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    Un salarié sur deux «épuisé»

    santé

    Brève publiée le 19 septembre 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://www.anti-k.org/2019/09/19/barometre-sante-et-qualite-de-vie-au-travail-un-salarie-sur-deux-epuise/

    Selon l’étude Ifop, pour 7 salariés sur dix, le travail est « nerveusement fatigant ». (Illustration) LP/Benjamin Pelsy

    Le Parisien, 18 septembre 2019

    Le 11e Baromètre Santé et qualité de vie au travail de l’assureur Malakoff-Médéric révèle que le rythme de travail s’est accéléré pour un salarié du privé sur deux.

    En apparence, tout va bien, voire mieux. Mais l’ubérisation du travail, la digitalisation et la fragmentation des tâches commencent à avoir des effets mesurables sur l’état de santé des salariés. C’est ce que révèle la 11e édition du Baromètre Santé et qualité de vie au travail réalisé par l’Ifop pour le compte du groupe de protection sociale Malakoff Médéric Humanis ( Enquête réalisée du 17 mai au 20 juin, par Internet, auprès d’un échantillon représentatif de 4 552 salariés du secteur privé ).

    4 salariés sur 10 travaillent chez eux le soir

    Sur les 4 552 salariés du secteur privé interrogés par l’Ifop, une majorité trouve que leur entreprise s’occupe de mieux en mieux de leur bien-être (56 % du panel, contre 53 % en 2018 ). Mais ils sont près d’un sur deux (46 %) à estimer qu’au cours des douze derniers mois, leur rythme de travail s’est accéléré.

    Pire : 38 % du panel avoue travailler « de plus en plus chez eux », c’est 4 points de plus depuis 2015. On est loin du droit à la déconnexion. « Il y a des tensions sur les ressources pour atteindre les objectifs », analyse Anne-Sophie Godon, directrice de l’innovation chez Malakoff Médéric Humanis qui fait le parallèle avec le fait que l’activité s’est accélérée dans 30 % des entreprises. La nécessité d’embaucher pour faire face au surcroît d’activité et préserver ses salariés semble inéluctable.

    La fatigue explose chez les jeunes

    Changements d’organisations, hausse des objectifs, ubérisation… globalement, 53 % des sondés déclarent leur travail « physiquement fatigant ». C’est entre 6 et 8 points de plus en un an dans le secteur du BTP, de l’industrie, des services, chez les cadres et les employés. Surtout, c’est dix points de plus en un an parmi les moins de 30 ans, révèle l’étude.

    La fatigue psychique est aussi impactée. 54 % du panel ont le sentiment d’être « épuisés par leur travail » (+ 4 points en un an). Pour 78 %, cette fatigue s’explique par le fait que leur travail nécessite « de longues périodes de concentration », et pour 70 % qu’il nécessite « de travailler très vite ou très intensément ». Conséquence, pour 7 salariés sur dix, le travail est « nerveusement fatigant », c’est là encore 7 points de plus parmi les moins de 30 ans. Ces jeunes salariés sont ceux qui, avec les cadres, ont le plus de mal à concilier vie perso-vie pro (41 % !).

    Causes multiples

    Parmi les explications, Anne-Sophie Godon évoque « une intensification du travail dans certains secteurs comme les services, le développement des métiers de la logistique et de la livraison à domicile, des centres d’appels… où les tâches sont répétitives. Mais il y a également les temps de transport. Ceux qui y passent au moins une heure par jour sont 38 %, contre 34 % il y a un an. »

    Par ailleurs, 9 % des salariés sondés ont deux employeurs, et un salarié sur cinq doit aider un proche malade ou dépendant après le travail, c’est dix points de plus en dix ans. « Et ça ne va pas s’arranger avec le vieillissement de la population », glisse Anne-Sophie Godon.

    Assouplir les conditions de travail

    Comment redonner des couleurs à ce tableau général? Pour 47 % des salariés, il faudrait assouplir les horaires de travail, favoriser le télétravail (25 %), voire réduire le temps de travail (31 %). Et en tout cas fixer des objectifs en adéquation avec les moyens en personnel (26 %, + 4 points en un an).

    Sans oublier un regain d’autonomie. Aujourd’hui, il n’y a plus que 39 % des managers (un tiers du panel !) pour affirmer qu’ils ont « tout à fait la possibilité de prendre des décisions ». Il y a dix ans, ils étaient 59 %. La place de l’initiative et de l’autonomie s’effrite dangereusement au profit des tâches répétitives imposées.

    Par Daniel Rosenweg