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    Algérie. «Pas de dialogue avec Bensalah et Bedoui»

    Algérie

    Brève publiée le 2 juin 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-pas-de-dialogue-avec-bensalah-et-bedoui.html

    Par Abdelghani Aichoun

    Les Algériens ont répondu ce vendredi 31 mai, le 15e depuis le début de la contestation populaire le 22 février dernier, à l’offre de dialogue faite cette semaine par le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. «La hiwar maa el issabat» (Pas de dialogue avec les bandes), ont scandé les manifestants dans les rues de la capitale, où ils étaient nombreux à prendre part à la manifestation, malgré le jeûne et la chaleur.

    En d’autres termes, les manifestants rejettent tout dialogue avec les symboles de l’ancien régime, à savoir le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, et le Premier ministre, Noureddine Bedoui.

    «Pas de dialogue avec les symboles de l’ancien régime (Bedoui, Bensalah)», lit-on sur une pancarte brandie par un manifestant. «Mada sebaa, solta li chaab» (Article 7, pouvoir au peuple), ont martelé les marcheurs. Sachant pertinemment que l’élection du 4 juillet fait désormais partie du passé, le slogan «Pas d’élection avec les bandes» a été quelque peu abandonné.

    En ce moment, il est donc question de l’offre de dialogue du chef d’état-major. «Pas de dialogue sous le verrouillage et la répression», «Quand Bensalah et Bedoui partiront, on croira à l’offre de dialogue» ou «Le premier pas positif pour l’entame du dialogue est le départ de Bedoui et Bensalah», sont entre autres les slogans inscrits sur des pancartes par des manifestants.

    Il est clair que les Algériens ne sont pas près globalement de se lancer dans un processus de dialogue sous la conduite des «2B». Leur maintien à la tête de l’Etat est un facteur de blocage qui pourrait éventuellement compromettre toute initiative, aussi sincère soit-elle, allant dans le sens du règlement de la crise. Par ailleurs, en évoquant la «répression» et le «verrouillage», les manifestants n’arrivent pas à se fier à l’idée de s’engager dans un dialogue, alors que les restrictions sur les libertés sont toujours en vigueur.

    D’ailleurs, la capitale a été une nouvelle fois complètement bouclée à l’occasion de ce 15e vendredi, empêchant l’accès à Alger, depuis la veille, à toute personne venant des wilayas limitrophes pour prendre part à la marche. Ceci sans compter le traitement réservé aux manifestants, ces dernières semaines, par les médias lourds publics et même des chaînes privées.

    Un comportement qui n’aide aucunement à instaurer un climat serein en vue de l’entame de ce dialogue tant attendu. «Celui qui t’empêche d’exprimer ta voix, ne va jamais protéger ta voix», a écrit sur une pancarte une manifestante.

    Un état d’esprit partagé apparemment par beaucoup d’Algériens. Et le premier gage de bonne volonté que peut présenter le pouvoir est le départ de Bensalah et Bedoui, les «2B» qui sont unanimement rejetés par les manifestants. En dehors de ça, il est difficilement imaginable qu’un dialogue puisse être initié sous la conduite de ces deux personnalités qui sont des «résidus de la bande». (Article publié dans El Watan, en date du 1er juin 2019)