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Algérie : la rentrée se fera dans la confrontation entre le mouvement et l’armée
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Crédit Photo: Titi Haddad
Après six mois de mobilisation, de lutte et de grèves, le peuple algérien continue à revendiquer le départ du régime en place. Le Hirak sauvegarde encore son caractère permanent, son intensité, sa détermination et déjoue toutes les manœuvres entreprises par le système pour se maintenir au pouvoir. Les manifestations du vendredi 30 août (acte 28) ont été une sorte de répétition générale en vue d’une rentrée sociale qui s’annonce déjà chaude.
À l’occasion de ce 28e vendredi, d’imposantes manifestations se sont tenues dans plusieurs wilaya du pays, notamment dans les grandes villes (Alger, Béjaia, Tizi Ouzou, Oran, Constantine. Ouargla, Bordj…) où la mobilisation ne s’est pas estompée depuis le 22 février 2019. Des mots d’ordre antisystème « yatnahaw gaa, système dégage », « klitou lebled Ya Serraqin » (« Vous avez pillé nos richesses ») ont fait vibrer les rues du pays, d’autres exprimant leur refus catégorique de l’élection présidentielle et leur attachement à la revendication d’un État civil plutôt que militaire, ceci en réponse à la dernière sortie médiatique du chef de l’état-major, Ahmed Gaïd Salah, qui s’est montré menaçant.
Ce dernier a ainsi fustigé « l’acharnement sur l’institution militaire » qui fait selon lui « partie d’un plan abject, dont l’objectif est de bloquer et neutraliser le rôle de l’armée, qui a donné un exemple à tous, en termes de dévouement, de loyauté et de protection de la patrie, et a prouvé sa capacité à consacrer le lien solide entre le peuple et son armée. »
Gaïd Salah a demandé la convocation du corps électoral, c’est-à-dire le déclenchement du processus électoral, pour le 15 septembre, afin d’organiser la présidentielle le 15 décembre. Il s’agit de mettre un terme à la mobilisation.
Répression étatique
Comme riposte, les masses populaires crient et appellent à la « grève générale », à la « désobéissance civile », à la « primauté du civil sur le militaire », à la « souveraineté populaire », à une transition « , pacifique, transition démocratique », comme on l’entend dans les slogans majoritairement repris dans la rue.
Cette situation de crise et d’impasse au niveau du régime engendre chez ce dernier la volonté de passage en force, une tendance à réprimer toutes les voix discordantes qui osent formuler une alternative politique à l’élection présidentielle : interpellation des militants politiques, interdiction des universités d’été pour certaines organisations politiques et associatives, renforcement de la présence des forces de l’ordre les mardis et vendredis dans certaines wilaya, etc. Gaïd Salah a d’ailleurs, dans son dernier discours, menacé directement le mouvement : « Nous ne tolérerons aucune tentative d’entrave au travail des institutions de l’État et, partant, de nos missions et prérogatives constitutionnelles, nous ferons face avec rigueur à ces manœuvres qui visent à faire perdurer la crise ».
Rapport de forces à construire
Les manifestations interviennent dans un contexte politique particulier marqué essentiellement par l’incapacité de Gaïd Salah à imposer sa feuille de route, qui n’est pas moins qu’un plan de sauvetage du régime et, de l’autre côté de la barricade, les masses populaires, qui maintiennent la pression en restant toujours mobilisées.
À cet effet, seule l’auto-organisation des masses populaires (travailleurEs, chômeurEs, étudiantEs, femmes, paysanEs) pourrait faire aboutir les revendications démocratiques et sociales du peuple algérien dans le cadre d’un processus constituant, capable de consolider le rapport de forces et de remettre en cause le système en place.
Nonor et Yani





