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Algérie, l’énigme Gaïd Salah

Algérie

Brève publiée le 21 mars 2019

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://mondafrique.com/algerie-lenigme-gaid-salah/

Dans les coulisses du pouvoir algérien, la question est ouvertement posée sur l’attitude qu’adoptera le chef d’état major, Gaïd Salah, l’homme fort de la transition, face aux velléités du clan Bouteflika de demeurer au coeur du réacteur.

Depuis le début des manifestations populaires qui ont mis en cause le pouvoir algérien de façon massive, le chef d’état major, Gaïd Salah, est apparu hésitant. De retour des Emirats Arabes Unis, dont il est fort proche, ce général légitimiste, qui a toujours affiché da loyauté vis à vis du président Bouteflika depuis sa nomination en 2004, mettait en garde les manifestants sur les risques de troubles provoqués par les mobilisations de rue. Le lendemain, le message était effacé et le général-major vantait, dans un registre connu, l’unité jamais démentie entre le peuple algérien et son armée.

Une certitude, les forces de l’ordre, dont la gendarmerie placée sous les ordres de l’Etat-Major, n’ont cherché à aucun moment à envenimer la situation sécuritaire et ont adopté une attitude particulièrement responsable face aux foules descendues dans les rues.

A quoi joue le général Gaïd Salah? On connaissait, ces dernières années, l’opposition résolue du chef d’état major à toute succession familiale incarnée par le frère du président Said Bouteflika. Ces derniers temps et après avoir fait un grand ménage au sin des forces sécuritaires, le gradé avait pris des contacts indirects avec plusieurs personnalités politiques comme les anciens Premiers ministres Ali Benflis ou Mouloud Hamrouche.

On s’interroge désormais au sein des milieux dirigeants algériens sur les choix qui seront en définitive ceux d’un Gaid Salah, l’homme fort, par défaut, de la transition actuelle.

Le camp Bouteflika sur la défensive

Le lendemain des manifestations monstres de vendredi 15 mars, le camp présidentiel était apparu divisé. Certes, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, se montrait partisan d’une dissolution de l’APN (Assemblée Populaire Nationale). Cet ancien ministre de l’Intérieur, fidèle d’entre les fidèles, évoquait la nécessité de sacrifier le secrétaire général de l’UGTA, Sidi Said, contesté par la base syndicale pour sa proximité avec le pouvoir. Le Premier ministre envisageait même des mesures judiciaires contre le patron des patrons, Ali Haddad, conspué par la rue pour être un des principaux bénéficiaires, pour son compte ou celui de Said Bouteflika, du pillage de l’état.

Au final, une majorité s’est dégagée au sein du clan Bouteflika, menée par le vice Premier ministre Ramtane Lamamra, pour donner du temps au temps et ne pas griller encore toutes les cartouches supposées disponibles. Résultat, l’entourage du président Bouteflika apparait aujourd’hui comme totalement attentiste, sans ressort ni véritable projet alternatif. Ses principaux soutiens, dont Emmanuel Macron, le président français, en tète de gondole, sont violemment mis en cause par les manifestations qui se multiplient dans tout le pays.

L’hommage de l’armée au peuple

La nature a horreur du vide, Le lundi 18 mars, l’armée a donné de la voix à travers son patron le général Ahmed Gaïd Salah. Un communiqué du ministère de la Défense nationale cite une allocution prononcée, par le patron de l’armée, en marge d’une visite de travail et d’inspection en dans la troisième région militaire. Le vice-ministre de la Défense a tenu à rendre un hommage appuyé à la « profonde conscience populaire » et à saluer le grand sens de patriotisme du peuple et son civisme inégalé.

Ahmed Gaïd Salah a réitéré son « engagement devant Allah, devant le peuple et devant l’histoire », sans la moindre allusion au Président de la République auquel il avait l’habitude de se référer. Encore plus étonnant, le chef d’état-major de l’APN a fait la promesse ferme de trouver «une solution convenable, voire plusieurs » aux problèmes « aussi complexes qu’ils soient ».

Poutine en faiseur de paix

Un signe qui ne trompe pas, le vice Premier ministre, Ramtane Lamamra, qui passe pour être l’homme des Américains et des Français, s’est envolé pour son premier voyage officiel vers la Russie. Histoire, annonce-t-on, de rassurer les amis de Poutine sur les risques de déstabilisation en Algérie, A moins que ce diplomate aguerri dont les ambitions présidentielles sont connues ne soit venu montrer patte blanche en Russie, dont on connait les liens étroits avec un certain Gaïd Salah qui depuis toujours lui commande l’essentiel de ses armements.