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Japon: Les ménages dépensent plus mais gagnent moins
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
TOKYO (Reuters) - Les dépenses des ménages japonais ont augmenté plus que prévu en mars mais les salaires réels ont subi leur plus forte baisse depuis près de quatre ans, au grand dam de ceux qui espéraient que les dépenses de consommation amortiraient l'impact de facteurs externes tels que les conflits commerciaux.
Les dépenses des ménages ont augmenté de 2,1% en mars, par rapport à mars 2018, soit leur quatrième hausse d'affilée, alors que les marchés n'attendaient qu'une hausse de 1,7%.
Mais les salaires ajustés de l'inflation ont baissé de 2,5% en mars en variation annuelle, leur plus fort recul depuis 2015, ce qui fait douter de la pérennité d'une consommation a priori vigoureuse.
Toutefois, la hausse des dépenses des ménages a pu épargner au Japon une contraction au premier trimestre. La statistique du produit intérieur brut de janvier à mars doit être publiée le 20 mai.
Certains analystes estiment qu'un PIB faible pousserait sans doute certains responsables politiques à demander au Premier ministre Shinzo Abe de repousser une nouvelle fois une hausse de la TVA en octobre. Cette dernière, censée faire passer le taux de 8% à 10%, a déjà été reportée à deux reprises.
"Il est possible que l'économie enregistre une croissance nulle voire légèrement positive grâce aux dépenses des ménages plus fortes que prévu", remarque Hiroaki Mutou, chef économiste de l'institut d'études Tokai Tokyo. "Je ne pense pas que le gouvernement reportera une hausse de la TVA si la croissance est modeste, voire s'il y a une légère contraction".
Le gouvernement a dit à plusieurs reprises qu'il augmenterait la TVA sauf si l'économie subissait un choc de l'ampleur de la faillite de Lehman Brothers en 2008.
En attendant, les risques d'une récession et l'intensification des incertitudes mondiales ont poussé la Banque du Japon (BoJ) à promettre de conserver des taux ultra-bas pendant encore un an au moins, suivant un résumé des discussions de la réunion monétaire d'avril.
C'était la première fois que la banque centrale donnait un cadre temporel relativement précis à sa politique de pilotage des anticipations des marchés.
"Suivant l'évolution de la situation à l'étranger et l'impact d'une hausse prévue de la TVA, le risque demeure que le Japon subisse une récession", a déclaré un responsable de la BoJ selon le compte-rendu.




