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    Acte 44 des gilets jaunes à Nantes

    Gilets-jaunes

    Brève publiée le 14 septembre 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://www.liberation.fr/france/2019/09/14/acte-44-des-gilets-jaunes-les-nantais-n-osaient-plus-venir-en-manif_1751393

    Samedi, gilets jaunes et groupes réclamant «justice pour Steve» se sont retrouvés à Nantes lors d'une manifestation estimée à risques par la préfecture de Loire-Atlantique. Les participants ont défilé sous différents mots d'ordre, le long d'un parcours au tracé improvisé.

    Nantes, le 14 septembre 2019, lors du nouveau rassemblement des gilets jaunes.

    Nantes, le 14 septembre 2019, lors du nouveau rassemblement des gilets jaunes. Marion Vacca pour Libération.

    Comme un rappel symbolique de leur volonté de réclamer une «justice sociale», les gilets jaunes s’étaient rassemblés ce samedi 14 septembre à Nantes, place du Général Mellinet, bordée de façades cossues. Dans ce quartier de l’ouest du centre-ville habituellement peu enclin à la contestation, ils étaient une centaine réunis à l’heure du déjeuner. Beaucoup sont nantais et se réclament du mouvement débuté fin novembre dernier.

    Mais pour cet acte 44, l’opposition aux violences policières s’est ajoutée aux mots d’ordre. «Un de nos objectifs est que les violences policières soient sanctionnées et que la justice soit appliquée, ce qui n’est pas le cas actuellement», affirme Emmanuelle, qui se dit proche des gilets jaunes et de «l’Assemblée des blessés». Le vêtement fluo se fait discret dans le rassemblement et il y a peu de banderoles. Celles-ci seraient bloquées par la police dans un local de la Maison du peuple, d’après des gilets jaunes. Les forces de l’ordre avaient également procédé à 18 interpellations préventives.

    Parcours improvisé

    Un peu plus loin sur la place, un groupe se présente comme de la mouvance citoyenne qui s’est constituée dans le sillage du mouvement «Justice pour Steve»«Est-ce qu’il y a une profession dans laquelle on est aussi peu sanctionné que là ?», interroge l’un des trentenaires en référence à l’annonce par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner de la mutation du commissaire Grégoire Chassaing, en charge du commandement des opérations de police dans la nuit du 21 au 22 juin dernier, dans la préfecture de Loire-Atlantique. Cette nuit-là un jeune homme, Steve Maia Caniço avait été porté disparu et son corps retrouvé dans La Loire un mois plus tard.

    Nantes, le 14 septembre, lors de la mobilisation des gilets jaunes.

    Vers 14h30, le cortège se met en route sans trop savoir par où rejoindre le centre-ville dont une grande partie a été déclarée interdite de manifestation. L’assemblée s’étoffe aux abords du centre, ils seraient autour de 1 800 selon la préfecture. Le cours des 50 otages, pourtant annoncé comme autorisé par la préfecture est bloqué. Le cortège est confiné le long des allées Flesselles, les esprits commencent à s’échauffer.

    «Nous sommes pacifistes, libérez-le !»

    En milieu d’après-midi deux bombes incendiaires sont lancées contre les gendarmes mobiles placés devant le château des ducs de Bretagne. Des pavés sont lancés et du mobilier urbain dégradé, ainsi que des agences bancaires, mutuelles et un restaurant McDonald’s. Dans le cortège, les mots d’ordre sont très divers. «Je suis là parce que le gouvernement ne fait rien pour le climat», annonce un étudiant de 18 ans. Son ami, étudiant également, à Saint-Nazaire (44), ajoute : «Ce n’est pas la question d’un mot d’ordre unique qui se pose aujourd’hui. Nous cherchons à créer un effet de masse, dans la convergence des luttes.»Plus loin, trois lycéennes sont venues avec la mère de l’une d’elles pour clamer leur volonté d’une «justice pour Steve». Jusqu’alors, elles s’étaient uniquement mobilisées pour le climat. Peu habituées des cortèges, elles craignent les violences.

    Beaucoup de manifestants dénoncent l’attitude des forces de l’ordre lors des défilés nantais de ces dernières années. «Les Nantais n’osaient plus venir en manif», déclare un trentenaire. Peu avant 16 heures, dans les lacrymogènes, le cortège se divise autour de la place du Bouffay, dans le centre historique. Certains manifestants tentent de rejoindre la préfecture. Place du Commerce, un homme est interpellé. Quelques personnes tentent une chaîne humaine autour du fourgon où il se trouve. «Nous sommes pacifistes, libérez-le !», crient-ils tandis que derrière, en direction de la Loire, surgit un nouveau nuage de gaz lacrymogène lancé en direction d’un autre groupe. En fin d’après-midi, l’ambiance était très tendue notamment autour de la place du commerce. La police nationale annonçait 26 interpellations depuis le début de matinée.