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Clémentine Autain va appeler à un «big bang» de la gauche radicale
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Députée de La France insoumise, Clémentine Autain prévoit de publier mardi un texte signé par plusieurs centaines de personnes, destiné à refonder la gauche radicale autour d’un nouvel axe.
Clémentine Autain se lance dans l’arène. La députée de Seine-Saint-Denis du groupe des Insoumis prévoit de publier mardi un texte signé de plusieurs centaines de personnalités engagées, appelant à un «big bang» de la gauche radicale. Ce texte n’a pas pour objectif de dénoncer la ligne jusqu’ici conduite par Jean-Luc Mélenchon mais de permettre un plus large rassemblement. Il pourrait cependant provoquer une rupture.
Si de nombreux textes circulent en ce moment pour appeler à la refondation sur la base d’une union de la gauche et des écologistes, celui de Clémentine Autain, auquel est associée la députée PCF des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon - elles n’en sont pas à leur première initiative commune - pourrait provoquer quelques vagues. «Nous voulons nous occuper de ceux qui ont la gueule de bois après ces élections, ces dizaines ou centaines de milliers de militants qui s’étaient mis en mouvement en 2017 pour la présidentielle mais que nous n’avons pas retrouvés», explique Pierre-François Grond, proche de Clémentine Autain. L’idée n’est plus de reconstruire, mais de «construire du neuf incluant la vague verte anti-système». «Génération.s est signataire», indique Guillaume Balas, numéro deux du mouvement. «Il ne s’agit pas de soutenir une personne en particulier mais un texte de fond qui appelle à des convergences entre la gauche et l’écologie», précise Balas, pour qui «ce rassemblement est un impératif absolu si nous voulons passer le premier tour en 2022 et éviter le duel mortifère entre LREM et le RN».
Éric Piolle: «Clémentine Autain n’attend pas le grand soir, ni que tout le monde la rejoigne sur sa ligne»
«Clémentine Autain a un logiciel clairement écologiste», souligne le maire EELV de Grenoble Éric Piolle, artisan dans sa ville d’un «arc humaniste» allant des Insoumis à tout ou partie des socialistes ayant rompu avec le productivisme. Il n’a pas lui-même signé le texte pour ne pas se ranger dans un couloir particulier, mais il soutient l’initiative. «Autain, dit-il, incarne de longue date une gauche sociale et environnementale, tout en étant pragmatique. Elle n’attend pas le grand soir, ni que tout le monde la rejoigne sur sa ligne».
Car c’est sans doute sur ce point que le bât blesse le plus chez Jean-Luc Mélenchon, qui avait obtenu près de 20% à la présidentielle. «Le noyau dur des Insoumis est totalement incapable de s’adresser à l’ensemble du pays», estime le politologue Gaël Brustier, soutien de Clémentine Autain et signataire du texte. «Durant cette campagne des européennes, ils ont noyé les gens sous des considérations technocratiques quand ils ne les ont pas étouffés sous le bruit et la fureur». Pour Brustier comme pour nombre de signataires, «à trois ans de la présidentielle, l’urgence consiste à rassembler son camp. Ensuite nous pourrons élargir». Car pour cet intellectuel spécialiste de la question du populisme, «il ne s’agit pas de départager une ligne populiste valide d’une ligne du rassemblement de la gauche aussi valide, mais de trouver une ligne gagnante».
Dans la recherche de cette ligne, à entendre ses proches, la députée de Seine-Saint-Denis semble pouvoir rassembler tout ou partie d’une gauche radicale élargie. «Avec Clémentine Autain, il y a un début de phénomène Ségolène Royal mais avec nettement plus de fond», explique un autre signataire. Pour ce dernier, qui souhaite rester anonyme, Jean-Luc Mélenchon et le député LFI François Ruffin «sont à mettre dans une même catégorie en matière d’expression des revendications, alors que les Français attendent de l’espérance».
Jean-Luc Mélenchon: «Je ne serais pas raisonnable d’attendre de l’élégance dans la vie politique»
Dans les premières heures suivant le résultat catastrophique de LFI aux européennes, Clémentine Autain avait pris ses distances avec la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. Elle n’a pas varié depuis, au risque de se voir critiquer par ses collègues du groupe des Insoumis à l’Assemblée. Mais aussi par Jean-Luc Mélenchon. «Je ne suis ni choqué ni meurtri d’aucune expression critique. D’abord parce qu’il est normal que chacun veuille vivre sa vie, faire entendre ses conclusions et déployer ses calculs si vite que ce soit. Ensuite parce que, après ce que je viens de vivre depuis un an, je ne serais pas raisonnable d’attendre de l’élégance dans la vie politique», a-t-il balancé sur son blog. Le député de Marseille doit s’exprimer le 6 juin pour dresser son bilan des européennes.




