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CGT : le bilan de Martinez ne fait pas le plein
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Lors du congrès de la CGT à Dijon, ce mardi, le rapport d'activité a été approuvé par seulement 71 % des délégués. Un résultat à peine meilleur que celui de 2016. Le débat qui l'a précédé a révélé une organisation inquiète pour son avenir, alors qu'elle a « perdu toutes [ses] luttes au niveau national », comme l'a souligné une déléguée.
Premier vote, ce mardi en fin de matinée, au 52e congrès de la CGT qui se déroule cette semaine à Dijon. L es quelque 1.000 délégués étaient appelés à se prononcer sur le rapport d'activité de la centrale depuis son précédent rendez-vous triennal, en 2016. Le résultat, annoncé l'après-midi, n'est pas une bonne nouvelle pour Philippe Martinez qui a fait à peine mieux que lors du précédent congrès.
De quoi inquiéter
Les votes « pour » ont représenté 70,96 % des suffrages exprimés contre 29,04 % de « contre ». C'est à peine mieux que le résultat, historiquement bas, de 2016. Certes, le nombre de votes négatifs s'est réduit, passant de 31,3 % à 29,04 % mais cette évolution doit être interprétée avec précaution du fait de la progression de l'abstention, de 14,1 % à 15,34 %. Le poids des soutiens à l'activité de la confédération ces trois dernières années est resté proche du plancher de 2016 rapporté à la totalité des suffrages : 60 % des voix contre 59 % il y a trois ans.
Cela a de quoi inquiéter Philippe Martinez. D'abord parce que 2016 avait été un congrès très particulier : l'organisation avait sanctionné la direction à la suite du scandale du train de vie de Thierry Lepaon, auquel il a succédé à la suite de sa démission. En outre, ce résultat doit être regardé à l'aune du contenu du débat sur le rapport d'activité qui s'est déroulé avant le vote.
Certes, seule une poignée d'interventions a fustigé une direction confédérale jugée pas assez combative et si elles ont été applaudies, elles n'ont pas emporté la salle, tant s'en faut.
« Ne pas crever »
Mais le débat a traduit un important malaise dans l'organisation. L'après-midi, au démarrage du débat sur l'orientation future de la CGT, un militant du contrôle aérien a embrasé la salle en affirmant : « qu'importe être le premier ou deuxième, on s'en branle, camarades, on ne peut pas être coupable d'être résistant. » Preuve que la méthode Coué a encore du succès. Mais cela ne peut effacer les importantes interrogations qui traversent la centrale.
De nombreux délégués avaient souligné, le matin, combien la CGT est bousculée par le mouvement des « gilets jaunes », « un mouvement inédit qui s'est répandu comme une traînée de poudre » en partant des « invisibles de la France périphérique », a noté Caroline Viau, fonctionnaire territoriale. « Pour la première fois, un mouvement puissant a éclaté auquel on n'est pour rien », a regretté Marie Soubestre, de la Fédération du spectacle. La « méfiance [des gilets jaunes] n'est-elle pas due au fait que nous avons perdu toutes nos luttes au niveau national ? », a-t-elle ajouté.
Elle n'a pas été la seule à pointer les échecs des nombreuses mobilisations de la centrale. « Face à l'urgence et pour ne pas crever, il faudra davantage que mettre les pieds dans le plat », a affirmé David Guerret, du secteur médico-social, en référence à Philippe Martinez, qui avait déclaré la veille « mettre les pieds dans le plat » sur la nécessité d'évolution de la CGT.
Boîte à outils
Mais « comment se réinventer pour coller au plus près du salariat ? » a interrogé Pascal Pontac, docker à Saint-Nazaire. Si l'enjeu de la syndicalisation a été quasiment ignoré , plusieurs interventions ont montré que la grève et les manifestations restent pour beaucoup la seule boîte à outils. Alors même qu'à l'ouverture des débats, Gilles Fournel, membre de la direction de la CGT, avait souligné que depuis 2016, lors des nombreuses mobilisations, « un tiers [des] forces [cégétistes] ne se sont quasiment jamais mises en action, nos élus et mandatés n'ont pas tous toujours joué un rôle majeur ou moteur dans le développement des mobilisations ».
Leïla de Comarmond (Envoyée spéciale à Dijon)




