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Qui pilote la grève des urgences?
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https://aplutsoc.org/2019/09/23/qui-pilote-vraiment-la-greve-des-urgences/
Au lendemain des déclarations d’Agnès Buzyn qui avait déjà annoncé 70 millions en juin et qui promettait en septembre 750 millions, la grève des urgences entrait dans son septième mois et poursuivait son développement. Alors qu’en juin une centaine de services d’urgence étaient en grève, le 10 septembre dernier une assemblée générale du Collectif Inter-Urgences (CIU) réunissait à la Bourse du travail de Saint Denis, 300 participants dont les représentants de 249 services d’urgence en grève. On en compte 259 aujourd’hui.
Ce Collectif s’est progressivement structuré, a élu un Comité National de Grève des Services d’Urgences composé de 8 Représentants du Collectif, + 8 suppléants, selon un découpage régional + 1 Représentant de chaque OS majoritaire (FO, SUD, CGT) + 3 suppléants.
Il s’est doté d’un site et de moyens de communication et d’extension du combat à d’autres services hospitaliers visés par le plan Buzyn comme devant décharger les urgences( psychiatrie, gériatrie…), aux Ehpad, aux médecins urgentistes et autres secteurs de la santé.
Les revendications adoptées le 10 septembre sont claires : Embauche de personnel hospitalier sous statut dans tous les services, réouverture des lits, augmentation des salaires de 300 € nets mensuels pour tous les agents. C’est sur cette base que l’assemblée générale du 10 septembre a voté à main levée un appel à l’ensemble des personnels hospitaliers, médicaux et non médicaux, à se réunir dans tous les établissements pour préparer « une journée de mobilisation régionale » le 26 septembre. Prélude à une manifestation nationale en octobre prochain.
C’est parce que les infirmiers, les aides-soignants, les agents hospitaliers, veulent obtenir les emplois, les lits, les augmentations de salaire, c’est parce qu’ils veulent faire céder Macron et Buzyn que la question de la centralisation de leur combat s’est posée.
Et c’est parce que la centralisation de la grève est en marche qu’il se trouve des partisans de la lutte hôpital par hôpital, également organisateurs des journées d’action syndicales à répétition, pour déclarer que « Le fonctionnement du collectif laisse perplexe ». Et de reprocher au CIU d’ajouter une « énième journée de mobilisation au milieu de toutes les autres (…) alors qu’il est déjà assez difficile d’essayer de construire l’unité entre les différentes professions le 24 septembre sur les retraites ». Et d’opposer les cahiers de revendications appuyés par des pétitions de service et présentés lors d’une réunion du CHSCT de leur hôpital, à la plateforme « un peu générale » de l’appel du CIU.
On peut penser avec Jacques Chastaing* que la multiplication des dates de mobilisation prend dans une période de conflit ouvert avec le gouvernement Macron un caractère de lutte permanente, certainement éloigné des intentions des directions syndicales qui cherchent encore à éviter le tous ensemble sans voir qu’il pourrait être favorisé par la durée. Ou bien on peut se demander si une journée d’action décrétée par la direction de la CGT « pour une retraite de haut niveau » doit être opposée à un appel national des salariés en grève contre le plan Buzyn.
Ceux qui font la fine bouche sur la forme que prend la centralisation de la grève des urgences, ceux qui demandent « qui pilote vraiment ? » « Qui doit représenter les travailleurs ? » trouveront auprès des assemblées générales dans leur hôpital la réponse que la démocratie impose : Les salariés doivent contrôler eux même leur mouvement, c’est le comité de grève qui représente les grévistes, et celui des Urgences intègre les organisations syndicales CGT, FO, SUD, qui soutiennent la grève. Rien que de la « lutte de classe classique », en somme. Contre Macron et Buzyn, Comité national de grève !
« Qui pilote vraiment ? » Personne, les grévistes s’en chargent et préparent les manifestations régionales du 26 septembre.
* « dans ce contexte, la tactique de dispersion totale de la riposte par les directions syndicales en de multiples journées d’action en septembre pourrait bien avoir un effet inédit.
Disperser les ripostes quand il ne se passe rien, c’est une chose, le faire quand il y a les attaques d’ensemble du gouvernement, la pression générale des Gilets Jaunes et des tentatives de rapprochement, c’est peut-être faire entrer de nouveaux secteurs dans le processus de convergence. » (Jacques Chastaing, Luttes de classe et Gilets jaunes)






