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Création de la FSE, nouveau syndicat étudiant

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Brève publiée le 22 mai 2019

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://fse-national.fr/qui-sommes-nous/notre-vision-du-syndicalisme/

Points d'unités de la fse

1er Point : Sur la lutte des classes dans l’Enseignement supérieur

Suite au développement des forces productives et aux besoins d’un prolétariat toujours plus formé, l’Enseignement Supérieur et la recherche (ESR) évolue depuis les années 1960, et connaît un phénomène de massification. Cette massification est le fait de l’entrée progressive des classes populaires dans ses structures, y voyant entre autre un moyen d’élévation sociale. Ce phénomène fait naître de fortes contradictions de classes au sein de l’ESR, que la bourgeoisie tente de résoudre à son profit en entamant un processus de libéralisation de ce dernier, au détriment de l’intérêt des classes populaires. Nous aspirons à pouvoir mener librement nos études et recherches, non pas dans l’intérêt d’une minorité possédante, mais dans l’intérêt de la société toute entière. Nous défendons un ESR unifié, ouvert, gratuit, et critique.

2ème Point : Sur les travailleuses et travailleurs en formation

Remettant en cause son rôle initial de transmission et d’accroissement global des savoirs, la bourgeoisie transfert progressivement à l’ESR le rôle d’acquisition de compétences et de formation professionnelle, se dédouanant ainsi de ces financement. L’Université assumant désormais des missions de professionnalisation et de formation continue, le coût de la formation du travail tend à reposer sur les travailleurs eux même, et non plus sur les employeurs. Ainsi, au moyen de la libéralisation, la bourgeoisie fait de nous non plus de simples étudiant-e-s, mais des travailleuses et travailleurs en formation, quand nous ne produisons pas déjà de la valeurs en nous salariant ou en menant des recherches à son profit. Ce lien entre ESR et monde du travail est matérialisé par le diplôme, nous reconnaissant des droits sur le marché du travail, garantis par le code du travail et les conventions collectives. Voilà pourquoi nos intérêts sont indissolublement liés aux intérêts des travailleuses et travailleurs salarié-e-s.

3ème Point : Sur le syndicalisme étudiant

Les contradictions de classe traversant l’ESR impactent directement l’objet de nos études et de nos recherches, ainsi que notre protection sur le marché du travail. De plus, celles-ci pèsent sur les conditions de formation des étudiant-e-s issus des classes populaires, nous offrant un accès limités aux formations les plus valorisées, et dévalorisant les filières auxquelles nous accédons, en faisant de simples réserves pour une professionnalisation précise et rapide répondant aux besoins immédiats de la bourgeoisie. La précarité de nos conditions de vie et d’étude, ainsi que l’obligation quasi-générale du recours au salariat, à la fois seul moyen et principal obstacle à l’obtention du diplôme, n’est qu’un exemple supplémentaire de cette réalité. Cette matérialisation de la lutte des classes nécessite la reconnaissance d’une forme particulière de syndicalisme : le syndicalisme étudiant.

4ème Point : Sur nos moyens et pratiques syndicales

Le syndicalisme naît d’une nécessité d’organisation et compte pour mission l’élévation du niveau de conscience du milieu qu’il organise. Cette élévation se construit par l’obtention de victoires par la lutte, et se renforce par l’organisation de solidarité concrète. Nos pratiques syndicales ne sont pas figées et ne découlent pas de positions de principe. Nous nous défendons de toutes dérives corporatistes et cogestionnaires nous enfermant dans des logiques d’isolement, et de passivité légaliste et institutionnelle. Nous dénonçons la cogestion biaisée qui nous est proposé, qui a pour seul rôle de domestiquer le syndicalisme en l’associant à l’application des réformes gouvernementales. Nous sommes solidaires des luttes menées par le syndicalisme professionnel, et soutenons que les travailleuses et travailleurs des différents secteurs économiques doivent pouvoir se reconnaître et se coordonner. Nous prenons part à toutes les luttes dans lesquelles nous avons intérêt : locales ou nationales, sectorielles ou générales.

5ème Point : Sur les masses étudiantes et le syndicalisme de masse

Nous partons du constat que les masses font l’Histoire, et que seuls le mouvement des masses dans l’action permet d’obtenir de réelles victoires. Ainsi, nous concevons un syndicalisme ancré dans les masses étudiantes, dans leurs lieux d’études, dans leurs lieux de vie, dans leurs lieux de sociabilité. Notre syndicalisme est au service des masses et n’en est pas coupé. Nous refusons de nous enfermer dans un entre sois militant coupé des masses et tirons cette leçon du bilan des organisations nous ayant précédé. Nous nous revendiquons d’un syndicalisme de masse, ne se matérialisant pas uniquement par le caractère massif de l’organisation, mais principalement pas une pratique de masse quotidienne. Toute action, toute lutte, ne peut aboutir qu’avec la participation et le soutien actif de celles-ci.

6ème Point : Sur le syndicalisme, outil des personnes opprimées

Nous défendons un syndicalisme à l’image des masses étudiantes. Cette conception nécessite de prendre en compte les contradictions internes aux masses, marginalisant une partie d’entre elles dans leur organisation. Ainsi, le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, le validisme, sont autant d’éléments spécifiques engendrant oppression et sur-exploitation sous différentes formes. Le syndicalisme se doit d’être aussi l’outils de ces personnes, marginalisées malgré leur grand nombre : c’est pourquoi nous luttons contre ces rapports de domination interne aux masses, tant dans notre organisation que dans les luttes sociales, ou nos lieux de sociabilité. De même, non déconnecté-e-s du monde de la production, nous sommes conscient-e-s des enjeux de l’orientation genrée maintenant une forme de division du travail assurant la domination masculine et la surexploitation des femmes. Enfin, nous nous battons pour que règne la culture du consentement sur la culture du viol, et portons une attention particulière à la lutte contre les violences sexuelles, nécessitant une vigilance permanente, et une réaction d’une grande fermeté. Nous défendons un ESR inclusif et soutenons les personnes opprimées lorsqu’elles dénoncent leurs conditions, s’organisent, et luttent pour les dépasser.

7ème Point : Sur l’Impérialisme et l’Internationalisme

Ne pouvant être déconnecté des intérêts économiques, l’ESR français suis les dynamiques impérialistes de sa bourgeoisie nationale. Organisant la marchandisation des savoirs à l’internationale avec une mise en concurrence des établissements et laboratoires, cette structuration participe de l’exploitation des Etats semi-coloniaux par les Etats impérialistes y trouvant un moyen supplémentaire de mise en valeur de leurs capitaux. Nous nous opposons à cette structuration organisée pour l’appropriation des recherches des étudiant-e-s issu-e-s des colonies et semi-colonies, ainsi qu’aux objets de recherches consolidant des projets coloniaux et impérialistes. Nous sommes résolument anti-impérialistes et internationalistes, et soutenons les initiatives de rapprochements et de solidarités avec les luttes émancipatrices des étudiant-e-s et travailleur/ses des autres Etats.

8ème Point : Sur la lutte antifasciste

La bourgeoisie connaît deux formes d’exercice du pouvoir : l’une libérale, l’autre fasciste. Le fascisme est un système politique s’installant lorsque la bourgeoisie craint pour son pouvoir et décide de couper les appareils de gouvernance “démocratiques” habituels, et les libertés fondamentales. Les premières victimes de ce systèmes politiques sont les classes populaires organisées, dont en premier lieux les syndicats. Si le fascisme est une problématique de masse devant préoccuper la société entière, il connaît des manifestations particulières dans l’ESR, ou des groupuscules servant l’ordre bourgeois peuvent directement s’en prendre aux organisations, parfois en collusions avec les instances administratives. Ainsi, nous défendons la liberté de nous réunir, et de véhiculer nos idées de manières illimitées et sous toutes formes. Nous luttons contre tout manquement aux libertés syndicales et contre la répression des luttes dans l’ESR. Nous luttons contre la banalisation des discours fascistes et voyons dans l’antifascisme une pratique de masse, nécessitant une vigilance permanente.

9ème Point : Sur l’indépendance syndicale

Nous défendons une organisation indépendante refusant toute forme de tutelle de la part d’autres forces syndicales, de partis politiques, des directions universitaires et instances étatiques. Ce principe implique aussi de nous questionner sur notre indépendance financière, alors que la bourgeoisie met tout en place pour domestiquer les organisations syndicales, tant dans les espaces de représentation que par le biais de nombreuses subventions. Nous devons ainsi tendre à un financement priorisant nos ressources propres. Le principe d’indépendance n’exclut cependant pas le travail en commun ou l’adhésion des membres à d’autres organisations. Les membres de l’organisation sont libres d’afficher et de revendiquer leurs opinions politiques ou religieuses, tant que celles-ci ne sont pas contradictoires avec nos principes de base.

10ème Point : Sur la lutte syndicale et la transformation sociale

Par notre participation ouverte à la lutte des classes, nous assumons de vouloir améliorer nos conditions de vie et d’étude, mais aussi plus largement de remettre en cause le mode de production capitaliste qui organise notre exploitation. Ainsi, nous considérons que l’intérêt de la classe ouvrière est hautement supérieur à l’intérêt de court terme des étudiant-e-s et refusons de tomber dans la réaction corporatiste lorsque les gouvernements tenteront d’opposer nos intérêts à ceux de la classe ouvrière. Conscient-e-s que le syndicalisme ne se suffit pas à lui même, notre rôle ne se trouve pas dans l’organisation de la prise de pouvoir des classes populaires, mais de travailler à l’élévation de leur niveau de conscience, à leur consolidation, et à leur unité par la lutte, s’inscrivant dans le sens d’un changement global de société, ou chacun-e puisse s’épanouir librement, sans oppression ni exploitation. Nous affirmons que notre conception de l’ESR est incompatible avec le capitalisme, et nécessite l’édification d’une nouvelle société libérée de ses contradictions, par le renversement de l’ordre social actuel.