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«Merci patron !» : une officine proche de Squarcini confesse avoir enquêté sur Ruffin
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
«Mediapart» révèle qu’au cours de la réalisation de son documentaire sur la fermeture d’une usine par le leader mondial du luxe, le futur député de La France insoumise aurait été surveillé.
Rien ne semble pouvoir freiner l’espionnite politico-financière, la paranoïa au sein du CAC 40, via d’anciens flics reconvertis dans le privé. Le phénomène n’est pas nouveau, loin de là, mais vient de rebondir derechef avec cet article de Mediapart : François Ruffin, avant même d’être tête de gondole de La France insoumise, aurait été pisté, si ce n’est espionné, lors de la sortie de son film intitulé Merci Patron !, diffusé en 2016. Barbouzerie - enquête parallèle, pour rester poli - diligentée par LVMH.
C’est l’histoire de la rencontre entre deux caricatures : Bernard Arnault, PDG de LVMH qui aurait demandé sa naturalisation belge pour des considérations a priori fiscales (lui nie absolument, assurant qu’il s’agissait d’arguties patrimoniales), et Bernard Squarcini (sollicités par Libération, ni lui ni son avocat n’ont donné suite), taulier du renseignement à la française, sarkozyste revendiqué, directeur de la DGSI prié de plier les gaules en 2012, reconverti depuis dans le renseignement privé. Ils étaient donc faits pour se rencontrer. LVMH était indirectement mis en cause dans Merci patron !, narrant la fermeture d’une usine sous-traitante de l’empire du luxe. Pour en avoir fait l’exemple des dérives de la mondialisation, François Ruffin aurait en retour fait l’objet, atteste Mediapart, d’un «espionnage méthodique».Maigre moisson en retour, l’enquête privée diligentée par LVMH se contentant de relever que la compagne de Ruffin aurait pris du galon, «coordonnant les actions de Fakir.»
Boules puantes
On retrouve là les limites de l’espionnage privé à la française, pompeusement intitulé «intelligence économique», plus prosaïquement destiné à balancer quelques boules puantes. Bernard Squarcini, réputé grand ponte du renseignement, en est réduit à ça : missionné (jusqu’à 1 million d’euros par mois !) par l’oligarque Dmitri Rybolovlevalors en conflit contre un marchand de tableaux, sa seule plus-value consistera à narrer des parties fines avec la pin-up Zahia. Cela fait cher le potin, l’ancien taulier de la DGSI se flattant par ailleurs et par contrat de ses anciennes accointances policières : «Je vous confirme la prise en charge comme convenu au niveau des autorités», faisant miroiter - avant de les monnayer - ses relations en haut lieu Place Beauvau. Les libellés de certaines de ses prestations sont parfois volontairement abscons, du genre : «Certain works and services to be performed.»
S’agissant de François Ruffin, LVMH aura pris soin de confier (selon Mediapart, qui cite la police) la «supervision» de l’enquête parallèle à Bernard Squarcini, à la tête d’une PME dénommée Kyrnos, lequel l’aurait ensuite sous-traitée au cabinet I2F, d’Hervé Séveno, ancien taulier de la brigade financière reconverti de longue date dans le privé. L’article de nos confrères de Mediapart se base essentiellement sur un rapport interne du cabinet privé I2F, daté de 2015 : le document écrit concède un «suivi de Fakir à travers plusieurs réunions internes ou publiques».
«Taupe»
Séveno, sous-traitant de LVMH via Squarcini, reste droit dans ses bottes. «L’article de Mediapart me fait une page de pub en plus», fait-il mine d’ironiser, avant de nier toute enquête illégale, toute intrusion informatique, disant se contenter de «renseignements humains», ce qui n’est pas rien. L’un de ses rapports, dévoilé par Mediapart, fait état de «risques à ne pas négliger à l’occasion des prochains événements de LVMH». Tout comme Apple ou Google, cibles récurrentes des alterfiscalistes, tenteraient d’en savoir un peu plus sur Attac…
Si d’aventure François Ruffin devait porter plainte, la difficulté consistera à remonter la chaîne des responsabilités, la «taupe» au sein du journal Fakir ayant elle-même été «sous-sous-sous»-traitée. Entendu début janvier comme simple témoin, Bernard Arnault s’est contenté d’un : «Je n’ai aucune information à ce sujet.» Quatre mois plus tard, les enquêteurs n’ont curieusement pas encore estimé utile de faire témoigner Séveno, lequel ironise à peine : «J’espère bien être entendu [par la justice] plutôt que par Médiapart ou Libération !» Il se dit droit dans ses bottes, sûr de ses rapports d’enquête qu’il estime «juridiquement opposables», autrement dit présentables devant un tribunal en cas de besoin.




