le Moyen-Âge, et le retour actuel du religieux le plus intégriste s’explique ainsi, y compris dans l’appui que Macron apporte publiquement aux religions. A l’inverse, les combats progressistes contre le capitalisme, en France et ailleurs, se sont souvent réclamés d’un matérialisme lié au marxisme : celui-ci démasquait la puissance nocive d’un spiritualisme "opium du peuple" quand il s’accompagne de croyances détournant l’homme de sa vie terrestre et bloquant sa capacité politique de révolte
Enfin, c’est bien en partant des déterminismes biologique et familiaux que l’on pourra comprendre les troubles psychiques et les guérir : l’hypothèse d’un libre arbitre métaphysique de l’homme est ici totalement contre- productive.
Mais il y a encore mieux : il y a aussi la capacité compréhensive, que j’ai suggérée, de ce même matérialisme théorique dans de nombreux domaines qu’on croit pouvoir lui opposer pour le réfuter ou montrer ses limites. C’est ainsi que, complétant l’apport de la biologie par celui des sciences humaines on peut comprendre l’art et la sensibilité esthétique au beau sur sa base ; ou encore, c’est en partant de la vie, sociale ici, que l’on comprendra la conscience et ses illusions conservatrices (c’est un apport essentiel de Marx). Enfin, c’est bien en partant des déterminismes biologique et familiaux que l’on pourra comprendre les troubles psychiques et les guérir : l’hypothèse d’un libre arbitre métaphysique de l’homme est ici totalement contre- productive. Alors, pourquoi refuser cette orientation, sauf mauvaise foi ou ignorance ?




